Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Intelligence artificielle, algorithmes d’aide à la décision et à la thérapeutique : quelles exigences pour les utilisateurs des établissements de santé ?

24 mai 2022 - 09:49,
Tribune - Marguerite Brac de La Perrière
Dans le précédent volet, les obligations des professionnels utilisant des outils d’intelligence artificielle (IA), dans le cadre d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins, ont été présentées. L’objet du présent papier est de s’intéresser aux obligations des établissements de santé en cas de recours à un éditeur fournissant un système d’IA.

Tout d’abord, avant toute utilisation des systèmes d’IA générant des traitements de données à caractère personnel, il appartient à l’établissement de santé, en sa qualité de responsable du traitement au sens du RGPD, de s’assurer que l’éditeur du système, en sa qualité de sous-traitant, présente les garanties suffisantes quant à la mise en œuvre des mesures techniques et organisationnelles appropriées de manière que le traitement réponde aux exigences du RGPD. En ce sens, tout établissement de santé doit requérir de la part de l’éditeur un plan d’assurance sécurité et/ou un projet d’analyse d’impact sur le périmètre fonctionnel concerné, ainsi que la documentation technique pertinente, en tenant compte des risques spécifiques des systèmes d’IA par rapport à des systèmes d’information classiques, les capacités d’apprentissage automatique augmentant la « surface d’attaque » de ces systèmes, en introduisant de nombreuses nouvelles vulnérabilités (voir le dossier Linc Cnil).

Bien sûr, chaque système d’IA doit permettre le respect des mesures de la PGSSI-S et être hébergé par un hébergeur certifié de données de santé en Europe ou, en cas de recours à un prestataire américain, faire l’objet de dispositions supplémentaires de nature à exclure la possibilité d’accès aux données des services de renseignements américains.

Pour mémoire, les marchés et/ou contrats à conclure doivent inclure un « data processing agreement » définissant les caractéristiques des traitements confiés et les engagements de l’éditeur, notamment à l’égard du recours à des sous-traitants ultérieurs, ainsi que l’annexe Hébergement de données de santé requise par la réglementation.

Outre les mesures de sécurité propres au système d’IA utilisé, les mesures de sécurité habituelles pour un traitement utilisant des données personnelles ou ayant des conséquences pour les personnes doivent être mises en place et, le cas échéant, évaluées dans le cadre d’une analyse d’impact.

Une attention particulière doit être portée aux conditions de réutilisation éventuelle des données traitées à l’aide du système d’IA par l’éditeur aux fins d’amélioration de l’algorithme, dont la maîtrise incombe à l’établissement seul décisionnaire.

Article connexeIntelligence artificielle, algorithmes d’aide à la décision et à la thérapeutique, comment la garantie humaine doit-elle être mise en œuvre ? quelles exigences pour les utilisateurs professionnels de santé ?

Par ailleurs et classiquement, l’établissement de santé devra s’assurer du bon niveau de marquage CE médical : classe II a) en matière d’aide au diagnostic ou d’aide à la thérapeutique conformément au règlement relatif aux dispositifs médicaux, et non classe I comme certains dispositifs d’aide au diagnostic mis sur le marché.

Enfin, la conformité aux exigences du projet de règlement sur l’intelligence artificielle doit être établie dans la documentation technique relative au système d’IA à haut risque. La notice d’utilisation doit permettre aux utilisateurs de l’établissement non seulement d’interpréter les résultats du système et de l’utiliser de manière appropriée, c’est-à-dire conformément à sa destination d’usage, mais aussi d’être en mesure d’exercer un contrôle humain.

Rappelons que les sanctions encourues en matière de protection des données et en matière d’intelligence artificielle sont similaires, les dernières pouvant toutefois s’élever jusqu’à 30 millions d’euros s’agissant des exigences relatives à la gouvernance des données.


L’auteure

Avocate associée du cabinet Lerins & BCW, Marguerite Brac de La Perrière est experte en santé numérique.
Elle accompagne les acteurs de la santé dans leur conformité réglementaire, leur développement et leur croissance, notamment en matière de traitement ou de réutilisation des données et de contrats.
[email protected] 

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration D4Evolution 2026 : l’IA pour planifier et le Command Center pour piloter, quand l’efficience hospitalière devient une discipline à part entière

D4Evolution 2026 : l’IA pour planifier et le Command Center pour piloter, quand l’efficience hospitalière devient une discipline à part entière

02 fév. 2026 - 10:55,

Actualité

- Par Pauline Nicolas

Dans un environnement hospitalier caractérisé par d’importantes tensions sur les équipes et une accélération de la transformation numérique, la seconde conférence plénière de l’évènement annuel de Dedalus France a permis de présenter des solutions concrètes pour améliorer l’efficience hospitalière. ...

Illustration Le CHU de Montpellier mobilise 14,9 M€ pour structurer un projet d’intelligence artificielle hospitalière

Le CHU de Montpellier mobilise 14,9 M€ pour structurer un projet d’intelligence artificielle hospitalière

29 jan. 2026 - 13:01,

Actualité

- Rédaction, DSIH

Le CHU de Montpellier a fait état de la mobilisation d’un financement de 14,9 millions d’euros dans le cadre du programme France 2030 pour développer un projet d’intelligence artificielle hospitalière, baptisé Alliance Santé IA. L’initiative vise à structurer des usages d’intelligence artificielle à...

Illustration Mon espace santé veut devenir un pivot de la prévention personnalisée et de la coordination des soins

Mon espace santé veut devenir un pivot de la prévention personnalisée et de la coordination des soins

29 jan. 2026 - 12:07,

Actualité

- Rédaction, DSIH

Quatre ans après son lancement, Mon espace santé franchit une nouvelle étape. Après avoir concentré ses efforts sur l’alimentation massive et sécurisée des données de santé, le carnet de santé numérique public entend désormais se positionner comme un outil central de prévention personnalisée et de c...

Illustration D4Evolution 2026 : la transformation numérique et l’IA au service de l’efficience opérationnelle, de la qualité des soins et du bien-être des soignants

D4Evolution 2026 : la transformation numérique et l’IA au service de l’efficience opérationnelle, de la qualité des soins et du bien-être des soignants

29 jan. 2026 - 11:46,

Actualité

- Par Pauline Nicolas

La 8ème édition de l’évènement annuel de Dedalus France, qui s’est tenue à Paris le 22 janvier, était placée sous l’égide de l’efficience opérationnelle. Dès l’ouverture de cette journée, Guillem Pelissier, Directeur Général France de Dedalus, a porté un message clair : « Il faut concevoir le numéri...

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.