De l’essor du numérique à la notion de numérique responsable
Que l’on réfléchisse en termes de fabrication (extraction minière, assemblage, transport), d’usage (consommation énergétique) ou de fin de vie (traitement de produits toxiques et/ou polluants), les impacts du numérique sont nombreux. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Parmi les matériaux de fabrication d’un smartphone, on compte plus de 50 métaux, la 4G consomme 23 fois plus d’énergie qu’une connexion de type ADSL et 88% des Français changent leur téléphone alors qu’il marche parfaitement (2) ! De plus, pour fonctionner, nos équipements ont besoin d’une infrastructure réseau et de serveurs, donc d’une importante consommation énergétique. Sans oublier que les centres de données sont très gourmands en énergie mais aussi en eau pour permettre leur refroidissement » souligne Jean-Pascal Minni. « Attention, poursuit-il, l’idée n’est pas de blâmer l’essor du numérique mais d’entrer collectivement dans une démarche numérique responsable ».
Selon la définition de ChatGPT, « le numérique responsable fait référence à l'utilisation des technologies numériques de manière éthique et durable, en tenant compte de l'impact environnemental, social et économique. Cela implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'énergie associée aux technologies numériques, de respecter la vie privée des utilisateurs, de promouvoir la sécurité et la fiabilité des technologies, et de favoriser une utilisation équitable et inclusive des technologies numériques. »
Le numérique responsable, ou Green IT, s’organise généralement autour de trois périmètres principaux : le Green IT 1.0, le Green IT 1.5 et le Green IT 2.0 (3). « Dans les grandes lignes » ajoute Jean-Pascal Minni « il s’agit (Green IT 1.0) de concevoir des services numériques plus sobres, de modérer ses usages numériques quotidiens, et par conséquent, de réduire l’impact environnemental du numérique, de réduire l’empreinte écologique, économique et sociale de l’organisation, au sens physique du terme, grâce aux outils numériques (Green IT 1.5) et de mettre le numérique au service du développement durable afin d’analyser, de prévenir et d’apporter des solutions innovantes (Green IT 2.0) »
En France, les engagements de l’Etat pour un numérique écoresponsable
Depuis 2020, l’État inscrit son ambition en termes d’exemplarité sur le numérique écoresponsable. Et c’est la MiNumEco, pour Mission interministérielle numérique écoresponsable, qui matérialise cet engagement et intervient autour de 6 sujets clés : la mesure, les achats, la sensibilisation, l’outillage, l’écoconception et la gestion des déchets. La MiNumEco a déjà réalisé plusieurs documents (boîte à outils, guide pratique pour des achats numériques responsables, référentiel général d’écoconception des services numériques…) pour aider à la compréhension de ces enjeux et à la mise en œuvre d’actions concrètes.
Et en santé ? En 2021, le ministère des Solidarités et de la Santé et l’ANS publient le 1er rapport sur l'impact environnemental du numérique en santé et invitent toutes les parties prenantes de cet écosystème à s’engager dans des démarches éco-responsables. En octobre 2022, Brigitte Seroussi, Directrice de Projets Ethique du Numérique en Santé, Délégation ministérielle au Numérique en Santé, précise dans une vidéo (4) : « (…) l’objectif est de développer des outils de mesure de l’impact environnemental du numérique en santé avec 2 écoscores. Le premier permet de calculer l’empreinte environnementale des applications de santé (web et mobiles). C’est un des critères éthiques du référencement dans le catalogue d’applications de Mon Espace Santé (…) Un second écoscore a été développé pour les systèmes d’information hospitaliers. Cet écoscore est calculé sur un principe de recensement des matériels informatiques en cohérence avec les principes d’analyse du cycle de vie, ce qui permet d’intégrer l’impact de la fabrication et des usages. Cet écoscore a vocation à être utilisé dans la certification des systèmes d’information hospitaliers. » La Directrice conclut son propos en précisant que la France est pionnière au niveau international pour ses travaux sur l’impact environnemental du numérique en santé. « L’objectif est de sortir de l’idée que le numérique responsable est un concept abstrait. Au contraire, c’est un levier d’engagement collectif et d’innovation avec des actions très concrètes. C’est pourquoi, au sein de WELIOM, nous avons intégré cette démarche à nos missions et également dans notre quotidien » souligne le consultant. « Car comme le soulignait notre responsable RH dans une interview précédente, une politique RSE seule ne peut être une politique RSE. Elle doit être portée par l’ensemble des salariés de l’entreprise, chacun avec sa sensibilité afin qu’elle puisse être incarnée et transmise pour Ensemble, créer du lien entre les Hommes ».
(1) https://greenly.earth/fr-fr/blog/actualites-ecologie/quelle-est-l-empreinte-carbone-d-un-data-center
(2) https://alliancegreenit.org/media/ressource-infographie/infographie-sensibilisation-grand-public.pdf
(3) https://www.greenit.fr/definition/
A propos de WELIOM
WELIOM est un cabinet de conseil dédié à la santé, français, indépendant, dont la taille est une garantie de proximité, de continuité et d’excellence auprès de ses clients. Acteur des mutations du système de santé français et partenaire de proximité depuis 2008, WELIOM porte une vision ambitieuse et pragmatique du système de santé de demain. C’est cette vocation qui fédère nos équipes autour de valeurs d’écoute, d’engagement et d’exigence. Consultants expérimentés du numérique, de la conformité ou de l’organisation, mais avant tout professionnels de la santé, nos experts renforcent la collaboration entre DSI et métiers à l’échelle d’un établissement, d’un groupement ou d’un territoire.
Contact : 02 51 80 05 33 ou [email protected]
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