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Avec les holographes et jumeaux numériques, la chirurgie cardiaque entre dans une nouvelle ère

Depuis août 2025, le Centre hospitalier universitaire de Rennes dispose d'un holoscope développé par la société israélienne RealView Imaging. Premier établissement français équipé, l'hôpital breton est le 3ème centre au monde à bénéficier de cette technologie, acquise avec le Fonds Nominoë, selon les équipes du CHU de Rennes.
Le dispositif convertit les données de scanners et d’échographies en hologrammes tridimensionnels affichés en temps réel dans la salle d’intervention. Projeté librement dans l’espace, au-dessus du patient, l’hologramme peut être manipulé directement par l’opérateur, qui interagit avec l’image en y introduisant la main ou un instrument, sans interface écran ni dispositif porté. Les praticiens peuvent ainsi mesurer les structures cardiaques sans contact et appréhender les anomalies complexes avant et pendant l’intervention, notamment pour les valvulopathies dont l’anatomie varie fortement d’un patient à l’autre. Dans les cardiopathies structurelles, l’intervention se déroule directement à l’intérieur des cavités cardiaques, et non le long d’un conduit vasculaire, ce qui modifie profondément les besoins en matière de visualisation per-opératoire.
Toulouse : de la fusion d’images au jumeau numérique cardiaque
À Toulouse, les développements récents en cardiologie interventionnelle s’inscrivent dans une trajectoire continue d’innovations en imagerie, amorcée dès le milieu des années 2010 et progressivement étendue à la cardiologie pédiatrique puis à la rythmologie.
Le CHU de Toulouse avait déjà testé en 2015 le système EchoNavigator de Philips, qui fusionne échographie 3D et fluoroscopie afin de guider les cathéters en temps réel dans le traitement d’anomalies cardiaques congénitales. Cette première européenne, réalisée en cardiologie pédiatrique, a permis d’améliorer le guidage des gestes interventionnels, d’éviter le recours à la chirurgie à cœur ouvert chez certains patients et de réduire la durée d’hospitalisation.
En septembre 2022, l’établissement occitan a expérimenté une sonde d'échographie transoesophagienne 3D miniaturisée conçue par General Electric, première mondiale en cardiologie pédiatrique. Adaptée aux enfants de plus de 5 kg contre 35 kg pour les sondes traditionnelles, elle permet d'examiner le cœur au bloc opératoire et d'éviter l'ouverture du thorax, lors d'interventions par cathétérisme.
En décembre 2025, le CHU de Toulouse a déployé InHEART, solution de jumeau numérique cardiaque fondée sur l’intelligence artificielle. Développée par la start-up InHEART et présentée lors des CHU HealthTech Connexion Day des 8 et 9 décembre à Bordeaux, la technologie transforme des images scanner ou IRM en modèles 3D intégrables aux systèmes de cartographie électro-anatomique afin de guider les ablations de troubles du rythme. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre de START’hu, plan stratégique du CHU de Toulouse dédié au développement et à l’intégration de technologies numériques et robotiques en pratique interventionnelle, lancé en 2024 et doté de 4,2 millions d’euros. Selon le communiqué de presse du CHU de Toulouse du 8 décembre 2025, le professeur Philippe Maury (hôpital Rangueil) rapporte une réduction de la durée des procédures d’environ cinq à deux heures et une amélioration du taux de réussite, de 60 % à 75 %.
Et ailleurs dans le monde
Ces initiatives françaises s’inscrivent dans un mouvement international plus large autour de la modélisation et de la visualisation tridimensionnelles numériques en cardiologie. Aux États-Unis, le Boston Children’s Hospital a structuré dès 2018 un programme de modélisation et de simulation cardiaque pédiatrique, ayant conduit à la création de plus de 1 000 modèles 3D numériques à partir d’imageries scanner et IRM. Ces modèles sont utilisés en routine pour la planification préopératoire et l’aide au geste chirurgical, notamment dans les cardiopathies congénitales complexes. Le programme s’appuie sur une équipe d’ingénieurs dédiée et sur des outils de simulation issus de l’aéronautique pour analyser les flux sanguins et concevoir des stratégies de réparation sur mesure.
Autre exemple, à Singapour : des procédures holographiques ont été conduites dès janvier 2022. Au Canada, le Toronto General Hospital a rapporté, à partir de 2023, des interventions exploratoires guidées en direct par cette technique.
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