Les hôpitaux connectés, le remède pour améliorer le suivi des patients
En attendant, et à l’image du CHR Metz-Thionville, ouvert en septembre 2012, nos hôpitaux deviennent de plus en plus « connectés ». Rien que pour ce centre hospitalier, accompagné dans sa stratégie numérique par Orange Healthcare, c’est plus de 800 bornes wifi qui ont été installés. Permettant ainsi, à l'ensemble des acteurs de l'établissement de bénéficier d’un accès à l’information en temps réel.
A commencer par les patients dont chaque lit est équipé d’un écran multimédia permettant d'accéder à différents services ludiques (films, livres, Internet, jeux…) et pour le personnel soignant, d'avoir accès au dossier médical du patient.
Des bracelets électroniques sont également proposés au sein de l'unité femme-mère-enfant, équipant les bébés dès la naissance, permettant leur localisation au sein des services dans l’établissement.
L’établissement a également créé un service de téléconsultations en radiologie, et étudie le projet d’installer chez les patients une box reliée à des capteurs, permettant de transférer à l'hôpital ses données de santé.
Plus classiquement, des solutions dédiées à l’accueil et au suivi des consultations au sein de l’hôpital sont disponibles telles que bornes interactives pour l'orientation dans les couloirs ou le rappel de rendez-vous d'une consultation par envoi d’un SMS.
L'investissement du CHR s'est élevé à 5,3 millions d'euros pour la partie gérée par Orange.
Autre exemple et autres lieux avec la maternité parisienne Port Royal, l'hôpital Necker et celui de la Salpêtrière (courant 2013) qui ont informatisé leur gestion du parcours patient au sein de leurs établissements respectifs. Ceci afin de créer pour chaque patient, un ticket d'accueil unique pour tous les services qu’il traverse, de son admission jusqu'à sa sortie. Une solution informatisée nommée eSirius, qui permet de fluidifier les flux de patients.
L’apport de ces nouvelles technologies dans le milieu hospitalier vise à améliorer le suivi patient en optimisant son accueil, la prise en charge des soins, son orientation, bref tout ce qui apporte une valeur ajoutée dans la gestion de son parcours de santé au sein d’un établissement.
Un pays comme le Danemark a compris les enjeux liés à cette meilleure gestion du patient à l’aide de la technologie, en investissant 5,3 milliards d'euros dans la modernisation de ses hôpitaux d'ici à 2020. Une partie de cette somme est consacré aux équipements et plusieurs expérimentations sont menées telles que des ambulances d'urgentistes reliées par vidéoconférence. Ou celle avec des robots préparant les sachets de médicaments devant être distribués aux malades. Avec une perspective de relier ces machines aux dossiers médicaux des patients et pilotés par un logiciel d'intelligence artificielle, elles pourront détecter des éventuelle contre-indications médicamenteuses.
A titre d’information, le British Medical Journal estime qu’au Royaume-Uni, 30.000 personnes décèdent chaque année d'une erreur médicale.
Dossier médical personnel et électronique, un élément essentiel de cette évolution qui tarde à prendre son essor en France et l’on pense déjà (du moins on émet l’hypothèse) à le faire évoluer, compléter à terme par les systèmes informatiques de l'hôpital : résultats des analyses, séquençage ADN, radios, médicaments prescrits, paramètres enregistrés au bloc opératoire et en réanimation, clichés d’imagerie médicale… le tout partageable via un « cloud » accessible aux professionnels de santé concernés.
Au-delà des innombrables étapes nécessaires et restant à franchir afin d’arriver à la généralisation du dossier médical, vient s’ajouter le fait de pouvoir analyser rapidement et efficacement le nombre pléthorique des informations pouvant être accessible par le professionnel de santé. D’où une nouvelle réflexion proposée par une start-up installée à Zurich (Next Generation Human Interface) qui envisage de présenter ces informations, en prenant comme interface le schéma du corps du patient.
On le voit, la révolution numérique des hôpitaux est bien en marche. Reste à identifier les établissements à la pointe de ce mouvement. Et pourquoi pas un label "hôpital 2.0" à dispenser auprès des plus innovants en la matière ?
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