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Les logiciels de gestion des blocs encore perfectibles
DSIH : D’une manière générale, qu’attendez-vous d’un bon logiciel de gestion des blocs opératoires ?
Rémi Dubois : Aujourd’hui, l’outil informatique est devenu indispensable : prescriptions informatisées, analyses des radios, visualisation des examens, prise de rendez-vous, programmation des interventions, dossier patient… Mais, et particulièrement en chirurgie pédiatrique, nous rencontrons des difficultés. La diversité des interventions, des gestes chirurgicaux et les temps opératoires, mais aussi anesthésiques, très variables chez l’enfant, rendent la phase de paramétrage très difficile – il serait impossible de paramétrer un item pour chaque situation particulière –, et nous déplorons souvent un manque de souplesse de l’outil. Nous sommes parfois obligés de recourir à une intervention humaine et manuelle pour programmer une intervention au-delà du temps imparti par l’outil.
Enfin, si progressivement des interconnexions se font – il existe, depuis peu, une interface avec un module de gestion des lits disponibles dans les services, par exemple –, nous aimerions plus d’interfaçages entre les modules pour plus d’efficience et d’ergonomie.
DSIH : Et plus particulièrement pendant la phase per-opératoire, en quoi concourt-il à une meilleure gestion des ressources humaines et matérielles ? Et à l’utilisation de la check-list HAS ?
R. D. : Concernant la gestion du matériel, l'outil optimise le suivi des produits, permet plus de réactivité lors des commandes, et donc plus de fluidité. Sur la gestion du personnel, il a remplacé, avantageusement, les anciennes feuilles de salle. Dorénavant informatisées, elles offrent une meilleure visibilité et la possibilité de faire des statistiques. Toutefois, de mon point de vue de chirurgien, l’ordinateur monopolise parfois un peu trop les infirmières qui, accaparées par des saisies informatiques, vont être moins disponibles et moins centrées sur l’intervention en elle-même.
L’outil intègre également la check-list et il nous a permis de formaliser son utilisation. Malheureusement, elle est parfois encore trop peu ou mal utilisée par les équipes et le système ne bloque pas le démarrage de l’intervention si celle-ci n’est pas remplie.
DSIH : Ces logiciels permettent d’effectuer des statistiques, des analyses. Dans quelle mesure ces indicateurs aident-ils à une meilleure gestion du bloc ?
R. D. : Les statistiques fournies par le logiciel sont très intéressantes à tout point de vue, et notamment sur les temps d’occupation de salles. Au début, nous avions paramétré les temps opératoires de manière approximative. Après 2 ans d’utilisation, nous sommes plus à même de préciser avec exactitude la durée d’une intervention et le temps d’occupation des salles pour coller au plus près de la réalité, affiner le paramétrage et donc améliorer la programmation des interventions.
Les logiciels aident également à l’analyse du taux et de la qualité de remplissage des check-lists. L’étude quantitative est probablement la plus fiable actuellement, et l’outil n’est pas seul suffisant pour une analyse qualitative objective et réaliste.
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