2018, l’an 1 de l’expansion de la télémédecine en France ?
« 91 % des projets médicaux des groupements hospitaliers de territoire (GHT) comportent un volet télémédecine », a dévoilé Clémence Mainpin, chef de projet ministériel sur les GHT au sein de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) lors d’un récent débat*. Pour les GHT, la télémédecine, sous toutes ses formes, est un outil incontournable pour couvrir leur territoire, mais aussi pour associer les professionnels de santé de ville. Ces « pratiques à distance » de la médecine sont maintenant clairement identifiées comme l’un des moyens pour lutter contre les déserts médicaux et favoriser l’accès de tous aux soins.
Le financement enfin au diapason ?
Jusqu’ici, le financement ne suivait pas. Depuis des années, la télémédecine est en effet bridée dans le cadre de l’expérimentation. Le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure et de la faire entrer dans le droit commun. L’article 36 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2018 prévoit par conséquent le financement des actes de télé-expertise et de téléconsultation par la voie conventionnelle. Le dispositif expérimental qui existait jusque-là prend donc fin, sauf en matière de télésurveillance.
Les médecins en première ligne
Les négociations conventionnelles sur la télémédecine sont d’ores et déjà programmées entre l’assurance maladie et les médecins pour début 2018. Et les échanges off ont déjà commencé.
Si les médecins ouvrent le bal, ils n’ont toutefois pas vocation à rester seuls sur ce terrain. Nicolas Revel, directeur de la Caisse nationale de l’assurance maladiedes travailleurs salariés, précise en effet que si « les négociations seront d’abord monoprofessionnelles avec les médecins », elles seront ensuite élargies selon des modalités à définir, « dans la mesure où la télémédecine ne concerne pas que les médecins, mais aussi d’autres professionnels ».
Les établissements impliqués
Si la définition du prix de l’acte de télémédecine en médecine de ville doit être le facteur déclenchant de la généralisation de la télémédecine, l’hôpital n’est pas oublié, insiste Nicolas Revel. En effet, la généralisation de la télémédecine ne se limitera pas aux médecins de ville et concernera aussi les hospitaliers. Ces derniers sont déjà de fait impliqués, voire moteurs dans un certain nombre d’expérimentations mettant en œuvre, par exemple, des téléconsultations de second recours ou des télé-expertises. En établissement, les tarifs qui s’appliqueront seront ceux des actes effectués lors des consultations externes des établissements, lesquels figurent déjà dans la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Et, à la vue des projets médicaux des GHT, les hôpitaux ont tout pour devenir les véritables locomotives du déploiement de la télémédecine sur les territoires.
Une autre catégorie d’acteurs sera également largement impliquée, en l’occurrence ceux du secteur médico-social : leurs résidents, en raison des difficultés qu’ils éprouvent pour se déplacer, sont des consommateurs naturels de télémédecine, que les actes soient dispensés par des professionnels de santé de ville ou des établissements hospitaliers.
Promesse de croissance
Dès lors, le domaine de la télémédecine devrait enfin connaître une croissance à la hauteur des services et des vertus qu’on lui prête. Gageons que cette nouvelle donne va totalement modifier les discussions et les perspectives des nombreux acteurs de la télémédecine qui se retrouveront lors du Salon HIT de la Paris Healthcare Week 2018.
* Lors de la matinée thématique « Transformation & Transmission », organisée par Bepatient et Ortus avec le soutien de Presse Infos +, le 9 novembre 2017.
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