Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

CHU de Toulouse : la donnée au coeur de la gouvernance numérique

09 juin 2026 - 06:44,
Actualité - Fabrice Deblock, DSIH
DPI, logiciels de spécialité, portails patients, solutions de télésanté : l’hôpital produit toujours plus de données, sans toujours pouvoir les exploiter de manière cohérente. Depuis 2023, le CHU de Toulouse a engagé avec InterSystems une trajectoire structurée autour de la donnée afin de renforcer l’interopérabilité et inscrire l’information au coeur d’une gouvernance plus opérationnelle et orientée usages.

Après plusieurs décennies de transformation numérique, les établissements de santé se sont dotés d’un large éventail de solutions auquel s’ajoutent les plateformes régionales et les services socles nationaux. Cette richesse applicative a permis de mieux outiller les professionnels et a généré un volume croissant de données.
Elle a aussi fait émerger un défi majeur : organiser une information fiable, accessible et exploitable dans un système d’information devenu fortement fragmenté.

nicolas-eiferman-pic-042026.png« Il existe plusieurs modèles d’organisation du système d’information hospitalier, notamment dans l’articulation entre le DPI et les logiciels de spécialité. Mais, dans les faits, la donnée reste trop souvent dupliquée, non réconciliée et dispersée dans des documents ou des notes. Pour les établissements, l’enjeu est désormais de reprendre le contrôle de leurs données », analyse Nicolas Eiferman, Directeur Général InterSystems France, Benelux et Nordics.

Quand les usages transverses révèlent les limites d’un SI fragmenté

La fragmentation du SIH devient particulièrement visible dès lors qu’un établissement cherche à déployer des usages transverses. Les rendez-vous patient en sont un exemple concret. Les informations peuvent être réparties dans plusieurs applications, avec des formats, des règles ou des statuts différents, rendant difficile toute vision unifiée.

Face à cette complexité, une évidence s’impose : les établissements ne peuvent plus se contenter de faire circuler les données. Ils doivent désormais reprendre leur contrôle, en garantissant leur cohérence, leur qualité et leur lisibilité.

Cette exigence devient d’autant plus forte que les usages dépassent aujourd’hui le périmètre historique du système d’information hospitalier. Les données doivent accompagner les parcours de soins, soutenir la télésanté, faciliter la coordination ville-hôpital et s’inscrire dans des logiques territoriales. Le système d’information hospitalier (SIH) évolue vers un SI de santé plus ouvert, plus interconnecté et plus exposé, où la maîtrise de la donnée devient un levier stratégique.

nicolas-delaporte.pngStructurer la donnée pour accompagner les nouveaux usages Au CHU de Toulouse, cette réflexion s’inscrit dans une trajectoire engagée depuis plusieurs années. À son arrivée, le Directeur des systèmes numériques de l’établissement, Nicolas Delaporte, hérite d’un numérique hospitalier à réurbaniser, dans un contexte marqué par des programmes nationaux comme « Ma Santé 2022 ». L’établissement cherche alors à redonner du sens à l’information produite. « Nous positionnons la data au coeur de la transformation du CHU. Elle porte une valeur dans le dispositif de recherche, mais aussi dans la transformation organisationnelle, le partage de l’information et la responsabilité populationnelle », explique Nicolas Delaporte. « Avec le plan ‘Ma Santé 2022’, nous avons bénéficié d’un cadre national porteur. Cela nous a conduits à redonner du sens à l’usage et à la donnée. À travers cette démarche, l’interopérabilité s’est imposée comme l’axe névralgique du partage de l’information ».

Cette approche conduit le CHU, déjà doté d’une forte maturité en interopérabilité avec plus de 300 interfaces, à traiter ce sujet comme un levier de gouvernance de la donnée. L’enjeu ne se limite pas à faire circuler des flux entre applications. Il consiste à rendre l’information exploitable, compréhensible et utilisable par les équipes, dans les DPI comme dans les dossiers de spécialité. « Notre premier axe a consisté à disposer, dans tous les outils, d’une donnée suffisamment propre, compréhensible, valide et scientifiquement exploitable. Croyez-moi, ce travail de structuration représente un chantier exigeant », souligne Nicolas Delaporte.

Cette exigence replace les métiers au centre du projet. La qualité de la donnée ne dépend pas seulement des formats ou des outils techniques. Elle suppose aussi des règles partagées, des référentiels stabilisés et une compréhension commune de ce que chaque information doit représenter dans le parcours de soins.

InterSystems : la fiabilité dans le temps comme critère de choix

Pour concrétiser cette ambition, le CHU de Toulouse a cherché une solution capable de s’insérer dans son architecture existante, sans imposer de remplacement global des applications métiers.

Le choix s’est porté sur les technologies InterSystems, socle conçu pour l’interopérabilité et la gestion des données de santé, avec une orientation assumée autour du standard FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources). Ce dernier permet de structurer les informations sous forme de ressources et de les exposer via des API.

« Ce qui nous a intéressés chez InterSystems, c’est la réponse apportée aux enjeux de fiabilité dans le temps, mais aussi la plasticité de la solution et son aptitude à tenir dans un contexte encore en construction. Le volet financier a bien évidemment compté, mais la trajectoire à long terme a fortement pesé dans le choix », précise Nicolas Delaporte.

« Quand les données sont standardisées et accessibles par API, l’établissement peut intégrer plus facilement une nouvelle application, gérer ses profils de sécurité et contrôler les données qu’il expose. Cela accélère les usages, mais cela permet aussi d’éviter de redemander systématiquement des connecteurs spécifiques aux éditeurs de solutions », souligne Nicolas Eiferman.

