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RGPD, ambiance de veillée d’armes
Il y a ceux qui pensent que le mouvement de cloudisation (cloudification ?) des données en général, et notamment des données de santé, a démarré il y a une petite décennie et n’est pas près de s’arrêter. Votre serviteur n’écrit-il pas en ce moment même le présent article sur un PC, connecté à sa Dropbox et pour lequel il fera une dernière relecture sur son Mac dans deux heures avant envoi à DSIH ? Le tout en écoutant ses podcasts préférés sur son iPhone connecté à Apple Music dans lequel il a rangé toute sa CDthèque ? Comment résister à une telle facilité d’utilisation, une telle interconnexion d’équipements, de services, d’accessibilité ?
Et puis il y a ceux qui pensent que l’on ne met pas dans le même sac les photos de vacances, la liste des courses, la musique et des données sensibles telles les données stratégiques d’une entreprise, des données de recherche et, bien entendu, des données de santé. Qu’il faudra trouver un juste milieu entre ce qui est dans le Cloud et ce qui doit impérativement rester à domicile. Que tout envoyer dans le Cloud est suicidaire dans la mesure où l’on ne saura pas comment récupérer ses données si d’aventure les relations se détérioraient avec son prestataire, etc.
Nous venons de découvrir dans la foulée deux affaires emblématiques : la fuite massive de données Facebook (Cambridge Analytica, 50 millions de comptes utilisateurs siphonnés dans le contexte de la dernière élection présidentielle américaine) et (dans une moindre mesure) les déclarations crétines de Stéphane Richard qui, en affirmant que contrairement à Facebook et à Amazon, Orange collecte les données mais « n’en fait rien(1) », a gagné haut la main une invitation à dîner un mercredi soir. Sans parler de Darty qui se prend une (petite) prune de 100 000 euros par la Cnil, du SNDS et des compteurs Linky qui écopent d’une mise en demeure de la même Cnil, et je dois certainement en oublier. Si, à partir du 25 mai prochain, les mêmes affaires se produisent, cela va faire mal, très très mal : 2 % ou 4 % du CA mondial selon les cas, rien à voir avec les petites contraventions choupinettes de 150 000 euros.
Le rapport avec l’externalisation ? La coresponsabilité sous-traitant/client. Si un hôpital héberge ses données chez Google, le jour où ce dernier se fait pirater sa base de comptes, les discussions pour savoir qui est responsable de quoi (traduction : qui se fait rincer par l’amende) vont tourner à l’avantage de qui, selon vous ? À ma droite, Google et son armée d’avocats, à ma gauche, un CHU qui n’aligne souvent qu’un ou deux juristes, même pas spécialisés dans le droit de l’IT.
J’entends déjà les petits optimistes qui me disent « mais Cédric, ne t’inquiète pas, Google a tout prévu, et blablabla et gnagnagna… ». J’aimerais bien que l’on fasse la liste des géants du Net qui n’ont jamais connu d’incidents majeurs de disponibilité ou de confidentialité : il vaut mieux faire celle-là que l’autre (ceux qui en ont connu), elle est beaucoup plus courte et se raccourcit d’année en année.
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