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Covid-19 : les DSI face à la crise – Laurent Karmusik, DSI du GHT Nord-Ardenne
Comment la DSI du Centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes est-elle entrée dans la crise ? Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?
Nous avons essayé d’anticiper le plus possible cette crise en suivant les directives de l’Agence régionale de santé et du ministère de la Santé. Mais quand la crise a vraiment démarré, l’afflux massif et rapide de demandes provenant du biomédical, des équipes techniques et des soignants nous a posé problème. Dans l’urgence, ces demandes étaient parfois contradictoires, comme celle qui consistait à informatiser une unité Covid-19 avant de modifier finalement son affectation. La cellule de crise du China a permis de mieux gérer les demandes. Les échanges réguliers avec cette cellule ont également facilité la coordination entre les systèmes d’information en évitant de faire et de défaire.
Avec le passage en confinement, le 17 mars, nous avons également dû gérer très vite la mise en place du télétravail, avec des solutions suffisamment sécurisées pour protéger nos réseaux tout en offrant des conditions de travail acceptables pour le personnel confiné. Nous avons privilégié l’installation des applications professionnelles sécurisées du China sur le matériel personnel. Certains services administratifs avaient besoin de pouvoir scanner des documents, et nous avons été jusqu’à prêter du matériel de l’hôpital à des salariés en télétravail ou équiper dans la mesure de nos moyens certains agents dénués de matériel informatique personnel ou dont l’équipement était obsolète ou vieillissant.
Pour l’ensemble du China, nous sommes passés en une semaine de 203 comptes existants avant la crise à 345. Afin de sécuriser et d’accompagner au mieux ce besoin d’accès distants supplémentaires, la Hotline et l’équipe Réseau ont été renforcées pour répondre en urgence à l’ensemble de ces demandes dans un délai très court. À la DSI, plus de la moitié de l’effectif est passée en télétravail permanent.
Parallèlement, nous avons déployé des tablettes dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Nous en avons également équipé les services de réanimation et de médecine infectieuse afin de maintenir le lien des résidents et des patients avec leur famille et leurs proches, dont certains provenaient de Mulhouse et de Colmar.
Comment avez-vous géré l’augmentation du nombre de lits de réanimation ?
À Charleville-Mézières, les 12 lits existants de réanimation ont été mobilisés pour le Covid-19 et nous avons réarmé 24 lits supplémentaires, notamment dans un service clinique de chirurgie ambulatoire. Nous sommes ainsi passés de 12 lits de réanimation à 36, dont 26 dédiés au Covid et 10 aux autres pathologies.
Concrètement, nous avons dû modifier le fichier structure pour ajouter ces lits supplémentaires dans l’unité fonctionnelle de réanimation. Puis nous avons étendu les droits aux équipes soignantes des blocs opératoires et des salles de réveil venues en renfort, dont certaines en provenance du privé. Ces transformations ont nécessité de nombreux paramétrages et des formations pour permettre une coopération étroite entre tous.
Concernant l’informatisation des lits, nous avons opté pour l’installation de postes informatiques sur des chariots roulants, à l’entrée des chambres individuelles du service clinique de chirurgie ambulatoire réaffecté. Le couloir n’est pas aussi large qu’en réanimation. Ces chariots facilitent la manipulation des lits dans cette unité provisoire et la saisie des données médicales dans le dossier patient informatisé. Enfin, il nous a fallu paramétrer en urgence un nouveau flux HL7 pour connecter ces postes aux appareils biomédicaux, afin de récupérer automatiquement les constantes de télémétrie et d’éviter aux soignants des ressaisies manuelles.
Grâce à une grande solidarité et à la mobilisation de moyens pour répondre à cette crise du Covid-19, les réorganisations ont pu se faire en des temps records, bien plus courts que ceux qui auraient été nécessaires dans des circonstances ordinaires.
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