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IA en santé : ALLIS-NA et Dedalus ouvrent l’année avec les acteurs clés de Nouvelle-Aquitaine

27 fév. 2024 - 10:22,
Actualité - DSIH, Delphine Guilgot
Jeudi 15 février, le groupe Dedalus France accueillait dans les locaux de son siège social à Artigues-près-Bordeaux, la 1ère édition des Rencontres d’ALLIS-NA, pôle de compétences de Nouvelle-Aquitaine. Consacrée au développement de l'IA dans les établissements, la matinée a réuni un parterre d’acteurs régionaux autour de ses enjeux et des moyens d’accélérer son intégration dans les SI hospitaliers, en présence de Françoise JEANSON, vice-présidente Santé & Silver économie au Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine et de Christian FILLATREAU, président d’ALLIS-NA. 

Les enjeux de l’intégration de l’IA en santé  

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« C’est important pour nous d’avancer avec les acteurs locaux et de créer de la valeur ensemble ! » C’est avec ces mots que Guillem Pélissier, directeur général de Dedalus en France, a accueilli la soixantaine de représentants de la filière numérique en santé néo-aquitaine mobilisée par ALLIS-NA. Fort de son implication historique dans la région, berceau des marques Web100T et Agfa HealthCare reprises en 2019 et 2020, l’éditeur a rappelé son « attachement à la région Nouvelle-Aquitaine qui représente aujourd’hui 500 emplois et un des poumons de la R&D mondiale du groupe Dedalus ».  

Les données, encore les données 

 « On ne peut pas faire d’intelligence artificielle sans données » a rappelé en introduction Rodolphe Thiébaut, professeur de santé publique et chef du service d’Information médicale au CHU de Bordeaux. Loin de vouloir les libérer à outrance, le professionnel s’étonne encore des réserves à leur partage. « Je ne dis pas : ouvrons les données à tout prix. Il faut être vigilant et proposer un environnement sécurisé. » Au frein de l’accès, s’en ajoutent d’autres, comme le manque de data scientists ou encore la question de la qualité et de la validité des données, l’actualité nous prouvant chaque jour que la science peut être mise à mal par des études biaisées voire falsifiées. Enfin, il le martèle : « Il faut former, former, former ! Les médecins, les citoyens, les professionnels du numérique en santé et surtout les enseignants. »  

Passer du rêve à la réalité 

L’adoption prochaine de l’IA Act par le parlement européen devrait rendre l’IA plus tangible. Avec une mise sur le marché encadrée, un marquage CE et l’assurance du respect des droits fondamentaux, les professionnels de santé seront plus confiants. Sébastien Florek, directeur du numérique au CHU de Bordeaux, concède cependant que « même si cela offre des perspectives, l’IA reste de la haute couture. Aujourd’hui, on nous demande d’industrialiser les process et d’être le plus générique possible. Je ne peux pas acquérir autant d’IA qu’il y a de spécialités. » Le levier reste donc le temps gagné et l’objectif de réserver l’IA aux services les plus demandés par les patients.  

Premières avancées 

De leur côté, les industriels sont confiants, comme Dedalus qui intègre déjà l’IA pour l’assistance au codage des actes et diagnostics avec la solution logicielle RICO, ou la prédiction des risques avec la gamme clinalytics. Par ailleurs, le projet ERIOS, porté par l’éditeur avec le CHU et l'Université de Montpellier, vise à développer et expérimenter de nouvelles technologies. Il consacre trois de ses cas d’usage à l’IA. « Le modèle économique est à construire : on manque encore de vision sur ce que ça coute et combien ça va rapporter. Nous avons donc intégré ce travail dans le protocole de recherche, » explique Loïc Fontaine, project manager chez Dedalus.  

Olivier Barets, DGA La Poste Santé & Autonomie en charge du Marketing Stratégique et de la communication, insiste sur l’importance d’évoluer dans un environnement souverain. « De l’hébergement au traitement de la donnée de santé, l’objectif de La Poste Santé & Autonomie est que toute la chaîne soit souveraine. Nous sommes convaincus qu’on peut y travailler tous ensemble pour proposer aux citoyens français un environnement qui protègera leurs données. »  

Une mobilisation unanime 

En Nouvelle-Aquitaine justement, ALLIS-NA facilite les connexions. L’écosystème est entièrement mobilisé. Au CHU de Bordeaux par exemple, un comité de pilotage Innovation et numérique s’installe, intégrant les directions de la Recherche Clinique et de l’Innovation, de l’Ingénierie Biomédicale et du Numérique. Au programme : « réfléchir aux besoins, les prioriser, raisonner process par process, dans un seul objectif : redonner du temps au personnel soignant » conclut Sébastien Florek. Peut-être est-ce d’ailleurs là l’occasion de renverser l’image du numérique auprès des professionnels de terrain, qui l’ont souvent vécu jusqu’ici comme une perte de temps… 

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