Jean-Baptiste Cohet, RSSI et DPO du GHT Haute Alsace, et Benjamin Taraud, Product Manager chez Gatewatcher, pointent le déficit de visibilité des établissements de santé sur leurs équipements biomédicaux connectés. Ils misent sur l'automatisation de la supervision pour soulager des équipes cyber rares.

Le réseau, première zone aveugle

Au sein du GHT Haute Alsace, le réseau concentre les principales zones d'ombre, à commencer par les équipements biomédicaux et médicaux connectés. Jean-Baptiste Cohet, RSSI et DPO du GHT Haute Alsace, y voit la première faiblesse de son établissement face à la menace cyber. « Ce qui manque le plus aux établissements de santé, c'est de la visibilité sur l'ensemble de leur système d'information. Chez nous, c’est sur la partie réseau que nous péchons », déclare Jean-Baptiste Cohet.

Des équipements biomédicaux non cartographiés

Benjamin Taraud, Product Manager chez Gatewatcher, partage cette analyse. Alors que les fuites de données des patients mobilisent l'attention des RSSI, les équipements biomédicaux raccordés au système d'information ne sont ni cartographiés, ni référencés. Les RSSI en ignorent d’ailleurs souvent le fonctionnement, d'où un risque sur la connaissance des actifs.

Les équipes cyber se trouvent d'autant plus sous tension que la détection des menaces génère une masse d'alertes que le manque de personnel empêche d'absorber. Le Product Manager de Gatewatcher préconise d’adopter des consoles d'administration unifiées, complétées par des SOC autonomes. 

« Les SOC autonomes aident les RSSI, ainsi que les équipes réseau et système, à comprendre toutes les alertes de sécurité et à prioriser les actions. Les attaquants ne dorment jamais, il faut pouvoir répondre en continu », souligne Benjamin Taraud.

Cap sur le threat hunting

Pour Jean-Baptiste Cohet, un SOC fonctionnant en continu et sans analyste modifierait l'approche du GHT Haute Alsace. Les équipes dédiées à la cybersécurité quitteraient une part des tâches liées à la qualification des alertes et à la surveillance pour des missions techniques de fond : threat hunting (recherche proactive de menaces), réduction des gaps de détection (angles morts) et amélioration des règles de détection. 

Il résume l'intérêt de la démarche ainsi : « Les ressources cyber sont assez rares et les compétences difficiles à trouver. Un SOC autonome permettrait d'apporter beaucoup plus de valeur ajoutée », conclut Jean-Baptiste Cohet.

DSIH | Fabrice Deblock

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