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Le Centre hospitalier de Libourne explore une nouvelle voie pour préparer l’évolution du DPI

15 mai 2026 - 13:16,
Actualité - DSIH , Rédaction
Illustration Le Centre hospitalier de Libourne explore une nouvelle voie pour préparer l’évolution du DPI
Dans un environnement hospitalier contraint, le Centre hospitalier de Libourne, avec les établissements de Blaye et Sainte-Foy-la-Grande, expérimente une approche progressive pour mieux exploiter l’information patient déjà présente dans le système d’information, sans refonte lourde des outils existants.
Verbatim
« Cette expérimentation nous permet d’objectiver une faisabilité technique, sans remettre en cause notre existant ni perturber les organisations. Elle ouvre des perspectives intéressantes, que nous devons désormais instruire avec méthode, en lien avec les usages, les priorités de l’établissement et les conditions d’un éventuel élargissement. »
Philippe Bonvent
 DSI du Centre hospitalier de Libourne
ch_lb.jpg
Copyright Centre Hospitalier de Libourne — source : ch-libourne.fr

Un POC inscrit dans l’existant

La formule résume bien l’esprit de la démarche. Il ne s’agissait pas de remplacer le DPI, ni d’introduire une rupture dans les pratiques, mais de vérifier, dans un environnement hospitalier réel, comment rendre certaines données plus lisibles, plus accessibles et mieux structurées. Le tout en s’appuyant sur l’existant, avec une approche volontairement progressive et maîtrisée.

Conduit avec les outils d’Infor, HealthComm France et Espeir, le POC s’est appuyé sur des flux déjà disponibles, notamment autour des identités et des documents, organisés dans une chaîne d’interopérabilité fondée sur des standards ouverts. L’un de ses intérêts majeurs tient à son caractère non intrusif : pas de refonte applicative, pas de ressaisie, pas de dépendance à un outil unique. Cette capacité à travailler au-dessus de l’existant, sans le fragiliser, constitue un enseignement important pour des SI hospitaliers souvent contraints par l’héritage applicatif, la rareté des ressources et l’exigence permanente de continuité.

L’efficience commence par l’accès à l’information

Le premier constat est bien connu des DSI comme des métiers : la donnée existe, mais elle reste souvent difficile à mobiliser rapidement. Rechercher une information pertinente suppose fréquemment de naviguer entre plusieurs applications, plusieurs écrans, plusieurs logiques documentaires. En permettant une restitution plus transversale du parcours patient, l’approche testée à Libourne laisse entrevoir un accès plus direct aux informations clés, une réduction des navigations multi-outils et une meilleure lisibilité globale.

À ce stade, il serait prématuré de transformer cette expérimentation en promesse chiffrée. Mais le levier d’efficience identifié est clair : le temps d’accès à l’information. C’est un sujet rarement spectaculaire, mais profondément structurant. Mieux accéder à une donnée déjà produite peut, à terme, contribuer à fluidifier les prises en charge, limiter certaines redondances, renforcer la coordination des parcours ou encore faciliter l’analyse médico-administrative.

ROI : une valeur tangible à portée de décision

C’est également là que se dessine un sujet d’intérêt pour la gouvernance hospitalière. Sous réserve d’une décision de généralisation, les bénéfices observables — tant en termes d’usage que de potentiel d’efficience — apparaissent à portée de mise en œuvre, sans transformation lourde des systèmes existants. La valeur ne repose pas sur une hypothèse technologique abstraite, mais sur une meilleure exploitation d’actifs déjà présents dans le SI : documents, identités, données de parcours, informations médico-administratives. Autrement dit, le retour sur investissement potentiel ne tient pas seulement à ce que l’on ajoute, mais à ce que l’on parvient enfin à mieux mobiliser.

Cette logique ouvre plusieurs pistes de valorisation tangibles, qui devront naturellement être objectivées dans la durée : optimisation du temps de recherche d’information, réduction de certaines redondances, amélioration de la coordination des parcours, appui au pilotage médico-économique ou encore meilleure exploitation des données pour l’analyse PMSI. Ces leviers ne constituent pas encore un modèle économique consolidé. Ils forment plutôt une base de décision : si la généralisation est retenue, l’établissement dispose déjà d’un socle technique éprouvé pour instruire les gains réels, mesurer les usages et prioriser les cas à plus forte valeur.

Résilience, continuité et patrimoine informationnel

L’expérimentation ouvre également une perspective intéressante en matière de résilience. Dans un contexte marqué par la menace cyber et par la dépendance croissante aux applications critiques, la possibilité de restituer une information patient consolidée peut devenir un complément utile aux dispositifs de continuité d’activité. Sans se substituer aux PCA/PRA existants, une telle approche peut contribuer à sécuriser l’accès à des données essentielles en situation de mode dégradé ou d’indisponibilité partielle du SI.

Cette démarche rejoint enfin un enjeu patrimonial souvent sous-estimé : préserver la valeur de l’historique patient lorsque les DPI évoluent, se renouvellent ou se transforment. En dissociant davantage les données des applications qui les produisent, les établissements peuvent envisager une trajectoire plus progressive, dans laquelle l’information médicale devient un actif durable, mobilisable au service des soins, du pilotage et de la continuité.

GO & FAST to FHIR

À Libourne, l’intérêt du POC tient donc moins à une rupture technologique qu’à une méthode : partir de l’existant, valider la faisabilité, limiter les impacts, puis décider de la suite sur des bases tangibles. Cette logique peut se résumer dans une formule opérationnelle : GO & FAST to FHIR. GO, pour décider de généraliser à partir de résultats techniques probants. FAST, pour déployer rapidement, en s’appuyant sur les flux existants, sans perturbation des organisations.

Cette approche permet finalement de préserver l’existant tout en préparant l’avenir. Elle ne promet pas une transformation instantanée du DPI, mais propose une trajectoire réaliste : rendre la donnée plus lisible, plus disponible et plus utile, sans imposer une refonte lourde du système d’information.

Dans un paysage hospitalier où l’innovation doit rester soutenable, l’expérimentation conduite avec Infor, HealthComm France et Espeir rappelle qu’une transformation utile commence souvent par une ambition simple : mieux faire parler les données que l’établissement possède déjà.


À propos du Centre hospitalier de Libourne

Le Centre hospitalier de Libourne est un établissement public de santé situé en Gironde, dont le site principal est l’hôpital Robert-Boulin. Il constitue l’un des principaux centres hospitaliers de Nouvelle-Aquitaine et dispose d’une offre de soins couvrant notamment la médecine, la chirurgie, la gynécologie-obstétrique, la psychiatrie, les soins de suite et de réadaptation, ainsi que l’hébergement médico-social. Le nouvel hôpital de Libourne a été mis en service en mars 2018, afin d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients.

L’établissement s’inscrit dans un maillage territorial élargi. Ses activités sont réparties entre plusieurs sites, dont l’hôpital Robert-Boulin, la Fondation Sabatié et l’hôpital Garderose, avec des structures externes présentes sur différents territoires. Les établissements de Sainte-Foy-la-Grande et de Blaye s’intègrent également dans cette dynamique territoriale : le Centre hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande est indiqué par la FHF comme étant en direction commune avec le CH de Libourne, tandis que le Centre hospitalier de la Haute Gironde à Blaye constitue un autre établissement public de santé du territoire girondin.

Site officiel : www.ch-libourne.fr

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