Et le gagnant est....
En janvier 2013, un arrêté instaure le télésuivi de paramètres médicaux (Pression Positive Continue ou PPC) des patients à domicile, dans le cadre du traitement de l'apnée du sommeil. Les prestataires en charge du déploiement des boitiers chez les patients (qui sont tout de même plus de 10 000 sur le territoire national concernés par le dispositif de télésuivi) font état d'un bilan plutôt positif, mais de difficultés d'installation dans presque 75% des cas : pas de prise de courant à proximité, difficulté de se connecter à la Box Wifi du domicile, etc. Côté patients, si la majorité accepte de jouer le jeu, il y en a tout de même 11% à 15% qui sont assez réticents à ces dispositifs, quand ils n'en refusent pas tout simplement l'installation chez eux.
L'arrêté en question, publié par la Ministre de la santé, stipule en substance que les récalcitrants ne seront pas pris en charge par l'assurance maladie. On reconnaît bien là la façon de procéder des pouvoirs publics en la matière, pour qui celui qui a raison dans ce genre de débats est celui qui a le plus gros fusil (en l'occurrence et dans le cas présent, le carnet de chèque). Interrogée, la CNIL confirme la validité du dispositif, et notamment que les patients ne peuvent pas s'opposer au recueil et à la conservation des données. La loi informatique et liberté prévoit en effet un droit d'opposition, mais qui comporte un certain nombre d'exceptions notamment en matière de santé publique. La décision de la CNIL n'est donc en rien surprenante.
Le 18 février dernier par contre, le Conseil d'Etat suspend en référé l'arrêté de janvier 2013, précisant notamment « "qu'il existe, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la compétence des ministres chargés de la santé et du budget pour édicter par arrêté" le système mis en place. Traduction en langage français : « Marisol t'es gentille, mais laisse parler les grandes personnes ».
La Fédération des patients concernés (FFAAIR) se satisfait que le ministère consulte les patients, qui sont après tout les premiers concernés.
On croit revivre, en miniature, le débat sur le DMP. Après une version 1 qui est partie dans le mur (350 000 dossiers, la plupart vides, pour un coût estimé entre 180 et 500 millions d'euros), la Ministre de la Santé a convenu que pour la version 2 elle allait consulter les patients et les professionnels de santé ! Les pouvoirs publics, qui critiquent copieusement la non gestion de la santé en France feraient bien de passer la serpillière dans leurs bureaux.
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Comment quantifier un risque
31 mars 2026 - 08:06,
Tribune
-Après avoir expliqué qu’une PSSI et une appréciation des risques ne servaient à rien (ici 1) -mais un peu quand même -, intéressons-nous à un autre sujet brûlant qui déchaîne les passions, pire que JR (2) et la fin du Prisonnier (3) : la quantification du risque.

Publication d’un corpus inédit de comptes rendus médicaux fictifs en open data pour accélérer l’IA en santé
26 mars 2026 - 19:08,
Actualité
- Rédaction, DSIHDans un contexte réglementaire européen exigeant, qui garantit un accès et un partage sécurisés des données de santé, le projet PARTAGES apporte une réponse opérationnelle aux défis posés à l’IA en santé. Coordonné par la Plateforme des données de santé (Health Data Hub) et réunissant 32 partenaires...

Health Data Hub et Microsoft : un cadre juridique clarifié, une souveraineté à construire
23 mars 2026 - 09:58,
Actualité
- Rédaction, DSIHEn validant l’autorisation donnée au Health Data Hub pour traiter des données de santé hébergées par Microsoft en France, le Conseil d’État consolide le cadre posé par la CNIL dans sa décision du 20 mars 2026, relative à l’autorisation CNIL 2025‑013 (délibération n° 2025‑013 du 13 février 2025, proj...

Imprivata lance Agentic Identity Management pour sécuriser et gouverner les agents IA dans le secteur de la santé
11 mars 2026 - 09:52,
Communiqué
- ImprivataImprivata, fournisseur leader de solutions de gestion des identités et des accès pour le secteur de la santé et les industries critiques, vient de dévoiler Agentic Identity Management, de nouvelles capacités conçues pour sécuriser et gouverner les agents IA dans les environnements de soins de santé ...
