Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

La guerre des intelligences, selon le Dr Alexandre

04 sept. 2018 - 11:07,
Tribune - Cédric Cartau
Je ne m’en cache pas, je suis un fan des ouvrages du Dr Laurent Alexandre (comment donc, vous n’avez encore pas lu La Mort de la mort ?) ; j’ai donc mis à profit l’été pour lire son dernier ouvrage : La Guerre des intelligences. Et j’ai adoré.

La question que pose le Dr Alexandre est simple : dans un monde où l’IA arrive à grand pas et finira de toute manière par surpasser à la puissance mille les capacités du cerveau humain, comment doit se réorganiser le système éducatif pour faire face aux enjeux de formation des jeunes générations, comment la société doit-elle structurer ses relations avec cette IA (qui finira par devenir planétaire), comment vont évoluer les emplois et, de façon plus large, l’humanité ?

Vaste programme s’il en est, qu’il faut tout de même pondérer par un bémol de taille : cela fait au bas mot 50 ans que l’on nous annonce que l’IA va supplanter nos neurones et, pour l’instant, à part dans des domaines ciblés où la réussite est indéniable (analyse des radiographies, Big Data et j’en passe), dans la plupart des activités humaines nous n’avons aucun compétiteur. Je peux jouer aux échecs (je perdrai), puis au go (je perdrai aussi), puis aller conter fleurette à la voisine du dessus (pas sûr que j’arrive à conclure) et aller chercher dans la foulée une baguette de pain à vélo : que l’on me montre un robot prétendument doté d’intelligence capable d’enquiller cela en un après-midi…

Bref, dans l’hypothèse où l’IA et le deep learningtiendraient leurs promesses (pas avant plusieurs décennies), l’humanité va-t-elle devenir le larbin d’une IA orwellienne ou va-t-on se bouger pour survivre à ce défi et ne pas devenir les dinosaures des livres d’histoire des arrière-arrière-arrière…, etc. petits-enfants des IA du xxiesiècle ? En substance, le Dr Alexandre ne voit que deux échappatoires : le transhumanisme (manipulations génétiques maîtrisées destinées à augmenter nos capacités physiques et intellectuelles) ou la cohabitation cerveau-silicium (implants neuronaux dans le cortex ou dans toute autre partie du corps qui vous siéra). Solutions (si elles sont viables, pas gagné) qui posent d’autres problèmes : comme seule une petite partie de la société humaine aura accès à ces technologies (ceux qui pensent que le futur sera forcément plus égalitaire peuvent arrêter de lire l’article), vont cohabiter des surhommes au QI de 300 avec des arriérés mentaux au QI de « seulement » 100 (ce qui, au passage, est la moyenne des lecteurs et de l’auteur de ces lignes).

Dans ce contexte, que devra garder l’humanité pour rester encore humaine ? Quelle est la ligne rouge à ne pas franchir dans les mutations biologiques ou technologiques ? Selon le Dr Alexandre, il faut préserver le corps (au sens de son intégrité), l’esprit (au sens de son individualité, ne pas se fondre dans une noosphère globale) et le hasard. L’ouvrage se termine d’ailleurs par une énumération de différents scenarii selon les articulations possibles entre une IA mondiale et l’humanité : asservissement dans un sens ou dans l’autre, cohabitation, compétition, etc.

L’ouvrage vaut vraiment le détour : l’exercice de futurologie est forcément délicat (j’invite les lecteurs intéressés par ce genre de littérature à consulter les ouvrages de Michio Kaku[1]), et il ne faut bien entendu pas prendre toutes les réflexions de l’auteur à la lettre. Mais les idées développées, et notamment le parallèle entre la médecine, qui est sortie du chamanisme en acceptant les protocoles de tests rigoureux, et l’éducation qui n’a pas encore franchi ce stade, sont particulièrement intéressantes.

À lire, absolument.


(1) Notamment Une brève histoire du futur, Flammarion, 2014.

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration Imprivata lance Agentic Identity Management pour sécuriser et gouverner les agents IA dans le secteur de la santé

Imprivata lance Agentic Identity Management pour sécuriser et gouverner les agents IA dans le secteur de la santé

11 mars 2026 - 09:52,

Communiqué

- Imprivata

Imprivata, fournisseur leader de solutions de gestion des identités et des accès pour le secteur de la santé et les industries critiques, vient de dévoiler Agentic Identity Management, de nouvelles capacités conçues pour sécuriser et gouverner les agents IA dans les environnements de soins de santé ...

Illustration L'hôpital Saint Joseph et Galeon lancent le défi d’un déploiement DPI en 9 mois

L'hôpital Saint Joseph et Galeon lancent le défi d’un déploiement DPI en 9 mois

10 mars 2026 - 09:23,

Communiqué

- Galeon

L’Hôpital Saint Joseph de Marseille et l’éditeur Galeon annoncent le démarrage officiel du déploiement du Dossier Patient Intelligent (DPI) à l’échelle de l’établissement. Ce projet d’envergure s’accompagne d’un défi rare dans le secteur de lasanté : une migration complète du système d’information c...

Illustration Les grandes tendances des systèmes d’information hospitaliers en 2026

Les grandes tendances des systèmes d’information hospitaliers en 2026

09 mars 2026 - 09:40,

Tribune

-
Christophe CANTIN

L’an dernier, nous présentions plusieurs tendances des systèmes d’information hospitaliers : cybersécurité, convergence des SI dans les GHT, données de santé, intelligence artificielle ou interopérabilité.

Illustration Un projet de guide sur l’IA en santé soumis à consultation par la HAS et la CNIL

Un projet de guide sur l’IA en santé soumis à consultation par la HAS et la CNIL

09 mars 2026 - 09:23,

Actualité

- Rédaction, DSIH

Issu d’un travail pluridisciplinaire, le projet de guide intitulé « IA en contexte de soins » vise à apporter des éclairages aux professionnels de santé concernant leurs obligations et les bonnes pratiques à adopter. Le document est soumis à consultation publique jusqu’au 16 avril 2026.

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.