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Quand le concept de souveraineté numérique était « extrémiste »…
Cet entretien d’une heure, mené par le cardiologue et journaliste Fabien Guez, a été l’occasion pour Axelle Lemaire d’aborder les enjeux sur lesquels elle travaille à la Croix-Rouge française, notamment l’illectronisme. C’est « un problème social qui concerne 13 millions de personnes et qui n’est pas traité », a-t-elle regretté. « Le problème est plus grave que ce que l’on pensait », assure Axelle Lemaire. Pour preuve, les 80 conseillers numériques France Services recrutés par la Croix-Rouge, lorsqu’ils se rendent dans les territoires et dans les structures de soins, sont « happés par le personnel des établissements, qui disent que leur imprimante a planté, qu’ils ne peuvent pas accéder à leur fiche de paie… Des choses vraiment basiques qui relèvent du quotidien pour des usagers formés ».
L’ancienne secrétaire d’État, qui a eu lors de son mandat d’importantes difficultés à « faire comprendre que dématérialiser à 100 % créerait des coûts induits » se félicite de constater que le programme France Relance a pour la première fois prévu des crédits (180 millions d’euros) pour accompagner le médiateur du numérique, même si cette somme est faible par rapport aux enjeux.
À découvrir → Journées nationales du numérique à l’hôpital : les enjeux à venir
L’entretien s’est poursuivi avec un retour sur la genèse de la loi pour une République numérique, fruit d’un processus inédit de consultation qui a débuté fin 2014 par une concertation nationale sur les enjeux du numérique et s’est poursuivi à l’automne 2015 par une consultation en ligne sur le texte de l’avant-projet de loi, avant sa promulgation le 7 octobre 2016. La loi a notamment permis des ouvertures sur le sujet de l’open data, a souligné Axelle Lemaire.
Le débat s’est ensuite porté sur le sujet de la souveraineté numérique. « Quand Arnaud Montebourg avait fait un scandale parce que Dailymotion devait être racheté par une entreprise américaine et avait parlé d’une attaque contre la souveraineté industrielle de la France, tous les patrons du CAC 40, les fondateurs de start-up, les journalistes des médias économiques, etc. avaient dénoncé “cet extrémiste qui parle de souveraineté” », a-t-elle rappelé. « Aujourd’hui, le mot est dans la bouche du président de la République tous les quatre matins. »
L’ancienne secrétaire d’État a détaillé sa vision de la souveraineté numérique : « J’y vois une difficulté des pouvoirs publics à imposer des normes à des entreprises étrangères qui adhèrent à un socle de valeurs et de principes qui ne sont pas forcément ceux qui constituent le modèle français, y compris dans son socle réglementaire, et qui parviennent à les imposer du fait de leur puissance. »
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