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Santé connectée : moderniser le réseau sans briser la chaîne des soins

L’arrêt du cuivre au profit de la fibre d’ici 2030 oblige les établissements de santé à revisiter des infrastructures constituées par strates successives. À cette échéance s’ajoutent la montée de la 5G, la multiplication des objets médicaux connectés et les exigences de cybersécurité associées à la directive NIS2 (Network and Information Systems 2). Le réseau devient ainsi un composant directement lié à la continuité des soins.
Orange Business défend une approche de « smart hospital » dans laquelle la connectivité est intégrée dès la conception des bâtiments. La 5G prolonge cette logique avec le network slicing, qui permet de découper virtuellement un réseau en segments étanches selon les usages : blocs opératoires, urgences, accès des praticiens au SI hospitalier ou équipements biomédicaux. Cette évolution impose une supervision renforcée des actifs connectés.
“Pour un établissement de santé, la souveraineté numérique ne se limite pas à héberger les données en France. Elle vise à conserver une maîtrise effective des données, des systèmes et des prestataires, notamment en cas de crise ou de changement de fournisseur. La souveraineté se juge donc sur l’ensemble de la chaîne, pas uniquement sur le lieu du centre de données”, souligne Cécile Vazeille, Directrice du développement de l’activité Santé chez Orange Business.
Le fax se transforme en flux numérique
Le fax illustre une autre facette de cette évolution. Il reste utilisé pour transmettre des prescriptions, des comptes rendus médicaux, des résultats d’examens ou des demandes d’admission, des commandes de médicaments ou poches de sang, entre acteurs équipés de systèmes différents. La transformation concerne l’infrastructure qui supporte ces échanges : regroupement des flux, hébergement cloud, archivage, traçabilité, gestion des ressources télécoms, haute disponibilité, continuité de service, intégration au dossier patient informatisé et automatisation documentaire.
“Le fax devient davantage un service qu’une infrastructure à maintenir. Selon le modèle retenu (OnPrem, Cloud privé, public ou hybride), cela peut supprimer l’infrastructure et la téléphonie fax sur site et réduire les opérations de maintenance et de mise à niveau pour la DSI. Les équipes IT peuvent faire autre chose que de s’occuper d’une technologie telle que le fax”, indique Laurent Laury, Responsable comptes et partenaires EMEA chez Opentext.
Au sein du groupe de laboratoires Ouilab, l’envoi des résultats de biologie s’intègre directement au logiciel métier KaliSil : après validation biologique, le compte rendu part automatiquement et le statut de transmission remonte dans l’application. L’accusé de réception fournit une preuve d’envoi et permet de détecter un échec.
“Nous traitons environ 800 fax virtuels par jour, avec des pics entre 11 heures et 16 heures. Environ 80 % des émissions correspondent à des résultats de biologie envoyés depuis notre système d’information de laboratoire, tandis que 20 % relèvent d’usages bureautiques depuis Microsoft 365. Après validation biologique, le compte rendu est transmis automatiquement et son statut remonte dans KaliSil”, précise Alexis Vannesson, Administrateur Systèmes et Réseaux du groupe Ouilab.
Cette organisation réduit les manipulations techniques demandées aux biologistes et accélère la réception des résultats par le prescripteur. Pour les valeurs critiques, l’appel téléphonique est maintenu. Ouilab prépare parallèlement une transition progressive vers MSSanté, la messagerie sécurisée de santé, selon l’équipement des partenaires et les usages existants.
Le cloud déplace l’effort vers les processus
Le retour d’expérience du GHT (groupement hospitalier de territoire) des Pyrénées ariégeoises montre qu’une migration vers le cloud commence par une cartographie détaillée de l’existant. Les équipes ont recensé les utilisateurs, les lignes fax, les règles de routage, les applications métier et les équipements concernés avant de conduire un pilote, puis une portabilité progressive de 70 numéros incluant le test d’intégration aux copieurs et imprimantes. Cette préparation a permis de préserver les habitudes de travail pendant la bascule.
“Une phase d’inventaire est indispensable. Il faut identifier tous les numéros fax, les règles de routage, les Caller ID, les utilisateurs et groupes, les imprimantes multifonctions, les applications métier connectées, ainsi que les obligations de conservation des fax. L’objectif n’est pas de migrer les serveurs, mais les usages”, détaille Stefano Clementin, EMEA Technical Specialist chez OpenText. “Chaque intégration doit être analysée : SMTP, imprimantes multifonctions, applications métier et flux automatisés. La plupart des fonctions sont reprises dans Core Fax, mais demandent souvent une reconfiguration. Il est recommandé de tester les intégrations avant de porter les numéros”, complète-t-il.
Avec une plateforme hébergée, la DSI concentre son intervention sur les utilisateurs, les règles de routage et les intégrations métier, tandis que le fournisseur prend en charge l’exploitation technique dont il a l’expertise, la disponibilité, la gestion des télécommunications et les mises à jour. Ce déplacement des responsabilités impose de cadrer la sécurité, la conservation des données, la continuité de service et les mécanismes de reprise.
Une même logique relie ainsi des technologies très différentes. Fibre, 5G, cloud, IA et fax imposent d’abord de connaître les flux, leur criticité et les processus qu’ils soutiennent. Pour les DSI, la transformation des communications commence par cet inventaire, puis par des choix capables d’améliorer la résilience, tout en préservant le travail quotidien des professionnels de santé.
Lors de cette matinée, Josée Martin et Arvind Dhilon, deux responsables de la gestion produit venus spécialement du Canada, ont présenté les évolutions de la nouvelle plateforme ainsi que, en avant-première, plusieurs fonctionnalités prochainement disponibles. Ils ont également réalisé une démonstration en direct de leur solution d’IA, Aviator, tout en recueillant les attentes exprimées par les participants. Leur approche repose sur un principe simple : “l’automatisation gère le quotidien, les équipes gèrent les exceptions”.
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