
Cybersécurité hospitalière : passer de la déclaration à la preuve
28 juil. 2026 - 08:47,
1,7% seulement du budget opérationnel des hôpitaux est consacré à l’IT, selon Laurent Bouchoucha. Un pourcentage qu’il qualifie de sous-investissement chronique. Le dirigeant d’Alcatel-Lucent Enterprise décrit également des parcs d’équipements obsolètes et des effectifs réduits, souvent en dessous de dix personnes, pour administrer une ou plusieurs centaines d’applications. « La menace cyber demeure très présente et, dans 38 % des cas, elle impacte le patient », souligne-t-il.
Une obligation de preuve sous vingt-quatre heures
La directive NIS2 et le référentiel ReCyF (Référentiel Cyber France) de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) substituent à la simple déclaration d’incident une exigence de preuve. Les établissements hospitaliers doivent cartographier leurs réseaux, les segmenter et recenser chaque actif connecté. En cas de compromission, ils disposent de vingt-quatre heures pour démontrer qu’ils ont détecté et corrigé la menace, sous peine d’une amende.
La multiplication des objets médicaux connectés complique ces infrastructures. Industrialiser la segmentation des réseaux, la maîtrise des accès et la supervision des événements devient, pour Laurent Bouchoucha, une condition de survie. « 67 % des opérations réseau restent aujourd’hui manuelles. Nous avons besoin d’un multiplicateur de force pour assurer la continuité des soins, réagir très vite et prouver au régulateur que nous avons agi comme il fallait », explique-t-il.
L’IA en appui, le RSSI aux commandes
L’automatisation permet de recenser les équipements connectés, de cloisonner ces environnements afin de bloquer les mouvements latéraux des rançongiciels et de signaler les événements anormaux. Mais Laurent Bouchoucha l’assortit de garde-fous : un déploiement local de l’IA, gage de souveraineté sur les données.
Et dans ce contexte, le rôle du RSSI demeure déterminant. « L’intelligence artificielle ne remplace pas l’humain, elle l’assiste sous son contrôle strict. Elle comprend les causes, les corréle et propose une remédiation, mais c’est le RSSI qui doit la valider », conclut Laurent Bouchoucha.
DSIH | Fabrice Deblock
Avez-vous apprécié ce contenu ?
À voir aussi en vidéo.
A lire également.
AIVORIA-Health : un nouveau cabinet de conseil pour transformer les établissements de santé par l’intelligence artificielle
18 juin 2026 - 11:09,
Communiqué
- AIVORIA-HealthFondé en mai 2026 par Patrice Riou et Marianne Allanic, AIVORIA-Health accompagne établissements et groupements de santé pour passer d’un intérêt diffus pour l’IA à une feuille de route stratégique pilotable. Le cabinet associe une expertise du terrain hospitalier et une maîtrise des technologies d’...

L’AIOps réseau à l’hôpital : de la supervision réactive à l’intelligence opérationnelle
17 juin 2026 - 17:40,
Tribune
- Laurent Bouchoucha, Vice-Président Solutions et Développement Commercial chez Alcatel-Lucent.Dans les hôpitaux, chaque nouvelle application, chaque équipement connecté, chaque usage clinique digitalisé ajoute une couche de dépendance supplémentaire à l’infrastructure réseau. Le système de santé devient de plus en plus numérique, mais son exploitation reste encore largement manuelle. Aujourd...

Le CHU de Poitiers déploie MedGPT pour encadrer l'usage de l'IA par ses soignants
16 juin 2026 - 07:11,
Actualité
- Rédaction, DSIHLe CHU de Poitiers met à disposition de ses professionnels de santé MedGPT, un assistant conversationnel médical développé par la société bordelaise Synapse. L'objectif affiché est double : offrir aux équipes une source de réponses fiables sur les questions cliniques du quotidien, et reprendre la ma...

SantExpo 2026 : certification européenne pour le DPI nativement IA d’InterSystems, un tournant « historique dans le marché français de la santé »
20 mai 2026 - 09:28,
Actualité
- Morgan Bourven, DSIHInterSystems a annoncé le 19 mai avoir obtenu une certification MDR de classe IIa pour ses solutions de dossier patient informatisé (DPI) intégrant nativement de l’intelligence artificielle. DSIH a pu échanger avec Nicolas Eiferman, Directeur général France, Benelux et Nordics, sur cette première eu...


