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DMP, mythes et stratégies
L'ASIP Santé refait ses comptes et arrive, quant à elle, à un chiffre nettement inférieur, en l'occurrence 187 millions d’euros. Cependant, quand on lit attentivement l'argumentaire, certains détails piquent les yeux. L'ASIP Santé fait bien référence au « coût direct », s'entend l'ensemble des chèques qui ont dû être signés par les contribuables. Exit la consommation de ressources humaines dans les établissements de santé – publics ou privés – qui ont tenté d'interconnecter leurs systèmes d'information avec le DMP. Exit aussi la myriade de dossiers de spécialités (qui auraient dû disparaître) que les régions ont monté et aussi tenté d'interconnecter avec l'hydre susnommée.
187 ou 500, nous ne connaîtrons certainement jamais le chiffre réel. En août 2013, 368 000 dossiers avaient été créés, dont la moitié (53% pour être exact) étaient vides. Quant à l'autre moitié, en Alsace, région la plus en pointe, la moyenne des documents contenus par dossier se chiffre à 1,7. Autrement dit, les dossiers sont créés sous la pression de l'ASIP Santé pour y ranger un compte-rendu d'hospitalisation ou de consultation, et ne sont dans la majorité des cas plus alimentés ni consultés.
L’observation des autres pays est pourtant riche d’enseignements.
Aucun n’a monté un DMP à un échelon de plus de 60 millions d’habitants. L’Ecosse a ainsi mis en place un équivalent à une échelle de 5 à 6 millions de patients, tout comme l’Andalousie. Les pays nordiques ont certes mis en place un DMP national, mais il ne faut pas oublier que la Norvège compte 5 millions d’individus, la Suède 9 et le Danemark 5. Il semble que la taille de 5 à 6 millions soit un optimum au-dessus duquel plus rien n’est gérable.
Ajoutons qu’il parait nécessaire d’articuler les dossiers de spécialités (cancérologie, pédiatrie) qui fleurissent depuis des années et qui viennent clairement déshabiller à la fois les Dossier Patient internes des établissements, et toute initiative de DMP généraliste à l’échelon régional. On ne pourra pas centraliser l’information de santé et en même temps la voir dispersée. Les dossiers de spécialités doivent être réservés à des pathologies précises (hémophiles par exemple), à l’échelon national et avec une interopérabilité forte avec des DMP régionaux.
Enfin, la télémédecine est insuffisamment déployée en France alors que la technologie est là et parfaitement utilisable. La pénurie de certaines spécialités (radiologues) ne pourra pas faire l’économie d’une généralisation de ce mode de traitement.
DMP régionaux, dossiers de spécialités ciblés et télémédecine : voilà les 3 voies d’avenir.
Wilbur
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