Anne-Marie Armanteras de Saxcé (DGOS) : « Le domicile est un pilier majeur de l’offre de soins. »
Rappelant que la loi de modernisation de 2016 a posé la vision d’une offre qui doit être « plurielle, non segmentée » et « vient consacrer une notion fondamentale, celle de territoire », elle a pointé comme enjeu majeur la question de la coordination. La création des GHT (groupements hospitaliers de territoire) force donc les hospitaliers publics à coopérer, reconnaît-elle, mais aussi à installer une gradation. Face au risque de « rester dans les murs », elle estime que la loi est toutefois équilibrée en promouvant aussi la coopération entre acteurs de tous les secteurs, notamment via des modalités d’organisation pour les professionnels de ville. Elle cite alors les CTPS (communautés territoriales de professionnels de santé) ou les PTA (plateformes territoriales d’appui). Elle veut cependant préciser qu’il ne s’agit pas de modèles « prescriptifs ». « On a libéré les initiatives », soutient-elle.
La transformation n’est donc pas un vain mot ; elle est en cours. Parmi les pistes suivies : tarification et financement, nouvelles modalités de collaboration, opportunités du numérique… « On a commencé à sortir du tout-T2A », assure la directrice de la DGOS, consciente « qu’il est vraisemblable que nous soyons arrivés au bout d’un cycle de nos systèmes de tarification ». « Ce sujet est en train d’évoluer ; il doit trouver un rythme avec une feuille de route », reconnaît-elle. Côté numérique, elle met l’accent sur la télémédecine comme « facteur d’accélération et de rattrapage des trous dans la raquette de l’offre des territoires ». Tout le monde a envie de « déverrouiller », observe Anne-Marie Armanteras, reprenant ainsi l’expression de la campagne de la FHF[1] !
Enthousiaste vis-à-vis du programme Territoire de soins numérique, elle y voit l’exemple même des actions propres à inciter les acteurs à s’engager. Pour transformer, il faut en effet tous les « embarquer », y compris les citoyens et les industriels : « Les réponses ne peuvent pas concerner qu’un seul acteur de l’offre de soins », estime-t-elle. Mais il faut aussi accompagner, et tout particulièrement travailler sur les métiers et compétences, « les faire évoluer », insiste la directrice qui n’hésite pas à présenter la DGOS comme « la DRH de la fonction hospitalière ».
* Par le groupe Santé de Sciences Po Alumni.
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