Comment obtenir l’unanimité sur le choix d’un DPI commun, l’exemple du GHT du Var

Plutôt que de prolonger les choix du Centre hospitalier intercommunal de Toulon – La Seyne-sur-Mer, établissement support du GHT, la direction et la DSI ont décidé de repartir de zéro. Quatre éditeurs ont été retenus, dont certains déjà présents dans le Groupement hospitalier de territoire du Var. Cette neutralité initiale a été déterminante pour obtenir l’adhésion : chacun a pu se projeter sans avoir le sentiment qu’une solution était imposée d’avance. « La convergence n’est pas le résultat d’un alignement imposé mais celui d’une démarche collective », souligne Paul Milon, DSI du GHT 83 qui a assuré toute la phase préparatoire.
Le GHT disposait déjà de points d’appui avec un laboratoire unique (SIL partagé), un RIS convergent et un tenant Microsoft commun doté d’un annuaire d’identité unifié. « Ces briques ont servi de socle d’habitudes et de gouvernance », rapporte-t-il.
Le processus de sélection s’est appuyé sur une trentaine de professionnels venus de tous les métiers : médecins, soignants, pharmaciens, secrétaires médicaux, rééducateurs… Réunis en ateliers au Centre hospitalier Epsy Var, à Pierrefeu – lieu central et neutre –, tous ont travaillé non pas sur des fonctionnalités isolées, mais sur des parcours patients complets. Un scénario pouvait suivre un patient depuis son arrivée aux urgences et son passage au bloc opératoire jusqu’à sa rééducation en SSR. D’autres exercices mettaient en scène des transferts entre établissements, afin d’évaluer la continuité de l’information. Ce cadre a favorisé les échanges directs, y compris en dehors des séances formelles. Les réunions mensuelles en présentiel entre DSI et référents ont facilité l’alignement, et l’assistance à maîtrise d’ouvrage a apporté méthode et cadence au calendrier.
Un choix unanime
À l’issue de six mois de travail, les professionnels des sept établissements se sont prononcés de manière unanime en faveur du DPI qui équipera donc tout le GHT. Les critères financiers et techniques n’ont pas été décisifs, les différences restant limitées. Paul Milon précise : « C’est l’évaluation fonctionnelle, du point de vue des utilisateurs, qui a fait la différence. Cette méthode ouverte a permis d’obtenir un consensus rare, renforcé par l’appui clair de la direction générale. » Une approche en phase avec sa philosophie : « La convergence ne se décrète pas. »
Le déploiement doit démarrer à Epsy Var prochainement. Ce ne sera pas le « DPI de Pierrefeu », mais le premier paramétrage du DPI du GHT, ajoute-t-il. Ce socle servira ensuite de modèle pour les autres établissements, selon la logique du Core Model. Le principe repose sur un paramétrage commun, reproductible, intégrant environ 80 % de standardisation et 20 % d’adaptation locale. Ce ratio permet de concilier homogénéité et souplesse, tout en limitant les surcoûts de maintenance et en facilitant la montée en charge.
Une communauté d’usages plus qu’un outil partagé
La convergence doit permettre de réduire les coûts de maintenance de l’ensemble du parc applicatif, évalués à plus de un million d’euros par an, mais aussi d’améliorer la sécurité, la continuité de service et la capacité à suivre l’évolution rapide des technologies numériques, notamment l’IA. L’hébergement et l’urbanisation du SI seront traités de façon cohérente avec l’identité et la messagerie communes, pour sécuriser les échanges et stabiliser les référentiels. La trajectoire privilégiera des vagues de déploiement, avec retours d’expérience formalisés et indicateurs de suivi (nombre d’applications rationalisées, incidents, délais de prise en charge, satisfaction utilisateurs).
Au-delà de la technique, la démarche a aussi modifié les relations entre les établissements. Le travail en ateliers, la confrontation des pratiques et les décisions collectives ont contribué à réduire les cloisonnements historiques. Loin d’un simple projet informatique, la convergence agit comme un levier de coopération médicale et organisationnelle qui donne au GHT une cohésion nouvelle. Le lancement de la convergence est désormais acté. Paul Milon, qui prend sa retraite, passe le relais à son successeur, Vincent Regnault, pour la phase de déploiement. Un premier comité stratégique « DPI de GHT » a été organisé le 30 janvier pour démarrer l’organisation du projet, a-t-il annoncé.
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