Le paradoxe du dossier personnel de santé
Le système de santé des Veterans, aux Etats-Unis, et son usage des technologies sont toujours aussi intéressants à observer. Une étude récemment publiée par Kim Nazi[1], du bureau des systèmes d’information de la Veterans Health Administration nous en offre une nouvelle illustration.
L’auteur a cherché à comprendre pourquoi l’adoption des dossiers personnels de santé reste toujours aussi faible, dix ans après leur lancement, en dépit de l’intérêt affiché par les patients et des bénéfices attendus de leur « empowerment », c'est-à-dire de leur responsabilisation en matière de gestion de leur santé. C’est ce que Kim Nazi appelle le « paradoxe du dossier personnel de santé ».
Un Américain sur dix utiliserait aujourd’hui un dossier de ce type, ou Personal Health Record (PHR). Le taux atteint un sur cinq chez les Veterans, qui se sont vus offrir l’accès au portail My HealtheVet dès 2003.
Parmi les principales observations de son étude, Kim Nazi relève l’importance de l’interaction entre patients et professionnels de santé. Le développement d’une messagerie sécurisée, ouverte début 2011, a joué sur l’intérêt porté par les patients aux solutions électroniques mises à leur disposition. Mais elle a surtout eu un impact sensible sur la perception des bénéfices d’une telle communication par les professionnels de santé. Ils considèrent que ces échanges électroniques asynchrones ont un effet positif sur la relation de confiance et contribuent à améliorer la compréhension de son traitement par le patient qui a, par exemple, toute latitude à poser une question entre deux consultations. Ils notent également qu’un échange de messages avant un rendez-vous améliore la qualité de cette consultation.
La clé du succès de la messagerie patient-médecin tient au fait qu’elle a été conçue de manière intégrée au système d’information clinique existant, souligne l’étude ; alors que le PHR en est déconnecté, réservé aux patients et relativement méconnu des professionnels. Son auteur conclut que l’efficacité des PHR repose sur leur combinaison avec des outils de messagerie ; ce que d’autres publications ont d’ailleurs commencé à démontrer.
D.L.
[1] The Personal Health Record Paradox, Journal of Medical Internet Research, http://www.jmir.org/2013/4/e70/
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Comment obtenir l’unanimité sur le choix d’un DPI commun, l’exemple du GHT du Var
31 mars 2026 - 08:42,
Actualité
- Pierre Derrouch, DSIHAu GHT du Var, la convergence des systèmes d’information franchit une nouvelle étape, avec l’officialisation fin janvier 2026 d’un DPI commun pour ses sept établissements. C’est la fin du support d’un DPI utilisé en psychiatrie qui a constitué le déclencheur. La contrainte technique a été transformé...

OSE 2050, un programme pour anticiper le futur de la santé
31 mars 2026 - 08:20,
Actualité
- Damien Dubois, DSIHLe 23 mars, les HCL, la DGOS et l’AIS ont lancé OSE 2050, un programme de prospective pour imaginer le futur de la santé en associant des experts, des professionnels de santé et des citoyens.

Publication d’un corpus inédit de comptes rendus médicaux fictifs en open data pour accélérer l’IA en santé
26 mars 2026 - 19:08,
Actualité
- Rédaction, DSIHDans un contexte réglementaire européen exigeant, qui garantit un accès et un partage sécurisés des données de santé, le projet PARTAGES apporte une réponse opérationnelle aux défis posés à l’IA en santé. Coordonné par la Plateforme des données de santé (Health Data Hub) et réunissant 32 partenaires...

Speech Processing Solutions dévoile Philips SpeechLive Health, un nouvel assistant IA conçu pour la documentation clinique moderne
25 mars 2026 - 14:46,
Communiqué
- Speech Processing SolutionsSpeech Processing Solutions, leader mondial des solutions professionnelles de dictée et de traitement de la parole commercialisées sous la marque Philips, annonce le lancement de Philips SpeechLive Health, un assistant de documentation clinique basé sur l’IA conçu pour les professionnels de santé. C...
