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L’IA, fil conducteur de la 4ᵉ Journée nationale de l’innovation en santé numérique
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La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a ouvert la journée en rappelant que « la France avance pour faire de l’intelligence artificielle un outil au service du soin et de la prévention », a-t-elle affirmé, avant d’annoncer officiellement le lancement du second volet de la stratégie nationale IA et données de santé.
Fruit d’une large concertation impliquant plus de 70 acteurs, cette stratégie vise à structurer les usages de l’IA pour améliorer la qualité, la sécurité et l’éthique des soins. Mme Rist a insisté sur la complémentarité entre innovation et humanité : « L’IA améliore déjà les diagnostics, libère du temps médical, mais ne remplacera jamais l’accompagnement humain ».
Elle a également évoqué l’intégration prochaine de l’IA dans les logiciels métiers des professionnels de santé, afin d’alléger la charge administrative et de renforcer la qualité du soin. « Notre responsabilité collective est d'en faire une alliée de confiance, éthique et humaine », a-t-elle souligné.
France 2030, une approche systémique de l’innovation
Le secrétaire général pour l’investissement, Bruno Bonnell, a replacé ces initiatives dans le cadre global du plan France 2030, qui représente « le double de tous les programmes d’investissement d’avenir précédents ». Avec 40 milliards d’euros déjà engagés et 7 800 projets soutenus dans divers domaines, l’approche se veut systémique : il ne s’agit pas de financer des secteurs isolés, mais de faire interagir les innovations entre elles.
Dans le champ de la santé numérique, 32 actions ont déjà été lancées, aboutissant à 120 nouveaux projets lauréats cette année. Au total, 550 millions d’euros ont été alloués à la stratégie santé, couvrant environ 350 projets, souvent portés par des consortiums regroupant des universités, industriels et groupements.
Bruno Bonnell a mis en avant deux réussites majeures :
- La formation : 70 000 étudiants ont déjà été formés aux outils numériques en santé, avec un objectif de 100 000 par an.
- L’innovation : 22 projets de recherche sont actuellement en phase de transformation en produits concrets.
« Nous ne voulons pas d’une recherche qui reste dans les laboratoires, mais d’innovations qui deviennent les produits de demain », a-t-il insisté, saluant l’efficacité de la coordination interministérielle et la montée en puissance des tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique.
Une gouvernance ouverte et collaborative
Enfin, Hela Ghariani, co-responsable de la Délégation au numérique en santé, a rappelé l’importance d’une gouvernance ouverte réunissant l’ensemble des acteurs publics et privés.
Dans le cadre de la stratégie nationale IA et données de santé, un comité exécutif se réunira désormais chaque mois pour définir les priorités et co-construire un programme de travail annuel, autour de sujets concrets. « Il s’agit de construire une stratégie collective, en phase avec le rythme des technologies, qui vont souvent plus vite que nous », a-t-elle souligné, appelant à une participation active des acteurs de terrain.
Pr Fabrice André : « L’IA générative sera le cœur de la recherche clinique de demain »
Directeur de la recherche à l’Institut Gustave Roussy, le Pr Fabrice André a livré une intervention remarquée sur le rôle de l’IA dans la transformation de la recherche clinique en oncologie.
Selon lui, le principal frein actuel réside dans la complexification croissante des procédures, avec une explosion du nombre de formulaires et de protocoles, rendant certains essais presque infaisables.
Pour revitaliser la recherche, il plaide pour une simplification radicale grâce à l’automatisation et à la suppression de tâches redondantes. L’autre défi, selon lui, concerne la redéfinition des cancers « à l’échelle moléculaire », chaque patient devenant un cas unique.
Dans ce contexte, les IA génératives pourraient jouer un rôle central. Trois axes d’application se dessinent :
- L’analyse de cohortes de patients similaires, pour guider les décisions thérapeutiques.
- L’exploitation automatisée des bases de données et de la littérature scientifique, permettant à l’IA de recommander le traitement optimal, voire d’en imaginer de nouveaux.
- La simulation, grâce à la modélisation numérique du cancer, permettant de tester virtuellement l’efficacité de différentes approches thérapeutiques.
« Le centre de la recherche clinique du futur, ce ne sera plus le médicament, mais l’IA générative qui dira au médecin comment traiter le patient », a résumé le Pr André, évoquant une nouvelle ère de médecine individualisée.
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