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Numérique en santé : ce que révèle l'étude de marché 2025 du GIE SESAM-Vitale

07 juil. 2026 - 07:15,
Actualité - Rédaction, DSIH
Consolidation des éditeurs, progression de la facturation dématérialisée, montée en charge des services socles : l'édition 2025 de la Synthèse annuelle des Entreprises du Numérique en Santé, publiée par le GIE SESAM-Vitale, dresse le portrait d'un écosystème qui gagne en maturité. Tour d'horizon des chiffres et tendances à retenir.

Un écosystème dense, mais toujours plus encadré

Le GIE SESAM-Vitale accompagne désormais 1 688 sociétés, soit 140 de plus qu'en 2024, ainsi que 1 602 produits et 13 105 labellisations. Des chiffres qui traduisent la vitalité du secteur, mais aussi son encadrement croissant par les exigences d'interopérabilité, de sécurité et de conformité réglementaire. Le GIE rappelle à cette occasion sa mission : garantir l'intégration cohérente des services en ligne des assurances maladie obligatoires et complémentaires dans les systèmes d'information des offreurs de soins.

Éditeurs libéraux : la concentration s'accélère

Principal enseignement de cette édition : le marché des éditeurs de logiciels destinés aux professionnels de santé libéraux se resserre. Ils étaient 217 en 2019 ; ils ne sont plus que 177 en 2025, soit un recul de 18 %. Une érosion restée contenue jusqu'en 2022, avant de s'accélérer à partir de 2023 sous l'effet conjugué des obligations réglementaires, des contraintes d'interopérabilité et de sécurité, et des mouvements de fusions-acquisitions.

Le paysage qui en résulte est dominé par une poignée d'acteurs : 17 éditeurs dépassent 1 % de parts de marché et pèsent à eux seuls 84 % du marché libéral. Les dix premiers concentrent 80 % du segment des médecins, les six premiers 90,4 % de celui des auxiliaires médicaux, et deux acteurs se partagent 75,7 % du marché officinal. Pour le GIE, cette consolidation signe la maturité croissante du secteur : les éditeurs multi-segments absorbent mieux la complexité réglementaire et technique, quand les acteurs spécialisés voient leurs coûts de conformité et de développement s'alourdir. Le mouvement devrait donc se poursuivre dans les prochaines années.

La facturation SESAM-Vitale, elle, continue de progresser : 426 453 professionnels de santé utilisaient la télétransmission fin 2025, soit 11 637 de plus qu'en 2024. Dans le détail, l'étude recense 84 logiciels pour 119 920 médecins, 36 pour 209 004 auxiliaires médicaux, 37 pour 39 080 chirurgiens-dentistes, 12 pour 20 138 pharmaciens et 8 pour 4 116 laboratoires. Des réalités concurrentielles très contrastées selon les professions.

Établissements : les SIH au cœur de la transformation

Côté hospitalier, la synthèse dénombre 31 éditeurs de logiciels de gestion administrative du patient (GAP), dont 18 proposent également une gestion médicale, sur un périmètre de 3 617 établissements : établissements publics, privés d'intérêt collectif, hôpitaux d'instruction des armées et cliniques privées. L'enjeu y dépasse la seule facturation : GAP et dossiers patients informatisés (DPI) sont les vecteurs d'intégration des services dématérialisés de l'Assurance Maladie et des services socles – INS, DMP, Mon espace santé.

La trajectoire PRO-PS, qui offre depuis 2022 une visibilité à cinq ans aux éditeurs sur les évolutions techniques et les arrêts de support, structure cette mutation. La feuille de route 2025-2030 prévoit la migration du cahier des charges SESAM-Vitale vers l'Addendum 8, la fin de l'adhérence des FSV avec le GALSS, l'arrêt du support des lecteurs homologués et la bascule progressive du TLA vers des solutions de mobilité. Autrement dit, la sortie d'un modèle historique fondé sur postes fixes et lecteurs dédiés, au profit d'environnements plus ouverts, mobiles et mieux intégrés aux logiciels métier. Le GIE met également en avant DiagAM V3, recommandé pour améliorer le diagnostic, le support et le suivi terrain.

Appli carte Vitale, Mon espace santé, ordonnance numérique : les usages décollent

Ouverte aux professionnels libéraux à partir de mi-2023, l'appli carte Vitale s'étend désormais aux établissements de santé, dont les éditeurs peuvent intégrer la lecture dans les GAP ou les DPI. L'authentification de proximité permet de vérifier de manière sécurisée l'identité du patient à son passage au bureau des admissions ; l'authentification à distance devrait ensuite ouvrir de nouveaux usages, à commencer par les portails de pré-admission.

Mon espace santé compte plus de 67 millions de comptes créés automatiquement, dont plus de 23 millions activés. L'alimentation documentaire franchit un cap en 2025 : plus de 480 millions de documents sont disponibles dans le DMP et Mon espace santé, en hausse de plus de 40 % sur un an. 123 logiciels de professionnels de santé sont déployés, portés par 94 industriels : 45 % chez les libéraux, 33 % en établissements, 11 % dans le secteur social et médico-social, 5 % en radiologie et 2 % en laboratoires. Le DMP conforte son rôle d'outil de coordination entre professionnels, tandis que Mon espace santé s'impose comme le carnet de santé numérique de référence des patients.

L'ordonnance numérique, enfin, s'affirme comme un pilier de la feuille de route du numérique en santé, en ville comme en établissement : création depuis le logiciel du prescripteur, génération d'un identifiant unique et d'un QR code, enregistrement dans une base sécurisée de l'Assurance Maladie, puis transmission au DMP du patient dans Mon espace santé. À la clé : une meilleure traçabilité, moins de risques d'erreurs et des échanges facilités entre prescripteurs et professionnels chargés de l'exécution.

Un secteur en transition

Au-delà de la photographie statistique, l'étude de marché 2025 décrit un numérique en santé qui converge vers un modèle plus intégré, où innovations techniques, obligations réglementaires et usages de terrain se rejoignent. Outil de pilotage stratégique pour les industriels, signal fort pour les professionnels de santé – dont les logiciels métier deviennent la porte d'entrée vers les services numériques nationaux –, elle annonce aux patients une santé plus connectée, plus sécurisée et potentiellement plus fluide. À condition, toutefois, que l'interopérabilité, l'ergonomie et l'accompagnement des usages restent au premier rang des priorités.

Consulter la synthèse : Étude de marché 2025 du GIE SESAM-Vitale

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