Kaspersky non grata aux USA
La préoccupation n’est absolument pas délirante – d’ailleurs en matière de noyautage d’éditeurs pour implanter des backdoors en tout genre, la NSA sait de quoi elle parle –, et si la sécurité intérieure d’un pays passe par l’usage de moyens de défense maîtrisés par le pays en question, cela a du sens.
Depuis dix ans, au moins deux CHU en France ont subi un arrêt total de leur SI à la suite d’une erreur de mise à jour de leur antivirus. Dans un cas par exemple, la mise à jour des signatures (qui est diffusée en temps quasi réel par l’éditeur et appliquée aussi sec par le client) contenait une anomalie, car un processus système Host de Microsoft Windows était identifié à tort comme un processus vérolé. Le CHU en question a dû passer sur la totalité des PC à la main pour redémarrer sur un support amovible et mettre à jour – à la main encore – le fichier des signatures.
La mésaventure peut arriver à n’importe qui, je n’incriminerai pas les éditeurs en question : seul celui qui ne fait rien ne se trompe jamais. Mais cet incident fâcheux engage une autre réflexion : si d’aventure le gouvernement US décidait de paralyser totalement le pays, combien de temps lui faudrait-il, avec quels moyens techniques et à quel coût ? Réponses : un délai très court, avec presque rien et quasi gratuitement. Il suffirait aux autorités US de demander gentiment aux éditeurs d’antivirus locaux de balancer une cochonnerie dans le fichier de signatures. Rien qu’avec les deux ou trois principaux éditeurs américains, cela ferait du dégât. Les petits malins qui pensent être protégés parce qu’ils ont autre chose ne sont pas absolument certains que la NSA n’a pas des backdoors dans leur outil.
Un pays qui ne maîtrise plus la production de ses équipements de défense ou d’attaque est sur la pente descendante. Ce n’est pas pour rien que la Chine, depuis que son PIB augmente à vitesse grand V, se met à produire ses propres avions de combat. Sans vouloir faire de l’antimilitarisme primaire, avoir mis autant de fric dans le Rafale et être dépourvus d’antivirus français, ou a minima européen, pose tout de même question.
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Imprivata lance Agentic Identity Management pour sécuriser et gouverner les agents IA dans le secteur de la santé
11 mars 2026 - 09:52,
Communiqué
- ImprivataImprivata, fournisseur leader de solutions de gestion des identités et des accès pour le secteur de la santé et les industries critiques, vient de dévoiler Agentic Identity Management, de nouvelles capacités conçues pour sécuriser et gouverner les agents IA dans les environnements de soins de santé ...

Un projet de guide sur l’IA en santé soumis à consultation par la HAS et la CNIL
09 mars 2026 - 09:23,
Actualité
- Rédaction, DSIHIssu d’un travail pluridisciplinaire, le projet de guide intitulé « IA en contexte de soins » vise à apporter des éclairages aux professionnels de santé concernant leurs obligations et les bonnes pratiques à adopter. Le document est soumis à consultation publique jusqu’au 16 avril 2026.
La cyber, les bras et le chocolat
09 mars 2026 - 09:00,
Tribune
-S’il est un truc dont l’écosystème cyber ne manque pas (l’écosystème IT aussi, du reste), ce sont les consultants encravatés qui vous expliquent, avec force schémas bien léchés et PowerPoint tout enluminés, qu’il faut aborder la cyber par là, puis par là, avec moult comités Théodule et méthodes perl...

Analyses d'impact RGPD et AI Act, obligations respectives et liens
03 mars 2026 - 07:57,
Tribune
-Parmi les obligations du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), l'analyse d'impact relative à la protection des données apparaît centrale et également parfois complexe à mettre en œuvre. L'AI Act requiert la réalisation d'une analyse d'impact des systèmes d'IA à haut risque sur les...
