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Assistant IA sur ameli : la Cnam doit arbitrer entre développement interne, marché public et solutions ouvertes

15 juil. 2026 - 18:00,
Actualité - Rédaction, DSIH
Illustration Assistant IA sur ameli : la Cnam doit arbitrer entre développement interne, marché public et solutions ouvertes
La Caisse nationale de l’Assurance Maladie a lancé une mission de cadrage pour préparer le déploiement d’un assistant conversationnel de santé sur ameli. Au-delà de l’usage destiné aux assurés, les travaux devront trancher plusieurs questions structurantes : périmètre fonctionnel, responsabilité, gouvernance des données, architecture technique et dépendance aux fournisseurs.

La Cnam a confié à trois personnalités qualifiées une mission destinée à définir les conditions de mise en œuvre d’un assistant conversationnel d’intelligence artificielle en santé sur ameli. Le rapport, attendu pour la fin du mois de septembre 2026, devra proposer plusieurs scénarios de conception, de déploiement et de maintenance.

La mission sera conduite par Stéphanie Allassonnière, Laurent Cytermann et Aymeril Hoang, choisis pour leur expertise dans les domaines de la santé, du numérique et de l’intelligence artificielle.

L’ambition affichée est de proposer aux assurés une première orientation, de mieux les guider dans leur parcours de soins et de les aider à trouver une réponse adaptée à leur situation. La lettre de mission rappelle cependant qu’un tel service ne pourra être envisagé comme un simple agent conversationnel généraliste. Ses réponses pourraient influencer les décisions des utilisateurs concernant leur santé et leur recours aux soins.

Définir ce que l’assistant pourra faire

Le premier chantier consistera donc à préciser le périmètre du futur service. Plusieurs fonctionnalités pourront être étudiées : diffusion d’informations générales sur la santé, orientation dans le système de soins, présentation des parcours, rappels liés au suivi thérapeutique ou encore pré-triage de symptômes.

La mission devra déterminer ce que l’assistant pourra faire, mais également les situations dans lesquelles il devra s’abstenir de répondre ou réorienter l’utilisateur vers un professionnel de santé.

La Cnam demande ainsi l’élaboration d’une doctrine encadrant la marge de manœuvre laissée à l’intelligence artificielle. Celle-ci devra notamment préciser les risques d’erreur, les responsabilités assumées par l’Assurance Maladie et les éventuelles obligations associées au statut juridique retenu pour la solution.

Selon ses fonctionnalités, l’assistant pourrait en effet relever de cadres différents, notamment en matière de protection des données, d’hébergement des données de santé, d’aide à la décision ou de réglementation européenne sur l’intelligence artificielle.

Un principe est toutefois déjà posé : le service devra rester un outil d’information et d’orientation, sans se substituer au jugement médical.

Une gouvernance des connaissances à construire

La fiabilité du dispositif dépendra également des sources utilisées pour produire les réponses. La mission devra identifier les bases de connaissances mobilisées et définir leurs modalités de gouvernance, de validation médicale, d’actualisation et de traçabilité.

Elle examinera aussi le devenir des informations produites au cours des échanges avec les assurés. L’éventuel recours à des données personnelles devra être encadré, notamment en matière de consentement, de protection des informations et de durée de conservation.

Ces arbitrages seront déterminants pour distinguer un outil d’information reposant sur des contenus contrôlés d’un assistant plus génératif, susceptible de personnaliser davantage ses réponses, mais aussi d’accroître les risques d’erreur et les exigences de contrôle.

Plusieurs architectures techniques à l’étude

La Cnam ne privilégie pas encore de modèle de réalisation. La mission devra comparer plusieurs architectures, de la solution la plus simple à un dispositif faisant davantage appel à l’IA générative.

Pour chaque scénario, elle devra examiner les conditions d’hébergement, d’entraînement et de développement, ainsi que les partenariats envisageables. Trois options de conception sont explicitement mentionnées : un développement réalisé en interne par l’Assurance Maladie, le recours à un prestataire extérieur dans le cadre d’un marché public ou un partenariat avec d’autres acteurs publics.

Les modalités de maintenance devront également être étudiées. Le rapport devra présenter un phasage des travaux, des estimations de coûts et des recommandations permettant de concilier qualité du service, respect des délais et maîtrise budgétaire.

Résilience et dépendance aux fournisseurs

Les choix techniques devront enfin intégrer les enjeux de résilience numérique et de maîtrise à long terme de la solution. La lettre de mission demande notamment d’évaluer le risque de dépendance à l’égard d’un fournisseur technologique.

Les possibilités offertes par les communs numériques et les solutions ouvertes devront être examinées, aussi bien pour conserver la maîtrise de l’outil que pour faciliter une mutualisation avec d’autres acteurs publics.

Cette orientation ne signifie pas nécessairement que la future solution reposera exclusivement sur des technologies ouvertes. Elle impose néanmoins d’intégrer la réversibilité, l’interopérabilité et la capacité de l’Assurance Maladie à faire évoluer le service sans dépendre entièrement d’un prestataire ou d’un modèle propriétaire.

La mission devra également veiller à la cohérence du projet avec les autres travaux relatifs à l’IA en santé conduits par le ministère chargé de la Santé.

Le rapport attendu fin septembre constituera une étape de cadrage. Il devra permettre à la Cnam d’arbitrer entre plusieurs niveaux d’ambition, mais ne comportera pas, à ce stade, d’évaluation médico-économique des bénéfices potentiels du dispositif en matière de santé publique.

Sources officielles

 

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