Stratégie nationale de santé : qu’est ce qui va changer ?
Marisol Touraine a exposé, le 23 septembre comme prévu, les grandes orientations de la future loi sur la Stratégie nationale de santé qui sera présentée au 1er semestre 2014. Dans un discours volontariste, la ministre des Affaires sociales annonce rien de moins qu’une « refondation » et une « révolution du premier recours » autour d’un médecin traitant pivot.
Objectif : « éviter l’effritement de notre système sous les contraintes économiques » et « dépenser autrement ». Cette stratégie repose sur trois piliers : « ancrer notre politique autour d’objectifs de santé publique identifiés et partagés ; structurer la médecine de parcours à partir des soins de premier recours ; et développer les droits des patients. »
Jusque-là tout va bien et l’on veut croire que la ministre a fait siennes la plupart des préconisations du rapport Cordier qui engageait le gouvernement à faire preuve d’ambition.
Marisol Touraine s’aventure même sur le chapitre e-santé pour déclarer que « Dans dix ans, les téléconsultations et la télésurveillance amélioreront encore l’accès aux soins partout sur le territoire. ( …) L’hôpital sera numérique (…). La médecine personnalisée aura été généralisée. »
Pourtant… quand on passe du discours à la feuille de route publiée pour l’occasion, le cadrage n’est plus aussi évident. Certes, on y trouve l’affirmation que « ces orientations nécessitent un investissement résolu dans les systèmes d’information ». Bien sûr, les chantiers en cours sont confortés : recherche d’interopérabilité, réaffirmation des axes prioritaires en télémédecine, organisation d’un service public d’orientation dans le système de soins (sera-t-il basé sur le Répertoire opérationnel des ressources et assimilés) ?
Mais là où l’on peut s’avouer franchement perplexe, c’est bien au chapitre du DMP2 !
Premier exemple : « proposer un DMP pluriel, adapté aux besoins de chacune des parties prenantes, et notamment des professionnels de santé. » Que faut-il lire derrière le terme de « pluriel » ? Va-t-on continuer à faire le grand écart entre Dossier Médical Personnel (comme défini par la loi) et Partagé (pour les enjeux de coordination entre professionnels) ?
Deuxième extrait : « La crédibilité de l’outil (…) dépendra de la rapidité de son implantation. » Les parcours de soins (que le DMP est censé outiller) sont dans les limbes ; on ne voit donc pas bien ce qui pourrait donner un coup d’accélérateur. Et puis, n’a-t-on pas tiré les enseignements de la course au chiffre ?!
Enfin, il est question de son « indispensable ouverture sur le domaine médico-social. » Cela signifie-t-il que l’évolution législative nécessaire est en germe ? que l’usage de la CPS est définitivement enterré ?
La re-relance de ce dossier pose décidément plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, malgré la concertation dont il avait fait l’objet au printemps dernier.
D.L
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Equasens nomme François-Pierre Marquier au poste de Directeur Général Délégué et renforce ainsi sa gouvernance pour accompagner ses ambitions de croissance
02 avril 2026 - 15:47,
Communiqué
- Le groupe EquasensLe groupe Equasens annonce la nomination de François-Pierre Marquier au poste de Directeur Général Délégué. Il rejoint à ce titre l’équipe de direction aux côtés de Denis Supplisson, Directeur Général, et de Grégoire de Rotalier, Directeur Général Délégué et directeur de la Division Établissements d...

Premier avis favorable au remboursement d’une thérapie numérique
02 avril 2026 - 11:19,
Communiqué
- Haute Autorité de santéLa Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS) de la Haute Autorité de santé (HAS) vient de rendre un avis favorable au remboursement en droit commun d’un dispositif médical numérique à visée thérapeutique (thérapie numérique ou DTx). Pour la pr...

SantExpo 2026 : data, interopérabilité, cybersécurité… les SI de santé à l’épreuve des usages
02 avril 2026 - 09:36,
Communiqué
- SantExpo 2026Alors que les établissements de santé et médico-sociaux accélèrent leur transformation numérique, les systèmes d’information entrent dans une phase décisive : celle des usages. Interopérabilité, qualité de la donnée, cybersécurité, souveraineté et déploiement de l’IA structurent désormais les priori...

Comment obtenir l’unanimité sur le choix d’un DPI commun, l’exemple du GHT du Var
31 mars 2026 - 08:42,
Actualité
- Pierre Derrouch, DSIHAu GHT du Var, la convergence des systèmes d’information franchit une nouvelle étape, avec l’officialisation fin janvier 2026 d’un DPI commun pour ses sept établissements. C’est la fin du support d’un DPI utilisé en psychiatrie qui a constitué le déclencheur. La contrainte technique a été transformé...
