Publicité en cours de chargement...
SI & GHT : la parole à Emmanuel Mougeotte, directeur général d’Agfa HealthCare
DSIH : Les GHT ont-ils transformé la relation entre les établissements de santé et les éditeurs ?
Emmanuel Mougeotte : La mise en œuvre des GHT a entraîné une plus grande maturité informatique des établissements de santé. Cette professionnalisation de nos clients nous tire vers le haut.
Le déploiement des DPI s’est fait avec plus ou moins de succès en France, mais le retour d’expérience a abouti à une prise de conscience partagée du challenge, identique en termes de convergence, concernant les marges de progression et le besoin d’accompagnement. En effet, dans un établissement, la CME, qui en définit le cadre, facilite la gestion de projet. Pour ce qui est des GHT, plusieurs entités juridiques cohabitent, et la loi stipule qu’ils doivent collaborer.
Les établissements exigent donc un plus grand niveau de professionnalisme de notre part et expriment un besoin d’accompagnement ou de conseil beaucoup plus fort de la part des éditeurs.
Quelles stratégies adoptent les établissements pour aller vers la convergence ?
Emmanuel Mougeotte : Il n’y a pas deux GHT identiques. Ce sont à chaque fois des territoires, des organisations, des pratiques, des situations politiques, des enjeux techniques et des rythmes différents. L’un des facteurs clés de réussite réside dans l’anticipation et la préparation. L’exemple du Centre hospitalier du Centre Bretagne, à Pontivy, l’a montré lors du déploiement du DPI. Son équipe projet soudée, où tous les métiers de l’hôpital sont représentés, a permis à chacun de s’adapter aux pratiques des autres.
Saint-Lô représente également un bel exemple de réussite, grâce à une équipe projet fantastique, coordonnée par un médecin. Son emploi du temps a été dégagé pour le projet fonctionnel de déploiement du DPI. Il a su faire le lien entre les besoins de l’équipe projet, du terrain et de l’éditeur. Nous retrouvons ce modèle d’équipe métiers dans les centres où la structuration du GHT se passe bien. Il est, à mon sens, nécessaire, mais pas forcément suffisant. Il s’agit ensuite pour nous de trouver la bonne articulation avec cette équipe.
Justement, en quoi votre positionnement est-il modifié ?
Emmanuel Mougeotte : Nous mettons plus que jamais le patient au cœur de nos ambitions. Dans notre pratique, nous ne sommes pas au contact direct du patient, mais notre rôle consiste à simplifier le quotidien de ceux qui le prennent en charge. Nous devons être capables de nous adapter à toutes les situations.
Le premier principe est donc de disposer d’un portefeuille large et modulaire pour nous adapter. L’objectif n’est pas de déployer toutes nos solutions partout, mais d’analyser ce qui est pertinent et de le proposer sur mesure. Si je reprends l’exemple de Pontivy, en 2016, en structurant le GHT, le groupe projet a identifié un besoin lié aux Ehpad du groupement. Il s’est adressé à nous, et nous avons développé ensemble un module dédié.
Le deuxième principe est de nous placer dans des approches d’interopérabilité basée sur des standards et d’éviter tout mécanisme propriétaire. Il faut que les différents modules puissent interagir avec des solutions déjà en place ou prévues dans le cadre du GHT.
Le troisième principe est l’accompagnement au-delà des déploiements techniques. La conduite du changement et l’adoption des solutions mises en place constituent une attente croissante des établissements, mais, là aussi, l’accompagnement doit être modulable, de la fourniture d’outils avec une présence a minima à une gestion clé en main. Il ne faut en effet pas oublier l’enjeu financier considérable qui pèse sur les établissements.
Et vous êtes donc optimiste ?
Emmanuel Mougeotte : Oui. La tendance se confirme dans les régions où nous avions identifié une bonne dynamique. Et, là où elle était a priori moins favorable, les choses sont en train de changer. De notre côté, nous avons beaucoup appris de nos expériences passées, notamment avec l’AP-HP.
Avec les GHT, le marché bouge au bon moment, et la France n’échappera pas aux règles de tout marché : une consolidation des acheteurs est forcément suivie d’une consolidation des vendeurs. En tant que premier éditeur européen de solutions IT pour les établissements hospitaliers, nous sommes donc parfaitement positionnés dans le cercle restreint des acteurs qui assureront cette consolidation.
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.
HospiConnect au CH d’Arles : la fin des reconnexions à répétition
05 mai 2026 - 07:59,
Actualité
- Pierre Derrouch, DSIHLauréat de la phase alpha du programme national HospiConnect, le Centre Hospitalier d'Arles a déployé une solution d'authentification unifiée par carte professionnelle sans contact dans ses services pilotes : chirurgie ambulatoire et urgences. Cadre de santé, aide-soignant, praticien hospitalier et ...

ZenIA, l’IA utile qui transforme les processus hospitaliers
05 mai 2026 - 07:53,
Tribune
- ZenidocDans la santé, l’enjeu n’est plus seulement d’accéder à des modèles performants, mais de les intégrer aux usages réels. Avec ZenIA, Zenidoc défend une IA concrète, souveraine et opérationnelle, capable d’agir sur les processus hospitaliers, de la préparation de l’information à sa diffusion dans le d...
Centre hospitalier de Moulins-Yzeure : conserver une capacité de coordination lorsque la crise survient
05 mai 2026 - 07:15,
Actualité
- Fabrice Deblock, DSIHPlan Blanc, cyberattaque, intoxication… Les établissements de santé doivent piloter des crises impliquant SAMU, services, direction de garde et partenaires extérieurs. Au CH de Moulins-Yzeure, les solutions CrisiSoft structurent l’alerte, le suivi des ressources et la coordination territoriale.

David Sainati nommé délégué au numérique en santé par intérim
04 mai 2026 - 22:31,
Actualité
- Rédaction, DSIHPar un décret publié au Journal officiel du 16 avril 2026 (JORF n°0090, Légifrance), le gouvernement a officialisé la nomination de David Sainati comme délégué au numérique en santé par intérim.
