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Décentraliser et miser sur les SI
Ils reviennent, tout d’abord, sur la notion de « panier de soins solidaire », bénéficiant d’une prise en charge intégrale, qui donnerait l’opportunité « de changer de logique pour cesser de réduire la couverture par la Sécurité sociale sur des dépenses non maîtrisées. » Le concept avait été largement débattu au début des années 2000… sans suite. Il est vrai que « la définition du panier de soins solidaire aborde de front la redoutable question de l’explicitation des priorités », reconnaissent les auteurs.
Quitte à bousculer les esprits, ils ne s’arrêtent pas en si bon chemin et proposent ensuite de placer les ARS en véritables pilotes de l’offre de soins, disposant de l’ensemble des budgets disponibles « pour financer et coordonner les soins ambulatoires, hospitaliers et le médico-social (…) avec la maîtrise du conventionnement et des modalités de rémunération des professionnels de santé ». Iconoclaste ? Une (r) évolution de cette nature apporterait en tout de la cohérence à une stratégie affichée d’amélioration des parcours de soins. Pour parfaire le tableau, ces spécialistes du système de santé n’ont pas fait l’impasse (courante dans ce genre d’exercice) sur la contribution des systèmes d’information en santé. Dommage, cependant : ils semblent limiter l’outillage du partage de données et de la coordination des soins au DMP, sur lequel ils réclament « un investissement décisif ». En revanche, ils ne manquent pas de souligner que les efforts doivent aussi porter sur la diffusion de l’information concernant la qualité des soins (indicateurs d’activité et de performance) en rappelant que « le défaut d’information constitue souvent, bien plus que la barrière financière, un facteur d’inégalités ».
Ces pistes intéresseront-elles les politiques ? Bien que le CAE ait pour mission « d’éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement en matière économique », il précise que « les opinions [exprimées dans ses rapports] sont celles de leurs auteurs… et n’engagent ni le Conseil, ni le Premier ministre. »
D.L.
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