Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Plusieurs mises en demeure de la Cnil sur la sécurité et la confidentialité de l’accès au DPI

27 fév. 2024 - 10:10,
Actualité - DSIH, Damien Dubois
Début février, la Cnil a mis en demeure plusieurs établissements de santé à propos de la sécurité du dossier patient informatisé, au motif que « les données des patients ne doivent être accessibles qu’aux personnes justifiant du besoin d’en connaître ».

Entre 2020 et 2024, la Cnil, Commission nationale de l’informatique et des libertés, a réalisé 13 contrôles auprès d’établissements de santé à la suite de plusieurs alertes concernant des accès illégitimes aux données de patients contenues dans le dossier patient informatisé.

Une gestion des habilitations inadaptée

Il est en ressorti que la politique de gestion des habilitations était parfois inadaptée aux besoins des établissements. Des professionnels de santé ne participant pas à la prise en charge du patient ont ainsi pu accéder à des informations relatives à ce dernier.

La présidente de la Cnil a ainsi mis en demeure plusieurs établissements, sans donner leur nom, de prendre les mesures permettant de préserver la sécurité et la confidentialité des données du DPI. Des mesures correctrices sont prévues courant 2024 contre d’autres établissements.

Pour rappel, une mise en demeure est une injonction adressée à un responsable de traitement ou à un sous-traitant de cesser un ou plusieurs manquement(s) constaté(s) au règlement général sur la protection des données (RGPD) dans un délai fixé. Elle intervient après une plainte reçue par la Cnil ou un contrôle (en ligne ou sur place) effectué auprès d’un organisme. Une mise en demeure ne constitue pas une sanction.

Elle reprend les faits et les manquements constatés par la Cnil et détaille ce qui est attendu des responsables de traitements ou des sous-traitants concernés pour se mettre en conformité.

Les mesures de sécurité à adopter

Les établissements de santé concernés doivent ainsi mettre en place trois types de protection des dossiers patients informatisés :

  • Sécuriser les accès au système grâce à une politique d’authentification robuste (notamment des mots de passe suffisamment complexes) ;
  • Prévoir des habilitations spécifiques pour que chaque professionnel de santé ou agent de l’établissement n’accède qu’aux dossiers dont il a à connaître. Cette politique d’habilitation doit combiner deux critères :
    • D’une part, le métier exercé. Ainsi, un agent responsable de l’accueil des patients dans la structure ne doit accéder qu’au dossier administratif du patient et non à ses données médicales, alors qu’un médecin pourra également accéder aux données médicales ;
    • D’autre part, les habilitations doivent tenir compte de la notion d’équipe de soins telle que définie par la loi (art. L. 1110-12 du Code de la santé publique), afin que seuls les professionnels effectivement impliqués dans la prise en charge d’un patient ou dans les soins qui lui sont prodigués puissent avoir accès aux informations couvertes par le secret médical.

Recommandations particulières et mode « bris de glace »

Il est par ailleurs recommandé aux établissements de santé de prévoir des mesures de confidentialité renforcées pour certains dossiers particuliers tels que les dossiers de patients provenant d’un établissement pénitentiaire.

La Cnil insiste également sur les habilitations complémentaires accordées en mode « bris de glace ». En cas d’urgence, il permet aux agents administratifs et professionnels de santé d’avoir accès à d’autres données pour tout patient, ce mode d’urgence devant bien sûr être particulièrement bien tracé et surveillé pour justifier des conditions de son utilisation.

Traçabilité par la journalisation

Le dernier point d’attention est la traçabilité des accès au DPI par la journalisation qui permet de savoir qui s’est connecté à la base, à quel moment et à quoi. Cette traçabilité s’accompagne de contrôles réguliers pour détecter les accès frauduleux ou illégitimes. Un système d’analyse automatique des journaux de connexion permet de repérer les accès qui semblent anormaux, comme un nombre trop élevé de dossiers consultés, ou un usage fréquent du mode « bris de glace ».

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration Identité numérique en santé : l’application carte Vitale change de dimension

Identité numérique en santé : l’application carte Vitale change de dimension

17 fév. 2026 - 00:02,

Actualité

- Rédaction, DSIH

La publication au Journal officiel d’un référentiel dédié à l’usage de l’application carte Vitale comme solution d’authentification à distance introduit une évolution plus stratégique que technique. Jusqu’ici perçue comme la déclinaison mobile de la carte physique, l’application est appelée à deveni...

Illustration Accès aux dossiers médicaux : attention aux règles d’habilitation !

Accès aux dossiers médicaux : attention aux règles d’habilitation !

11 fév. 2026 - 10:26,

Actualité

-
Alexandre FIEVEÉ &
Alice ROBERT

Un établissement de santé a encore récemment été sanctionné [1] pour avoir mal configuré les règles d’habilitation de son personnel accédant aux dossiers médicaux.

Illustration Souveraineté numérique : la Plateforme des données de santé migrera directement vers un cloud SecNumCloud d’ici fin 2026

Souveraineté numérique : la Plateforme des données de santé migrera directement vers un cloud SecNumCloud d’ici fin 2026

10 fév. 2026 - 08:02,

Actualité

- Rédaction, DSIH

Sous l’impulsion du gouvernement, la Plateforme des données de santé change de cap : l’État abandonne la solution “intercalaire” pour migrer directement le Système national des données de santé (SNDS) vers un cloud souverain qualifié SecNumCloud, avec une copie complète attendue fin 2026. Cette déci...

Illustration RGPD chez France Travail : les questions de fond

RGPD chez France Travail : les questions de fond

02 fév. 2026 - 22:49,

Tribune

-
Cédric Cartau

Vous n’avez pas pu la rater cette amende de 5 millions d’euros infligée par la Cnil à France Travail. On se souvient que l’organisme public a été la victime d’un vol massif de plus de 35 millions de données personnelles : les noms et prénoms, les numéros de sécurité sociale, les identifiants France ...

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.