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Mon espace santé veut devenir un pivot de la prévention personnalisée et de la coordination des soins

Avec près de 97 % de la population disposant d’un profil et 24 millions de comptes activés, Mon espace santé atteint un niveau de diffusion qui le place au cœur de l’écosystème numérique de santé. En 2025, plus de 420 millions de documents ont été versés par les professionnels et établissements sanitaires et médico-sociaux, soit une progression de 40 % en un an. Selon les pouvoirs publics, cette masse critique de données constitue désormais un socle suffisant pour développer des usages plus avancés.
Une montée en charge qui valide le choix de l’alimentation prioritaire
Depuis 2019, la feuille de route du numérique en santé a fait le pari d’une ouverture automatique des profils – sauf opposition – et d’un effort massif d’équipement des professionnels via le Ségur du numérique. Ce choix stratégique, parfois critiqué pour avoir précédé les usages, semble aujourd’hui produire ses effets : plus d’un document de santé sur deux est désormais versé dans Mon espace santé, et 70 % des Français ont reçu au moins un document en 2025.
Côté offre, près de 150 000 professionnels libéraux et 3 800 établissements alimentent le Dossier médical partagé (DMP). Du côté de la demande, 2,5 millions d’usagers se connectent chaque mois, souvent à la suite d’une notification, suggérant un lien direct entre l’alimentation du service et sa consultation effective. Toutefois, seuls 40 % des 25-69 ans ont activé leur espace, soulignant une appropriation encore inégale selon les publics.
Vers une prévention plus ciblée, sous conditions
L’évolution la plus structurante annoncée concerne la prévention. Mon espace santé commence à proposer des notifications ciblées (vaccination, dépistage), des parcours spécifiques – grossesse, suivi de l’enfant – ainsi que des outils d’aide à la détection de facteurs de risques de maladies chroniques. Depuis août 2025, 13 millions de notifications de prévention ont été envoyées, et plus de 80 000 femmes enceintes ont initié un suivi dédié.
Ces orientations reposent sur les recommandations du Comité citoyen du numérique en santé, qui a insisté sur la nécessité d’une prévention personnalisée, transparente et respectueuse du consentement. Néanmoins, l’efficacité réelle de cess dispositifs dépendra de leur pertinence médicale, de leur acceptabilité par les usagers et de leur intégration dans les parcours de soins existants. Les expérimentations menées auprès de patients chroniques ou en maternité témoignent d’une démarche progressive, mais encore exploratoire.
Un enjeu majeur pour les professionnels de santé
Si l’alimentation de Mon espace santé est désormais largement intégrée dans les pratiques – deux médecins de ville sur trois versent des documents, 90 % des établissements transmettent des données –, la consultation reste un point de tension. Environ 70 000 professionnels consultent chaque mois les dossiers, mais les attentes en matière d’ergonomie et de gain de temps demeurent élevées.
La deuxième vague du Ségur du numérique, dont le déploiement est prévu entre 2026 et mi-2028, doit répondre à ces limites. Elle vise à améliorer le filtrage des informations pertinentes, à réduire les saisies et à renforcer la sécurité des logiciels métiers. L’enjeu est clair : permettre une exploitation effective des données sans alourdir la charge de travail des soignants.
Des ambitions fortes, des équilibres à trouver
Les autorités affichent une ambition politique assumée. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, insiste sur la dimension souveraine et stratégique de Mon espace santé, tandis que le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme, évoque à moyen terme l’usage d’outils d’assistance par intelligence artificielle pour la synthèse des dossiers médicaux, dans un cadre « strictement sécurisé ».
Ces perspectives ouvrent toutefois plusieurs débats : gouvernance de l’IA, responsabilité médicale, lisibilité des algorithmes, ou encore risques de dépendance à l’outil. Elles rappellent que la transformation numérique du système de santé ne se limite pas à une question technologique, mais engage des choix organisationnels, éthiques et professionnels de long terme.
Source : communiqué de presse – Assurance Maladie / Délégation au numérique en santé (DNS)
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