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La bienveillance serait-elle en train de quitter le navire chez les défenseurs ?
Il y a deux semaines, le CH Sud Francilien rejoignait douloureusement la liste des établissements de santé victimes de rançongiciels. Par « chance », même si cet incident a eu impact important sur l’organisation des soins, transferts de patients à risques, réorientation…, aucun impact sanitaire n’est à déplorer.
Ce triste évènement a fait surgir de nulle part de nombreux experts en sécurité, qui pour certains arrivaient de belles solutions inapplicables au contexte d’un centre hospitalier et une méconnaissance assez impressionnante des sujets techniques et réglementaires, bref, le sujet a déjà été évoqué.
Si l’incident a ému une nouvelle fois et généré un élan de solidarité, l’attitude de certains professionnels du secteur est assez navrante.
Des commerciaux qui se ruent sur les RSSI santé pour tenter de leur vendre bien vite des produits et services de sécurité : « vous avez vu ce qu’il s’est passé à Corbeil-Essonnes, si vous ne voulez pas que ça vous arrive... »
Des éditeurs de solutions dites « souveraines » qui affichent maladroitement leur soutien au CH Sud Francilien en indiquant qu’avec leur produit, « ça ne serait jamais arrivé ».
Même si c’est tout à fait probable, ça semble un peu déplacé, et dans les faits, impossible à prouver. Quand on voit le nombre de vulnérabilités 0 day corrigées chaque année dans le navigateur Chrome et qu’on imagine l’investissement en termes de sécurité que Google doit réaliser sur ce projet, je pense que nous pouvons tous rester modestes…
Une nouvelle fuite de données publiée ce dimanche 4 septembre, nous rappelle, une fois encore, que personne n’est à l’abri. Un grand prestataire français du domaine, a vu une liste de plus de 1500 de ses clients de son service de SOC externalisé, être diffusée publiquement. Liste dans laquelle on peut retrouver les noms, prénoms, fonctions, adresses de courriels, numéros de téléphone, structures…

Dans cette liste, on retrouve notamment des RSSI d’établissements de santé français de toutes tailles, qui pour certains, ont eu le privilège de recevoir des appels bienveillants de prestataires concurrents leur proposant de migrer leur SOC chez eux… On imagine parfaitement la modestie des interlocuteurs, là encore.
Soyons #TOUSCYBERVIGILANTS et surtout, soyons #TOUSCYBERBIENVEILLANTS
L'auteur

Chef de projet sécurité numérique en santé - GCS e-santé Pays de la Loire Charles Blanc-Rolin est également vice-président de l’APSSIS(Association pour la promotion de la Sécurité des Systèmes d'Information de Santé)
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