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La télémédecine : un bon démarrage (baromètre de l’ANS)
Fin décembre, l’Asip Santé devenait l’Agence du numérique en santé (ANS) dans le cadre de l’orientation 1 de la feuille de route du numérique en santé qui prévoyait la mise en place d’une nouvelle gouvernance. Fin janvier, afin de suivre la recevabilité des nouveaux services de télémédecine par les professionnels de santé et les patients, l’ANS a fait réaliser un baromètre des pratiques et des motivations des professionnels de santé et des Français.
Bonne connaissance et bonne image…
Télémédecine, téléconsultation, télé-expertise et télésurveillance, ces notions sont largement connues des professionnels du soin. Du côté des usagers, 8 Français sur 10 connaissent la télémédecine et la téléconsultation et 6 sur 10 la télé-expertise et la télésurveillance médicale. Les trois quarts d’entre eux sont d’ailleurs au courant que les actes de téléconsultation sont remboursés par l’assurance maladie, avec un coût identique à celui d’une consultation classique.
L’attrait de chacun pour ces innovations dans la prise en charge est d’ailleurs notable : 4 Français sur 10 souhaiteraient y avoir recours, et une large majorité pense que c’est une bonne chose pour la qualité des soins. Les Français ont conscience des atouts de la télémédecine, qui ferait gagner du temps à la fois au patient, pour 65 % des répondants, et au médecin, pour 72 %, mais aussi de ses limites avec un risque de déshumanisation de la relation, pour 3 Français sur 4. L’image globale, des professionnels comme des usagers, est positive (60 %). Le sujet qui rebute le plus les Français est la chirurgie à distance.
… pour une pratique émergente
La pratique de la téléconsultation débute (6 % des Français l’ont expérimentée, 9 % des professionnels de santé et 13 % des médecins en ont déjà réalisé au moins une fois). En moyenne, les médecins ayant pratiqué la téléconsultation en ont effectué 22, mais avec des écarts ne permettant pas de conclure à une réelle entrée dans les pratiques.
27 % des téléconsultations ont lieu dans des établissements de santé, contre 57 % au domicile. La vidéotransmission proposée par une plateforme est le plus couramment utilisée (45 %), mais plus d’un quart des soignants ont déjà eu recours à des outils grand public (Skype, WhatsApp, FaceTime). Les premières raisons du choix de la téléconsultation sont la distance (49 %) et la difficulté de se déplacer, notamment pour les patients hébergés ou hospitalisés en Ehpad.
En termes de pratiques, la téléconsultation est privilégiée par les répondants pour un renouvellement d’ordonnance, l’obtention de papiers administratifs et d’informations ou encore pour poser des questions à leur médecin ou échanger des informations sur des résultats d’examens, voire en cas de symptômes légers ou de surveillance après deux jours de traitement. Pour la gestion de la douleur en revanche, les professionnels privilégient le présentiel.
Un enjeu technique…
Pour les patients qui l’ont testée, les problèmes techniques et de confidentialité constituent les principaux motifs d’insatisfaction associés à la téléconsultation. Les professionnels de santé reconnaissent aussi des difficultés techniques liées au son (25 %), à l’image (33 %) et à la connexion (33 %). Ils sont 60 % à prévoir d’y recourir à l’avenir, sachant que la moitié d’entre eux ne la pratiquait pas faute de matériel adéquat.
Français et professionnels de santé envisagent de très nombreux cas de figure concrets pour lesquels la téléconsultation pourrait être bien adaptée, notamment les actes particulièrement bureaucratiques ou répétitifs.
… et humain
À une grande majorité, les professionnels de santé sont convaincus de l’intérêt que présente l’accompagnement du patient par un professionnel pendant une téléconsultation, pour rassurer et aider le patient et surtout les aider eux-mêmes à compléter les actes de soins.
D’autre part, la confiance du patient est le moteur de son adhésion à la téléconsultation. 62 % des Français suivraient l’avis de leur médecin s’il leur proposait d’y recourir. Confiance par ailleurs à renforcer en matière de performance : 61 % d’entre eux ne pensent pas que la téléconsultation soit aussi efficace qu’une consultation physique.
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