Le recours à Kubernetes (plateforme d’orchestration de conteneurs) a également pesé dans le choix d’InterSystems. Nicolas Delaporte et ses équipes considèrent cette brique comme un facilitateur technique. Elle contribue selon eux à simplifier le déploiement, l’administration et la montée en charge des composants applicatifs, tout en inscrivant le projet dans une logique d’infrastructure plus modulaire.

Des cas d’usage pour ancrer la donnée dans les métiers

Actuellement, le cas d’usage le plus avancé au CHU de Toulouse concerne la télésanté. L’établissement travaille à exposer, de manière sécurisée, certaines informations relatives au patient afin de soutenir le suivi à distance. 

Cette approche inscrit la donnée hospitalière dans une logique de parcours, au-delà des murs de l’hôpital. « Si nous voulons sortir hors les murs, c’est par cette dimension-là que nous pouvons donner de la valeur au partage d’information. Cela rejoint aussi les programmes nationaux et la dynamique d’un système d’information de santé », explique Nicolas Delaporte.

Le projet trouve ensuite un autre terrain d’application avec la pharmacie. Le sujet dépasse le dossier patient pour toucher aux produits de santé, aux référentiels et à la logistique pharmaceutique territoriale.

Il illustre le passage d’une logique d’interopérabilité à une transformation métier, où la donnée sert à harmoniser les formats, structurer les référentiels et fluidifier les processus.

« Sur les produits de santé, nous avons des sujets éparpillés de logistique pharmaceutique territoriale, avec des logiciels qui ne partagent pas toujours l’information au même format. L’objectif consiste à standardiser, à remettre du sens dans les référentiels et à construire un usage métier solide », détaille Nicolas Delaporte.

De la trajectoire locale aux échanges européens

Pour le CHU de Toulouse, l’Espace européen des données de santé constitue une prochaine étape naturelle dans la trajectoire engagée autour de la donnée. Sans en faire encore un cas d’usage opérationnel, l’établissement fait évoluer son socle data dans une direction compatible avec ces futurs échanges : données mieux structurées, interopérabilité accrue, accès sécurisés et gouvernance plus précise des usages. Cette projection européenne ne fait toutefois pas disparaître l’enjeu de méthode. 

À partir de son expérience toulousaine, Nicolas Delaporte tire un bilan du parcours réalisé jusqu’à présent. Une de ses conclusions est qu’un socle technique ne suffit pas à produire le passage à l’échelle. Il doit s’adosser rapidement à des besoins métiers clairement identifiés, capables de mobiliser les équipes et de démontrer la valeur du partage de données.

« Si nous devions donner un conseil à d’autres décideurs, ce serait d’aller tout de suite vers le bon cas d’usage, avec le bon partenaire et de ne pas rester trop longtemps dans une logique exploratoire. Nous avons perdu du temps sur ce point. Aujourd’hui, d’autres établissements peuvent sans doute accélérer plus vite », estime Nicolas Delaporte.

Le projet du CHU de Toulouse illustre le passage d’un SIH équipé à un SI de santé gouverné par la donnée.
En structurant ses flux, ses accès et ses usages avec InterSystems, l’établissement cherche à transformer une donnée dispersée en ressource exploitable pour les métiers, les parcours et les futurs échanges européens.

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration Transformation numérique au CHU de Toulouse : d’une vision stratégique orientée autour de la maîtrise de la donnée à la réalité des premiers cas d’usage

Transformation numérique au CHU de Toulouse : d’une vision stratégique orientée autour de la maîtrise de la donnée à la réalité des premiers cas d’usage

02 juin 2026 - 08:32,

Actualité

- Par Pauline Nicolas, DSIH

La production de données par les établissements de santé s’est sensiblement accrue ces dernières années, sans toutefois s’accompagner de leur meilleure structuration et exploitation. Face à ce constat, l’enjeu réside alors moins dans la collecte de la donnée que dans son contrôle, afin qu’elle devi...

Illustration EHDS : comment préparer dès aujourd’hui les systèmes d’information de santé

EHDS : comment préparer dès aujourd’hui les systèmes d’information de santé

11 mai 2026 - 23:35,

Actualité

- DSIH

L’EHDS n’est plus un sujet de prospective : c’est un chantier déjà ouvert. À SantExpo 2026, DSIH y consacrera une Agora le 21 mai, de 12h00 à 12h45, avec Isabelle Zablit, Christophe Le Dantec et Lân Guichot. Animé par Nicolas Schneider, ce rendez-vous décryptera ce que le règlement européen change d...

Illustration SantExpo 2026 : InterSystems accélère l’innovation en santé avec l’IA et des cas d’usage concrets

SantExpo 2026 : InterSystems accélère l’innovation en santé avec l’IA et des cas d’usage concrets

11 mai 2026 - 17:10,

Communiqué

- InterSystems

À l’occasion de SantExpo 2026, InterSystems propose un programme structuré autour de démonstrations, retours d’expérience et échanges entre pairs pour illustrer l’impact réel de l’intelligence artificielle et des plateformes de données dans les établissements de santé.

Illustration Accès transfrontalier aux données de santé dans l’UE : comment la technologie rend possible l’Espace européen des données de santé

Accès transfrontalier aux données de santé dans l’UE : comment la technologie rend possible l’Espace européen des données de santé

08 déc. 2025 - 23:22,

Tribune

-
Dimitrios KAKOULIS

La libre circulation dans l’Union européenne est une réalité. Travailler ou vivre dans un autre pays membre est devenu courant. Mais l’accès aux soins, lui, reste souvent limité par les frontières. Une opération urgente en vacances, un traitement commencé ailleurs – et les données médicales nécessai...

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.