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Un DMP, ou plusieurs DMP ?
La stratégie claire des pouvoirs publics de confier le bébé à la CNAM implique l’objectif aussi clair de conditionner, à terme, les remboursements de soins de la médecine de ville et des établissements à la transmission des données médicales dans le DMP. Il a fallu presque 10 dix ans pour parvenir à la T2A, et encore, la psychiatrie et une bonne part du médico-social ne s’y sont toujours pas mis. C’est pas gagné…
Par contre, une donnée intéressante est la taille moyenne de la base patients d’un CHU : entre 2 et 5 millions de patients (hors AP-HP). Avec la loi de santé 2016, pas besoin de s’appeler Einstein pour additionner 2 + 2 : on les a, nos DMP ! Ils sont régionaux, et alors ? Pour les autres pays du G20 qui ont mis en place un DMP, l’échelle était toujours inférieure à 6 millions d’habitants. Si l’on part du principe que tous les CHU seront les établissements supports de leur GHT, on couvre ainsi la quasi-totalité de la population. Ils ne sont pas interopérables entre eux ? Et alors ! La dernière fois que j’ai déménagé, j’ai bien dû procéder à un transfert de mon dossier CNAM d’un département à un autre. C’est un problème de norme et de format qui se réglera avec le temps.
Certes, ils ne sont pas parfaits : toute la population n’est pas couverte par les DPI des CHU, certains patients ont été hospitalisés dans l’établissement public ou privé le plus proche de chez eux, mais pas dans le CHU régional. La convergence des SI est la réponse. Certes entre 5 et 15 années seront nécessaires, mais, quoi qu’il en soit, le DMP version CNAM n’en mettra pas moins, si tant est qu’il réussisse (avec une probabilité à peu près équivalente à celle d’un chameau de passer par le chas d’une aiguille).
Une autre donnée intéressante est le pourcentage de doublons (deux identités pour le même patient) ou de collisions (deux patients sur la même identité) dans les DPI : entre 2 % et 5 % dans le pire des cas : l’identitovigilance est un réel enjeu dans la convergence des DPI ; ce n’est pas pour rien que la loi de santé 2016 fait un focus sur les bases patients. Mais, cela étant, sans INS (numéro d’identification national de santé), point de salut.
En d’autres termes, les GHT et leurs implications sur les SIH sont très certainement la solution à une bonne part des dossiers sur lesquels le monde de la santé bute depuis des années, voire des décennies : la télémédecine, les DMP, etc. Et là, j’y crois.
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