Sécurité informatique en santé : Appel à l’informaticovigilance
Ne soyons pas naïfs. Il ne suffira pas de certifier les logiciels d’aide à la prescription pour éviter tout danger. Pas plus que la normalisation AFNOR des installations électriques a écarté tout risque d’électrocution. Parmi les principales faiblesses de notre système de soins et de nos systèmes d’information en santé, n’oublions pas que nous avons encore un bon déficit en matière de gestion des risques et de déclaration (et d’analyse) des incidents. Ici et là, des équipes hospitalières (de pharmaciens surtout) ont commencé à travailler sur les erreurs médicamenteuses liées à l’informatisation du circuit du médicament. Signalons notamment un remarquable travail de thèse signé d’Aurélie Constans-Brugeais qui a analysé ces erreurs en menant une enquête multicentrique auprès de 5 établissements de Basse-Normandie. Tandis que Bruno Charpiat, pharmacien aux HCL, a étudié pas moins de 7000 ordonnances sur une période de 4 ans pour identifier les diverses catégories d’erreurs. On peut aussi noter l’action de précurseur du CHRU de Brest qui a mis en place une structure de logicio vigilance. La connaissance est éparse, mais elle n’est pas nulle. Reste à la formaliser, à la structurer (une fiche de déclaration constituant une étape indispensable)… et à en tirer les enseignements nécessaires. Dans les dysfonctionnements logiciels, il n’y a jamais de bouc émissaire trop facile, ni de solution trop évidente. Il devient indispensable que les utilisateurs fassent remonter tous les risques si l’on veut vraiment aller vers des actions correctrices et préventives. C’est une véritable culture de l’informaticovigilance qui doit naître aujourd’hui dans le secteur de la santé.
D.L.
Le dossier des Bugs dans DSIH numero 9
Article Le Parisien ("Mort sur ordonnance")
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Partenariats : comment la cyber-résilience devient un critère de sélection stratégique
02 fév. 2026 - 21:53,
Tribune
-En 2024, 749 incidents cyber ont été signalés au CERT Santé (+29 % vs 2023), dont 230 ayant entraîné un mode dégradé ou une interruption de prise en charge, avec des niveaux de gravité et de durée variables selon les contextes. Dans le même temps, les sanctions CNIL atteignent désormais jusqu’à 800 ...

Pourquoi le parcours patient n’existe pas (encore)
02 fév. 2026 - 21:08,
Tribune
-Le parcours patient est devenu un mot-clé, presque un slogan. Il est omniprésent dans les discours stratégiques, les projets d’établissement et les feuilles de route numériques. Pourtant, dans les hôpitaux, il reste largement invisible. Les patients ressentent des ruptures, des lenteurs, des incohér...

D4Evolution 2026 : l’IA pour planifier et le Command Center pour piloter, quand l’efficience hospitalière devient une discipline à part entière
02 fév. 2026 - 10:55,
Actualité
- Par Pauline NicolasDans un environnement hospitalier caractérisé par d’importantes tensions sur les équipes et une accélération de la transformation numérique, la seconde conférence plénière de l’évènement annuel de Dedalus France a permis de présenter des solutions concrètes pour améliorer l’efficience hospitalière. ...

Le CHU de Montpellier mobilise 14,9 M€ pour structurer un projet d’intelligence artificielle hospitalière
29 jan. 2026 - 13:01,
Actualité
- Rédaction, DSIHLe CHU de Montpellier a fait état de la mobilisation d’un financement de 14,9 millions d’euros dans le cadre du programme France 2030 pour développer un projet d’intelligence artificielle hospitalière, baptisé Alliance Santé IA. L’initiative vise à structurer des usages d’intelligence artificielle à...
