Publicité en cours de chargement...

L’interopérabilité au cœur des projets de données (volet 1)

08 oct. 2019 - 12:06,
Actualité - DSIH
En France, comme ailleurs dans le monde, la tendance concernant les systèmes d’information est de privilégier le meilleur logiciel par silo applicatif (RIS, GAM, DPI, etc.), ce que les Anglo-Saxons appellent « the best of breed[1] », plutôt que des solutions intégrées. Résultat, certains établissements de santé peuvent compter jusqu’à 300 applicatifs différents. Lorsqu’il s’agit de faire communiquer l’ensemble, on se retrouve vite face à une tour de Babel. DSIH vous emmène à la découverte en quatre étapes des bien-fondés de l’interopérabilité hospitalière, à l’échelle d’un GHT ou plus largement régionale, essentielle au partage et à l’échange de l’information médicale. Premier volet : l’interopérabilité au cœur des projets SI.  

La question de l’interopérabilité est au cœur des préoccupations d’Hop’en (Hôpital numérique ouvert sur son environnement). Ce programme d’amélioration des systèmes d’information hospitaliers, qui a pris le relais du programme Hôpital numérique, crée un nouveau prérequis « Échange et partage » ainsi que deux domaines fonctionnels « Communiquer et échanger avec les partenaires » et « Mettre à disposition des services en ligne aux usagers et aux patients ». L’interopérabilité constitue également l’une des cinq grandes orientations de la feuille de route du virage numérique de la loi Ma santé 2022. « La non-interopérabilité des systèmes d’information de santé est un frein majeur à une utilisation fluide des logiciels et génère de nombreuses ruptures dans les parcours numériques de santé », peut-on y lire.
De fait, permettre aux briques applicatives d’un système d’information hospitalier d’échanger des données peut vite devenir une gageure, surtout quand ces briques utilisent des standards d’échange de maturité différente. Les choses évoluent toutefois. « Nous commençons à rendre communicants l’ensemble des plateaux techniques », indique François Decourcelle, directeur adjoint de l’innovation chez Enovacom, société qui développe une interface logicielle assurant ces échanges, utilisée par plus de 1 500 établissements et GHT. Mais, encore faut-il que les applications soient conformes au cadre d’interopérabilité défini par l’Asip Santé.

De la donnée au territoire

L’interopérabilité ne se limite pas aux relations entre logiciels, et encore moins aux échanges. Elle concerne le parcours des données, leur acquisition, leur transport et leur mise à disposition. Il ne s’agit plus seulement de créer des « tuyaux » entre les applications, mais d’avoir une approche globale intégrant le partage de l’information entre l’ensemble des acteurs de l’écosystème. « Il devient ainsi nécessaire de construire notamment des logiques d’entrepôts, capables de consolider l’information et de la restituer de manière interopérable. Celle-ci doit être normée, alignée sémantiquement et accessible avec n’importe quel outil, aussi bien pour le parcours de soins que pour la recherche », explique François Decourcelle. Sans compter que la dimension de la donnée elle-même a changé. La loi santé sur les GHT ou encore les projets territoriaux d’e-santé ont porté la donnée hors les murs d’un établissement de santé. Ce qui décuple les besoins et la mise en pratique d’une interopérabilité à l’échelle d’un bassin de soins.

Une multiplicité de sources

Les sources de données médicales constituent un autre paramètre à prendre en considération. Ces sources ont également évolué. Elles ne se limitent pas aux données consolidées issues de la production de soins et agrégées dans les dossiers patients informatisés (comptes rendus, résultats de radiologie, etc.). Il faut y ajouter les données provenant des équipements biomédicaux ou produites dans le cadre de soins au domicile du patient par des dispositifs connectés. À titre d’exemple, l’activité de soins intensifs dans un département de 20 lits avec 16 relevés de mesures de constantes vitales à raison d’une mesure toutes les cinq secondes représente 2 milliards de mesures… « Ces informations sont également pertinentes ; elles doivent être consolidées et interopérables », relève François Decourcelle.
Autres gisements de premier ordre, l’imagerie ou encore la génomique, qui va contribuer à développer la médecine « 4 P » (prédictive, préventive, personnalisée et participative). S’ajoutent enfin à ces ensembles les données médico-économiques, indispensables pour piloter les établissements ou les plateformes régionales.
« Développer ces partages de l’information reste l’un des grands challenges de l’interopérabilité en santé à mener dans les prochains mois et années à venir », conclut François Decourcelle.


[1] The best of breed : le meilleur de sa catégorie.

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration Le DLP, ou l’archétype du techno-solutionnisme béat

Le DLP, ou l’archétype du techno-solutionnisme béat

20 avril 2026 - 10:27,

Tribune

-
Cédric Cartau

On n’est pas exactement dans un matraquage publicitaire de haute intensité, mais cela revient tout de même assez régulièrement, comme la grippe de saison ou les allergies aux plastiques des tongs d’été. En tout cas, régulièrement, il se trouve un commercial lambda pour nous ressortir une offre préte...

Illustration L’IA, fossoyeur de l’IT ? Pas si simple, et certainement pas tout de suite

L’IA, fossoyeur de l’IT ? Pas si simple, et certainement pas tout de suite

07 avril 2026 - 07:40,

Tribune

-
Cédric Cartau

Dans la première moitié du XIXe siècle, les usines textiles, qui avaient déployé massivement des métiers à tisser mécaniques, utilisaient les ouvriers pour contrôler le tissu sortant de la chaîne de production : absence de fil cassé, etc. Un ouvrier pouvait piloter 2 machines en même temps, et à un ...

Illustration Du séjour au domicile : le SMS comme brique du système d’information hospitalier

Du séjour au domicile : le SMS comme brique du système d’information hospitalier

07 avril 2026 - 07:30,

Actualité

- Pierre Derrouch, DSIH

La réduction continue des durées de séjour hospitalier déplace une part du risque clinique vers le domicile. En chirurgie ambulatoire, les réhospitalisations entre un à trois jours après l’intervention figurent parmi les indicateurs de sécurité suivis par la Haute Autorité de Santé dans le cadre des...

Illustration Au GHT de Saône-et-Loire – Bresse-Morvan, un concentrateur de données comme socle des usages d’IA et de la coordination territoriale

Au GHT de Saône-et-Loire – Bresse-Morvan, un concentrateur de données comme socle des usages d’IA et de la coordination territoriale

17 mars 2026 - 08:32,

Actualité

- Par Pierre Derrouch, DSIH

Face aux limites d’une convergence applicative étendue à plus de 350 logiciels hétérogènes, le Groupement hospitalier de territoire de Saône-et-Loire – Bresse-Morvan a engagé, à partir de 2022, une inflexion stratégique centrée sur la donnée. Mis en production en 2023, un concentrateur de données de...

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.