L’innovation à la porte de l’hôpital

Population vieillissante, maladies chroniques en forte hausse, pandémie aux séquelles incalculables… Comment faire face, avec un effectif de médecins inchangé depuis 2012 et des parcours de soins qui deviennent de plus en plus complexes ?
L’innovation numérique apparaît comme la solution idéale pour soutenir notre système de soins, dont l’avenir s’annonce difficile. Pourtant, elle peine encore à passer la porte de l’hôpital.
Pour les éditeurs de solutions, le déploiement sur le marché peut se révéler un vrai parcours du combattant. On compte jusqu’à un an de travail pour déployer une nouvelle application au sein d’une structure de santé, sans aucune économie d’échelle : l’opération sera répétée pour chaque établissement auquel la solution souhaite s’intégrer. Il en résulte un périlleux chantier pour des entreprises du secteur tech plus taillées pour la réactivité que pour la course de fond…
La situation devient également un vrai casse-tête pour les DSI : garants de la maintenance d’un portefeuille d’applications qui ne cesse de croître (on compte à ce jour en moyenne plus de 200 logiciels dans un CHU), ils doivent répondre aux demandes de plus en plus nombreuses des professionnels de santé pour l’adoption de nouveaux outils, tout en assurant un niveau de sécurité adéquat et en étant tenus de limiter l’envolée des coûts opérationnels liés aux déploiements.
Reste que, si l’innovation peine à entrer à l’hôpital, elle sait changer de forme pour passer la porte.
En prolongement des référentiels conçus par l’État, la solution pourrait emprunter les modèles de plateformes d’interconnexion déjà éprouvées dans l’informatique d’entreprise et la téléphonie mobile.
L’émergence d’une plateforme similaire adaptée au monde des soins fédérerait les acteurs de l’écosystème, en supprimant la problématique majeure : les complexités de déploiement et d’interopérabilité des solutions.
Ainsi, les solutions les plus pertinentes pour soutenir la pratique du soin n’auraient plus à compter de trois à cinq ans avant d’atteindre une masse critique et être suffisamment déployées.
À l’image d’une application mobile immédiatement disponible lors de sa sortie sur le store de nos smartphones, les solutions d’e-santé pourraient directement bénéficier d’une audience conséquente, et les DSI pourraient être en mesure de gérer facilement leur portefeuille d’applications à moindre coût. L’hôpital n’y gagnerait pas seulement du temps et de l’argent : il bénéficierait d’un choix élargi de solutions, laissant le médecin oublier l’ordinateur pour retourner au patient.
Une plateforme permettant à tous les acteurs du système de santé de véritablement soigner ensemble est à l’horizon. Elle s’appuie sur des piliers techniques fondamentaux, que nous présenterons au prochain épisode.
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