Publicité en cours de chargement...
Archivage : où est l’urgence ?
Dans un article récent, Vint Cerf – l'un des pères d'Internet, excusez du peu – s'alarme pour les mêmes causes et évoque l'idée d'un parchemin numérique, en l'occurrence le développement d'une technologie permettant de graver une donnée, structurée ou pas, sur un support à durée de vie infinie.
Récemment, j'ai participé à un groupe de travail sur la question de l'archivage de données de santé à valeur probante, concept qui consiste à stocker une donnée de telle façon à garantir son intégrité par des moyens non contestables, faisant ainsi foi devant un juge en cas de contentieux. Plusieurs sociétés informatiques disposent d'une offre en catalogue, que ce soit des entreprises officiant dans le domaine du stockage ou dans le domaine logiciel, auquel cas l'intégrité de la donnée est garantie par des mécanismes de signature à base de certificats logiciels.
Je suis toujours étonné lorsque ce type de projet est lancé dans un établissement de santé, car il me semble que l'on oublie un élément fondamental dans le débat : l'archivage à valeur probante certes, mais pour quoi faire ? S'il s'agit de se protéger en prévision de contentieux certes, mais alors le lecteur conviendra qu'il est nécessaire d'évaluer le coût du dispositif (très élevé) avec le gain éventuel, à savoir les dommages et intérêt que l'établissement évitera, si tant est qu'il parvienne à les éviter. Or, les procès du genre sont rarissimes en France, et encore plus les montants des condamnations. En termes purement économiques – en existe-t-il d'ailleurs d'autres ? - un projet d'archivage à valeur probante n'a donc aucun intérêt dans un hôpital.
Par contre, l'archivage tout court – sans sa dimension « probante » - est une urgence manifeste : combien de logiciels stoppés, conservés sur des serveurs mêmes virtuels dont personne ne peut garantir qu'on pourra à nouveau les allumer, les lire, les interpréter dans à peine 10 années ? Combien de projets de changement de logiciels patient dans les hôpitaux qui éludent la dimension de la reprise des données ? Combien de dossiers de spécialité qui équipent tel ou tel service depuis 5 ans ou plus, et dont la mort annoncée – l'éditeur n'existe plus, la technologie est obsolète – fait courir un risque de perte ?
Il semblerait qu'avant de se lancer dans ces couteux projets de valeur probante, il faille en revenir aux fondamentaux : quel est le réel besoin ?
[1] L’Alzheimer numérique nous guette
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Contract Management : rigueur et dialogue au service des établissements de santé
15 déc. 2025 - 16:10,
Tribune
-Face à la pression financière croissante, la réduction des dépenses est devenue une priorité pour les établissements de santé. Dans ce contexte, maîtriser les engagements existants et éviter toute dérive est indispensable. C’est là qu’intervient le contract management, véritable outil stratégique po...

Digital Omnibus on AI, évolutions et perspectives
01 déc. 2025 - 21:44,
Tribune
-Faisant suite à un appel à contributions de la Commission européenne, deux projets de règlements ont été publiés le 19 novembre 2025 par la Commission européenne, bousculant assez substantiellement la réglementation en vigueur : le “Digital Omnibus for the digital acquis" ou "Omnibus numérique" [1] ...
Le moment Spoutnik de la cyber
24 nov. 2025 - 22:22,
Tribune
-En matière d’armement, on dit que ce qui compte vraiment, c’est le nombre et la force. Mais surtout la force.
Digressions sur la cyber et les enjeux climatiques
17 nov. 2025 - 20:53,
Tribune
-Cela nous pendait au nez : l’époque est aux questions semi-existentielles sur les enjeux climatiques, et la cyber, longtemps restée à l’écart, voit le sujet arriver par différentes sources et sous différentes formes, dont l’amendement sur les enjeux climatiques de la 27001.
