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Collège des DSI/RSI de Normandie, les enseignements de la cyber-attaque du CHU de Rouen

Pouvez-vous nous rappeler à quelle périodicité se réunit le collège des DSI/RSI ? Quelle est sa raison d’être ?
Le collège des DSI/RSI des établissements de santé normands se réunit 4 à 5 fois par an, pour échanger sur des problématiques communes, partager les bonnes pratiques et organiser des synergies entre les établissements membres.
Cela va des projets régionaux en cours portés par le GCS Normand’eSanté aux difficultés que chacun de nous peut rencontrer dans un projet d’infrastructure ou lors d’une décision stratégique comme l’internalisation ou l’externalisation d’une brique SI.
Nous parlons également de sécurité et de cybersécurité, ainsi que des projets régionaux dont le collège est à l’origine, comme par exemple le projet de déploiement d’un dossier patient informatisé unique de dialyse pour tous les services de dialyse des établissements normands et l’ANIDER[1]. Ce DPI vise à faciliter la prise en charge des patients dialysés, le parcours de soins et le partenariat entre établissements.
Quelles sont les sujets prioritaires du collège pour 2020 ?
La cybersécurité, la mise en place des GHT, les projets régionaux, les appels à projets et les problématiques d’internalisation ou d’externalisation restent des sujets majeurs de discussion.
Sylvain François et Yan Chevrel, respectivement DSI et DSI adjoint du CHU de Rouen, membres du collège, sont revenus sur la cyberattaque subie le 15 novembre 2019 par le centre hospitalo-universitaire rouennais. Que retenez-vous de ce retour d’expérience ?
La réponse apportée par le CHU de Rouen à cette cybercrise est exemplaire. Elle a mis en lumière les différentes phases de gestion d’un tel événement à ne pas négliger : la compréhension et l’analyse de l’incident, pour cloisonner et protéger ce qui peut l’être, la remédiation puis la restauration pour remettre les serveurs en bon état de fonctionnement.
Un tel retour d’expérience permet de mieux prendre conscience des possibles failles organisationnelles en cas de cyberattaque.
Il attire également l’attention sur les conséquences financières d'une attaque informatique. Je ne peux pas m’exprimer à la place du CHU de Rouen sur ce montant. Mais, je peux vous dire que l’addition des coûts d’intervention d’informaticiens hyperspécialisés, de ressaisie après relance du SI ou encore le manque à gagner pour report de blocs ou déport de prise en charge vers d’autres établissements se traduisent par une facture très élevée. Les directeurs d’établissement doivent prendre conscience de ces coûts induits.
Comment extrapoler ce qu’ont vécu les équipes du CHU de Rouen à l’ensemble des établissements représentés par les membres de votre collège ?
Il faut souligner la nécessité de développer dans les établissements une culture de la cybersécurité auprès des utilisateurs. Ils ne perçoivent pas toujours le danger au quotidien.
Une telle crise donne aussi l’occasion de rappeler à chacun l’importance de bien suivre l’ensemble des procédures et recommandations notamment portées par les RSSI. En pleine crise, on peut l’oublier mais il est important de penser à déclarer l’incident à l’ANSSI, faire un dépôt de plainte auprès du service régional de police judiciaire (SRPJ), notifier l’incident auprès de la CNIL et informer l’ARS.
Enfin, nous devons nous interroger sur la pertinence de nos procédures dégradées et nos plans de relance. Ce qui est valable pour un incident de sécurité qui va immobiliser le SI pendant quelques heures ne l’est plus pour une cyberattaque qui peut paralyser le SI et l’établissement durant plusieurs jours voire plusieurs semaines.
[1] Association normande pour la prise en charge de l'insuffisance rénale chronique par la dialyse, l'éducation des patients et la recherche
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