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En direct de Santexpo 2026 : Comment le DSI est devenu le chef d’orchestre de l’hôpital numérique

20 mai 2026 - 10:34,
Actualité - Morgan Bourven, DSIH
Chef d’orchestre, facilitateur, stratège : le DSI est désormais l’un des acteurs centraux de la transformation de l’hôpital. Lors d’une table ronde organisée par Dedalus France à Santexpo 2026, médecins, DSI et éditeur ont défendu une même idée : le numérique n’est plus un sujet technique, mais un projet collectif.

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De gauche à droite, Amel Mokrani Bois, directrice générale de Dedalus France ; Olivier Boixière, DSI du groupe Vivalto Santé ; Hilde Liévin Biais, DSI du CHU de Reims ; et le Pr Pierre Corbi, président de la CME du CHU de Poitiers.

En ce premier jour du salon Santexpo 2026, qui se tient du 19 au 21 mai à Paris, Dedalus France a choisi de mettre le sujet du rôle du DSI au centre des débats. Organisée autour du thème « L’équipe DSI dans 5 ans : stratège, partenaire ou chef d’orchestre de l’hôpital numérique ? », la table ronde réunissait Amel Mokrani Bois, directrice générale de Dedalus France depuis mi-mars 2026 ; Hilde Liévin Biais, DSI du CHU de Reims ; Olivier Boixière, DSI du groupe Vivalto Santé ; ainsi que le Pr Pierre Corbi, président de la CME du CHU de Poitiers.

Dès l’introduction, Amel Mokrani Bois a donné le ton. Pour elle, le numérique hospitalier est entré dans une nouvelle phase : il ne s’agit plus seulement de gérer des systèmes, mais de contribuer directement à la qualité du soin. « Il s’agit de transformer l’essai et d’apporter des solutions qui vont avoir un impact », a-t-elle dit.

L’idée défendue tout au long des échanges est claire : les défis s’accumulent et obligent les DSI à sortir d’un rôle purement technique. Les décisions relatives aux systèmes d’information ne peuvent plus être prises dans un silo technique, elles se construisent collectivement, entre DSI, directions générales, CME, soignants et éditeurs.

Au CHU de Reims, la DSI a mis en place depuis deux ans un bureau de la stratégie numérique ouvert à l’ensemble des équipes de l’établissement. Les 1 800 agents peuvent proposer des projets, ensuite étudiés collectivement afin d’en évaluer l’intérêt et surtout la capacité à transformer les organisations. « Nous ne sommes pas là pour choisir des solutions, mais pour accompagner », résume Hilde Liévin Biais.

« Il ne faut pas essayer de copier-coller un processus existant dans un outil », insiste-t-elle. La démarche repose au contraire sur une remise à plat des usages et des pratiques métiers. La DSI fixe un cadre, apporte des méthodes et du support, mais les transformations doivent être portées par les équipes de terrain et validées dans les instances de gouvernance hospitalière. Un pari gagnant : « nous sommes désormais victime de notre succès, avec près de 70 projets en attente », a-t-elle souligné.

Plus de liberté, mais aussi de contraintes

Cette évolution du rôle de la DSI trouve un écho direct chez les praticiens. Le Pr Pierre Corbi rappelle combien le numérique a profondément transformé l’exercice médical en vingt ans. « On est partis des piles de dossiers kraft sur notre bureau, et aujourd’hui nous avons accès à tout, y compris en télétravail. »

L’imagerie en bloc opératoire, les reconstructions 3D ou l’accès immédiat aux données ont apporté une liberté considérable aux professionnels de santé. Mais cette transformation a aussi créé une nouvelle dépendance. « L’informatique est devenue la seconde architecture de l’hôpital », observe-t-il, évoquant également des soignants qui ont parfois « disparu derrière les écrans, à se battre avec les solutions informatiques ».

Toute la difficulté consiste donc à faire du numérique un véritable soutien au soin, et non une contrainte supplémentaire. La promesse de l’intelligence artificielle nourrit autant d’espoirs que d’interrogations : gain de productivité, interopérabilité, automatisation des tâches administratives, mais aussi risques d’exclusion ou de perte de maîtrise.

Du côté du privé, Olivier Boixière a insisté sur le rôle d’« accélérateur » joué aujourd’hui par l’IT dans les parcours patients, les entrepôts de données de santé ou encore la prévention.

DSI de Vivalto, entreprise à mission et à dimension internationale, il a cité notamment les expérimentations menées en Espagne autour de la santé populationnelle. Là encore, la technologie se veut le support d’une stratégie de soins plus globale.

Une temporalité qui s’accélère

Cette capacité à orchestrer les transformations devient d’autant plus essentielle que les temporalités se sont accélérées. « Avant, les schémas directeurs sur cinq ou dix ans ressemblaient à des chemins de randonnée ; aujourd’hui, nous sommes dans un sprint permanent », résume Olivier Boixière. Les demandes des utilisateurs se multiplient, les innovations s’enchaînent, les outils d’IA apparaissent parfois directement dans les services sans validation institutionnelle, alimentant le phénomène de « shadow IT ».

Face à cela, les intervenants défendent une approche pragmatique, agile et collective. Piloter rapidement des expérimentations, mesurer leur utilité réelle pour les soignants et les patients, puis décider ensemble des déploiements à grande échelle.

La question de la souveraineté numérique a également traversé les échanges. La DSI du CHU de Reims a ainsi expliqué privilégier les solutions françaises et limiter autant que possible le recours au cloud.

Amel Mokrani Bois a toutefois rappelé que la souveraineté devait aussi se penser à l’échelle européenne, notamment concernant l’intelligence artificielle et les données de santé. « Nous avons un cadre réglementaire européen très avancé », souligne-t-elle, appelant à éviter un enfermement strictement national sur ces sujets.

En mettant autour de la table une DSI hospitalière, un praticien, un DSI du privé et un éditeur, Dedalus a cherché à illustrer cette nouvelle dynamique de dialogue et de co-construction. Une manière aussi, pour Amel Mokrani Bois, de détailler sa conviction : l’hôpital numérique de demain se construira moins autour de la technologie elle-même qu’autour de sa capacité à servir les professionnels de santé et les patients.

Retrouvez Dedalus France à Santexpo sur le stand D46.

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