Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

RGPD, ces sujets que l’on n’avait pas vus venir

11 fév. 2019 - 21:19,
Tribune - Cédric Carau
Le RGPD rend humble. En tout cas, c’est le constat que je fais après plusieurs mois de pratique, car le RGPD – ou plutôt l’approche RGPD – permet de lever des lièvres et de prendre connaissance de dossiers qui ne seraient jamais parvenus jusqu’au CIL (correspondant Informatique et Libertés). En voici trois exemples, sans prétention.

L’IA est à la mode. Les chauffeurs de taxi en sont un bon indicateur : si vous prenez le taxi et que le chauffeur vous parle de l’IA, c’est que tout le monde en parle. Il y a eu bon nombre de publications sur l’IA, en tout genre et dans tous les sens. Les juristes s’emparent du sujet et émettent l’idée (à laquelle je n’adhère pas du tout) selon laquelle l’IA pose des problèmes de responsabilité juridique, par exemple dans l’hypothèse où une voiture autonome écraserait un piéton. Certains chercheurs pensent que l’IA n’est pas soluble dans le RGPD puisque l’on ne sait pas toujours ce que l’on va trouver en cherchant. Bref, dans le dernier numéro (n° 60) de Mag Securs, vous trouverez un excellent article de Bruno Rasle (délégué général de l’AFCDP) sur le reCaptcha de Google et les questionnements autour de sa conformité au RGPD. En effet, quand nous tombons sur un site qui vérifie que nous sommes bien un humain en nous demandant de cliquer sur les cases d’une photo qui contiennent des feux de signalisation (ce qui m’exaspère, je ne vous raconte même pas !), Google collecte les données de temps de réponse, de clics et que sais-je encore pour améliorer ses algorithmes. Si ce n’est pas une collecte de données personnelles (liée bien entendu à notre @IP), je n’y connais rien.

Deuxième sujet : la transmission des fiches d’événements indésirables au CHSCT d’un établissement. La question est : les FEI peuvent-ils être systématiquement et intégralement transmis au CHSCT, étant entendu que l’on parle des FEI impactant la sécurité ou la santé au travail des agents, et pas juste l’ampoule grillée dans le couloir de la cafèt’ que l’on a mis trois semaines à remplacer. Le sujet est plus compliqué qu’il n’y paraît, et je vous renvoie à l’excellent article[1]de Me Yahia sur ce sujet. En substance, oui il faut transmettre, mais pas tout, pas tout de suite, après avoir prévenu les agents de ce processus de transmission et en laissant 15 jours à un salarié pour s’opposer à l’envoi d’une FEI qui le concerne. Mais le plus intéressant dans cet exemple, c’est que l’on transmet toutes nos FEI au CHSCT depuis la Reine Berthe, sans jamais ô grand jamais s’être posé la question. Merci le RGPD, au moins ce type de sujet a été remonté.

 

Troisième et dernier sujet, certes un peu en marge du SI, mais pas du RGPD. Dans mon établissement comme dans tous les CHU, malheureusement des gens décèdent, et il faut évacuer les corps. J’ai été sollicité récemment par les acheteurs pour positionner des clauses RGPD dans le futur marché avec l’entreprise qui sera titulaire du marché de l’enlèvement des corps. À ceux qui pensent qu’un corps n’est pas une donnée personnelle, je dirai… Non, en fait, je n’ai rien à leur dire. Bref, dans ce cas précis, le RGPD touche une entreprise qui pourrait n’avoir aucun système informatique et procéderait à l’aide de registres papier. 

Sur le premier exemple, étant donné l’interconnexion des systèmes, l’embarquement de composants Web dans tous les sites, composants dont on ne maîtrise pas toujours les sources, pas certain que l’on ne trouve pas niché dans un coin du datacenter un processus aussi limite que le reCaptcha.

Sur le deuxième exemple, quiconque a mis une fois les pattes dans les flux de données internes du SI sait que la règle des « données médicales réservées à la prise en charge médicale » ne tient pas deux minutes. Combien de flux du même genre existant depuis des années n’ont jamais été remontés à la DSI et encore moins au DPO ?

Sur le troisième cas, on pourrait aligner sans fin des exemples du même genre : assurance aux personnes, marché de formation continue avec des organismes extérieurs… 

Bientôt 20 ans d’hôpital et à chaque réunion de CIV, à chaque projet ou incident, j’en apprends encore. Mais, clairement, le RGPD est l’outil idéal si l’on veut soulever un peu le bout du tapis pour mesurer l’épaisseur de la poussière.

RGPD for ever.


[1] http://www.dhmagazine.fr/post/Le-signalement-des-evenements-indesirables 

 

 

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration Souveraineté numérique : la Plateforme des données de santé migrera directement vers un cloud SecNumCloud d’ici fin 2026

Souveraineté numérique : la Plateforme des données de santé migrera directement vers un cloud SecNumCloud d’ici fin 2026

10 fév. 2026 - 08:02,

Actualité

- Rédaction, DSIH

Sous l’impulsion du gouvernement, la Plateforme des données de santé change de cap : l’État abandonne la solution “intercalaire” pour migrer directement le Système national des données de santé (SNDS) vers un cloud souverain qualifié SecNumCloud, avec une copie complète attendue fin 2026. Cette déci...

Illustration Hospiconnect : la sécurisation des accès numériques entre dans une phase de généralisation

Hospiconnect : la sécurisation des accès numériques entre dans une phase de généralisation

06 fév. 2026 - 11:05,

Actualité

- Rédaction, DSIH

La sécurisation des identités numériques et des accès aux systèmes d’information hospitaliers franchit une nouvelle étape. Un arrêté publié le 29 janvier au Journal officiel acte officiellement l’ouverture des candidatures pour la généralisation du dispositif de financement Hospiconnect, destiné à r...

Illustration RGPD chez France Travail : les questions de fond

RGPD chez France Travail : les questions de fond

02 fév. 2026 - 22:49,

Tribune

-
Cédric Cartau

Vous n’avez pas pu la rater cette amende de 5 millions d’euros infligée par la Cnil à France Travail. On se souvient que l’organisme public a été la victime d’un vol massif de plus de 35 millions de données personnelles : les noms et prénoms, les numéros de sécurité sociale, les identifiants France ...

Illustration Cybersécurité en santé : 2026, une année charnière pour penser la résilience collective

Cybersécurité en santé : 2026, une année charnière pour penser la résilience collective

02 fév. 2026 - 22:39,

Actualité

- Rédaction, DSIH

À mesure que les cadres réglementaires et normatifs se renforcent, la cybersécurité s’impose comme un enjeu durable pour les structures de santé. Entre montée en puissance des menaces numériques et transformation des pratiques, le secteur est appelé à repenser sa capacité de résilience. Dans ce cont...

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.