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Lancement d’une plateforme de téléconsultation dans le département de la Manche
La téléconsultation : pourquoi ?
La fréquentation des urgences normandes a augmenté de 15% ces cinq dernières années alors que le taux d’hospitalisation à l’issue d’une admission est lui descendu de 24 à 18%. Cette initiative de salle de téléconsultation a donc entre autres pour objectif de limiter la fréquentation des urgences, les hospitalisations inopportunes, mais aussi les coûts de transports sanitaires, grâce à un parcours de soins spécifique dédié aux patients sans médecin traitant.
Installée dans la maison médicale du territoire de Saint-Georges-de-Rouelley (8 140 habitants), cette nouvelle salle de télémédecine est équipée d’outils de diagnostic (balance, thermomètre, saturomètre, stéthoscope, etc.) ainsi que d’une caméra ORL et d’un ECG. Toutes les télétransmissions sont chiffrées et sécurisées pour protéger les données médicales. La plateforme est conçue sur mesure pour s’adapter continuellement aux besoins du territoire, des patients mais aussi des professionnels de santé. Agile, elle permet de coordonner l’ensemble des actes de téléconsultation, de l’éligibilité clinique et administrative au suivi post-consultation. Elle supporte ainsi la coordination de l’ensemble des actes de téléconsultation. L’efficacité de la plateforme est telle que l’URML envisage de la reproduire et de la personnaliser, pour de futurs autres projets de télémédecine.
Fonctionnement des téléconsultations
Un infirmier libéral assure une permanence et accompagne le patient durant la téléconsultation. Anticipant la réforme de Santé et le recueil des paramètres de santé avant la consultation, l’assistance des infirmiers est centrale et donne au médecin une vue d’ensemble de l’état de santé du patient avant de démarrer la téléconsultation. Les outils numériques facilitent ensuite l’établissement du diagnostic : « avec la caméra haute résolution nous voyons même mieux certaines choses qu’en réel », affirme le Dr Grégory Szwarc, pilote du projet
L’implication des infirmiers renforce la qualité et la personnalisation du parcours de soins qui est coordonné dans son intégralité. « La téléconsultation crée une nouvelle relation entre le médecin et le patient, l’appui de la technologie laisse davantage de place à la communication pour établir le diagnostic » explique Chantale Mulot, infirmière libérale participant au projet. Pré et post consultation, le patient est orienté avec des conseils thérapeutiques et des mesures d’hygiène à adopter.
Une offre de soins renforcée pour le patient
La télémédecine intervient sur ce territoire manchois comme une nouvelle pratique médicale qui complète et renforce l’offre de soins existante. Les infirmiers libéraux grâce à leur maillage territorial maîtrisent parfaitement les problématiques et les enjeux locaux.
Pour le moment, l’accès des patients aux téléconsultations est réservé aux patients n’ayant pas de médecin traitant et ayant vu un médecin en consultation physique au moins deux fois dans l’année. La plateforme numérique permet notamment de vérifier l’éligibilité clinique et administrative des patients, de leur attribuer un numéro qui leur donne ensuite accès à un suivi avant, pendant et après la téléconsultation. Depuis le 15 septembre 2018, les consultations médicales par visioconférence sont prises en charge par l’Assurance maladie au même titre que les consultations physiques. Ni les tarifs, ni la répartition de la prise en charge entre la Sécurité sociale et la mutuelle ne changent.
Cas d’école
Le patient est désormais inclus dans un parcours de soins coordonné au sein de la plateforme territoriale, malgré l’absence de médecin traitant. Grâce à ce nouveau dispositif de télémédecine, une prise en charge aux urgences a été évitée et le patient a bénéficié d’un service complet enrichi par les conseils thérapeutiques de l’infirmier.
Face à l’augmentation constante de sa population et au vieillissement des médecins locaux, le maire de Saint Georges de Rouelley a confié ses inquiétudes à son propre médecin, qui l’a alors mis en relation avec le Dr Sabatier, médecin spécialiste de la télémédecine et professeur de e-Santé à l’Université de Caen. Dès lors des études sont menées auprès des citoyens et des professionnels de santé en collaboration avec les CPAM et la MSA, qui confirment la nécessité de développer l’offre de soins. La Manche est un territoire tourné vers l’innovation et les technologies de pointe, le projet de télémédecine porté par le Dr Szwarc a donc pu être développé et accueilli positivement. Expert en télémédecine et en problématiques territoriales de santé publique, il a fédéré tous les acteurs de santé (l’ARS Normandie (Agence Régionale de Santé), l’URML (Unions Régionales des Médecins Libéraux), l’URPS (Unions Régionales des Professionnels de Santé), NeS, groupement de coopération sanitaire Normand’e-santé mais aussi les CPAM et la MSA) ainsi que les acteurs publics territoriaux (la Communauté d’Agglomération Mont Saint Michel Normandie, le département de la Manche, la région Normandie, UniCaen et la DDTMM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Manche). Co-construit et financé par des acteurs à la fois publics et privés, le projet de télémédecine de Saint-Georges-de-Rouelley est entièrement adapté aux besoins du territoire Sud Manche et contribue à développer son attractivité.
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