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Les opérateurs à la cour d'école
Il y a à peine 15 jours, Xavier Niel, le sémillant patron de Free, annonçait des tarifs cassés sur sa prochaine offre dans le domaine de la 4G. Le trublion est coutumier du fait, puisque c'est lui qui a lancé la première offre d'abonnement ADSL à 29,99 euros (à l'époque où la concurrence flirtait avec des tarifs doubles) et lui encore qui, il y a un peu plus d'un an, annonçait une offre d'abonnement mobile 3G sans engagement à 19,90 euros par mois. Le consommateur ne peut que s'en réjouir, puisque les trois opérateurs historiques ont fini par aligner leurs tarifs.
Mais avec la 4G, visiblement les vieux grigous se fâchent. Non seulement Xavier Niel a rogné leurs marges sur l'ADSL – passe encore – et la 3G, mais il s'attaque à la prochaine vache à lait censée renflouer les caisses (pourtant pas spécialement vides) des trois opérateurs : la 4G.
Ce qui choque, ce n'est pas tant la guerre des prix, somme toute normale dans ce business, mais les arguments utilisés par les concurrents pour dénigrer Free et son patron. On lit çà et là que Xavier Niel est l'une des plus grandes fortunes du pays : et alors ? En quoi est-ce un crime que de bien gérer ses affaires ? La famille Bouygues ne semble d'ailleurs pas spécialement dans le besoin. Ses marges dans la téléphonie fixe seraient les plus élevées du marché, dixit le PDG d'Orange qui a la mémoire courte et semble ne pas se souvenir de l'époque où France Télécom, alors en position de monopole, s'en mettait plein les poches sur ce même secteur. Jusqu'au ministre Arnaud Montebourg qui s'inquiète que cette guerre des prix finisse par faire un mort. Bienvenue dans la vraie vie, la guerre est maintenant économique.
La vérité c'est que le petit Xavier met un peu la pagaille chez les grands. Qu'est-ce donc que ce garnement qui vient prendre une part d'un gâteau qui ne lui était pas destiné et surtout en faisant baisser les prix ? A l'époque où ils n'étaient que 3, les opérateurs s'entendaient gentiment sur les tarifs : il y a eu plusieurs condamnations pour ententes illégales avec des amendes de plusieurs dizaines de millions d'euros qui n'ont arrêté personne, preuve que le fruit doit être bien juteux.
Alors, Free est peut-être un peu dans l’esbroufe en vendant l'accès à un réseau 4G ne comportant que peu d'antennes, en utilisant les bornes d'un autre opérateur comme délestage des communications, etc. A trois on s'entend toujours et au détriment du consommateur. A quatre ce n'est plus possible.
Et c'est tant mieux.
Wilbur
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