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Paul Milon, de l'informatisation des mairies à la convergence hospitalière
La phase initiale d’informatisation des mairies vaut à Paul Milon de développer une expertise sur Oracle, qui l’amène à intégrer en 1990 les bureaux d’Aix-en-Provence de l’éditeur. Il en repart en 1995 avec un titre d’ingénieur commercial. L’arrivée en 1995 chez Gemplus (devenu Gemalto avant d’être racheté par Thales) lui fait découvrir le déploiement multisites. « En 2000, j’ai eu en charge l’harmonisation des systèmes dans l’ensemble des filiales multinationales d’Oracle - Asie, États-Unis, Mexique, Allemagne, Angleterre… », raconte-t-il. Cette expérience du déploiement mondial d’un ERP lui enseigne une philosophie dont il s’inspirera pour la convergence numérique des hôpitaux : celle du « core model », un paramétrage reproductible selon le principe du 80/20 : 80 % de standardisation et 20 % de personnalisation locale.
Il cofonde ensuite la société Calandra, éditrice d’outils de management informatique. Nous sommes en 2001, et l’aventure sera de courte durée, interrompue par l’effet de souffle mondial des attentats du 11 septembre 2001. S’ensuivent une réduction d’effectifs et un retour sur les bancs de faculté, plus précisément dans l’une des 39 écoles universitaires de management de l’association IAE France. Il en ressort en 2003 avec un master 2 et rejoint le CHI de Fréjus Saint-Raphaël, porte d’entrée dans le monde hospitalier.
Dans la cité varoise, il pilote le renouvellement de la gestion administrative et installe le dossier patient. Au CH d’Aix dont il devient DSI en 2011, il accompagne la fusion avec le CH de Pertuis, mène le déploiement du DPI, des prescriptions connectées et du PACS, et participe au démarrage du GHT 13.
En 2018, il s’envole vers La Réunion pour prendre les rênes de la DSI du CHU. Il y définit les premières cibles de convergence et lance le projet d’un DPI partagé, dont le choix sera fait après son départ en 2022. C’est l’année où il devient DSI du GHT 83. Depuis 3 ans maintenant, il s’attelle à l’arrivée d’un DPI unique, avec une première phase prévue début 2026 au CH de Pierrefeu.
La convergence ne se décrète pas
L’échelle des GHT lui semble-t-elle pertinente ? Sans l’ombre d’une hésitation, pour faciliter des économies d’échelle, prenant en exemple son expérience pré-hospitalière. L’objet est vertueux. Mais, ce n’est pas la seule raison. Ce modèle d’organisation est incontournable « parce que les SIH gagnent en complexité et ne peuvent plus être gérés par six ou huit personnes. » Ils sont, à ce titre, la réponse pour les établissements de taille moyenne. Plus largement, « cette organisation offre le cadre nécessaire pour répondre aux exigences de sécurité, de continuité de service et d’évolution technologique. » La convergence en devient la matrice, avec l’idée de remodeler l’informatique hospitalière selon les règles du « core model » de l’industrie. Mais décider n’est pas dessiner : « Il ne suffit pas d’un décret pour que la convergence prenne forme. » Sa recette ? La convergence exige l’adhésion. « On ne peut pas dire aux agents de converger en leur imposant une solution et un délai, sans qu’ils n’aient leur mot à dire. C’est l’inverse de la dynamique qu’on veut créer », souligne-t-il. Ce n’est pas tout. Il faut également une volonté affirmée de la direction générale – « Je n’aurais jamais pu réussir avec quelqu’un de tiède sur le sujet », se remémore-t-il, un travail en binôme de celle-ci avec la DSI et l’engagement des professionnels. Paul Milon fait sienne l’image de « la Communauté de l’Anneau » de Tolkien. Tout tient dans l’art de transformer un groupe d’établissements contraints de collaborer en une véritable communauté soudée par un projet commun.
Comment voit-il l’avenir numérique des établissements publics de santé ? Dense : « Il faut à la fois avancer sur la convergence, répondre aux appels à projets, suivre les évolutions technologiques dont l’inévitable IA et gérer les besoins quotidiens des utilisateurs. » Une course à fronts multiples que seuls des GHT peuvent soutenir. Fin 2025, après plus de deux décennies à accompagner la transformation numérique des établissements, viendra l’heure pour Paul Milon de transmettre le relais à ses équipes.
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