Publicité en cours de chargement...
Dispositifs médicaux numériques : la HAS précise ses principes d’évaluation
Écouter l'article
Contexte : un marché en structuration
Les DMN connaissent une expansion rapide, qu’il s’agisse de solutions de télésurveillance (suivi à distance de patients sous traitements anticancéreux, insuffisance cardiaque, etc.) ou d’applications thérapeutiques numériques (notamment en santé mentale).
Pour être pris en charge par l’Assurance maladie, ces dispositifs doivent obligatoirement être évalués par la HAS. Depuis 2023, deux dispositifs réglementaires spécifiques leur sont dédiés :
- PECAN 1 : voie dérogatoire permettant un remboursement anticipé de DMN innovants, dans l’attente d’études cliniques complètes.
- LATM 2 : voie de droit commun, encadrant le remboursement des activités de télésurveillance médicale.
Deux ans après leur mise en œuvre, la CNEDiMTS (Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé) publie un retour d’expérience méthodologique.
Critères d’évaluation : bénéfice clinique et impact organisationnel
Les principes publiés mettent en avant deux dimensions essentielles :
-
Efficacité clinique et sécurité :
- Pour la LATM, il est attendu que l’activité de télésurveillance démontre un intérêt supérieur — ou au moins équivalent — au suivi conventionnel ou à une autre activité déjà reconnue.
- Pour la PECAN, un niveau de preuve préliminaire est jugé acceptable, à condition qu’il s’inscrive dans une trajectoire d’évaluation robuste.
-
Impact organisationnel :
Au-delà des résultats cliniques, la HAS insiste sur la nécessité de documenter l’organisation des soins (coûts, charge pour les professionnels, fluidité du parcours patient). C’est le principal point faible identifié dans les dossiers reçus. Pour y remédier, la HAS propose des recommandations pratiques et collabore avec l’INRIA afin de formaliser des outils d’analyse adaptés.
Enjeux stratégiques et perspectives
La publication de ces principes vise à :
- réduire l’hétérogénéité des dossiers soumis,
- accélérer les délais d’instruction,
- et favoriser l’accès au marché des DMN présentant un potentiel clinique ou organisationnel significatif.
Un « rendez-vous de l’innovation » est programmé le 16 septembre 2025 pour présenter ces lignes directrices et dialoguer avec les porteurs de projets.
La HAS inscrit également ces travaux dans une dynamique européenne : un rapprochement est engagé avec son homologue allemand dans le cadre de l’accord France–Allemagne signé en juin 2025, afin d’harmoniser les démarches PECAN (France) et DiGA (Allemagne). Une perspective de coopération européenne en évaluation accélérée des DMN est ainsi envisagée.
Enfin, la HAS a actualisé ses principes d’évaluation pour l’ensemble des autres voies de remboursement (LPPR, intra-GHS, PECT), dans un objectif d’unification et de lisibilité.
Un signal aux industriels
En publiant ces principes, la HAS adresse un message clair aux industriels du numérique en santé : l’évaluation des DMN ne peut se limiter à démontrer une promesse technologique. Les preuves cliniques et organisationnelles sont désormais au cœur de l’accès au remboursement et conditionneront la diffusion de ces solutions innovantes dans le système de santé.
(1) La Prise en Charge Anticipée (PECAN) est une procédure dérogatoire créée en 2023. Elle permet un remboursement temporaire des DMN innovants avant la finalisation complète des études cliniques. Objectif : donner rapidement accès aux patients à des solutions prometteuses tout en garantissant une évaluation rigoureuse en cours.
(2) Liste des Activités de Télésurveillance Médicale (LATM) recense les dispositifs de suivi à distance éligibles au remboursement. Les industriels doivent démontrer que la télésurveillance apporte une valeur ajoutée par rapport au suivi médical conventionnel ou à des activités déjà référencées.

Cédric Cartau
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Avec les holographes et jumeaux numériques, la chirurgie cardiaque entre dans une nouvelle ère
03 mars 2026 - 07:52,
Actualité
- Pierre Derrouch, DSIHRennes et Toulouse expérimentent depuis l'été 2025 des technologies d'imagerie holographique et de modélisation 3D pour améliorer la précision des interventions cardiaques. Ces innovations s'inscrivent dans un mouvement international dont les bénéfices cliniques commencent à être démontrés.

L’Occident se fracasse sur Seedance – la cyber face au paradigme de Robin des Bois
24 fév. 2026 - 08:18,
Tribune
-Impossible de le rater si on s’intéresse un minimum aux évolutions de l’IA : le logiciel Seedance(1), IA spécialisée dans la génération de vidéo d’un réalisme époustouflant, déclenche la colère des Majors américaines : Warner, Disney, Netflix, etc.

Du dossier patient à la décision thérapeutique : l’IA appliquée aux données cliniques
22 sept. 2025 - 22:22,
Actualité
Des initiatives concrètes, à l’international et en France, montrent comment l’intelligence artificielle commence à trouver sa place en cancérologie à travers des usages spécifiques et encadrés. Une avancée qui s’appuie sur les données issues des dossiers patients informatisés : comptes rendus cliniq...

L’approche Calimero de la filière logicielle : quand un responsable passe à côté des enjeux industriels et regarde le doigt plutôt que la lune
10 fév. 2026 - 08:14,
Tribune
-Je suis tombé sur une interview [1] de très bon niveau sur BFM Business : celle de Michel Paulin, président de la filière Logiciels et solutions numériques de confiance, ancien patron d’OVHcloud et de SFR, sur les rapports entre la souveraineté numérique, le rôle de l’État et de la commande publique...
