Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

Mais qu’ont-ils donc tous à vouloir nous chiper les données de nos patients ?

14 nov. 2016 - 16:25,
Tribune - Cédric Cartau
Pourquoi les données de santé intéressent-elles les pirates informatiques ? En fait, on devrait plutôt élargir la question à : Pourquoi les données de santé intéressent-elles autant de monde ? Il y a à cela plusieurs raisons, sans forcément de rapport entre elles. Petite synthèse sans prétention.

La médecine a connu plusieurs révolutions. Dans l’ordre chronologique, l’apparition de l’outillage médical (le stéthoscope de Laennec en 1816), l’anesthésie (1846), l’imagerie médicale (1895) et enfin les antibiotiques (1928). À chacune de ces révolutions, la pratique médicale a été fortement transformée : que l’on imagine, avant l’apparition de l’anesthésie, les limitations aux interventions chirurgicales, et la douleur des patients qui devaient les subir. Également, l’apparition de la radiologie a permis aux médecins de « voir » sans ouvrir. La prochaine révolution, dans le domaine médical mais pas que, c’est le Big Data, ou la capacité de corréler des variables en analysant des masses énormes de données. Or ces masses énormes justement, il faut les posséder : soit vous êtes un Gafa[1] et vous collectez à tout-va les données de vos clients (balances et podomètres connectés, capteurs cardio, etc.), soit vous êtes un établissement de santé et ces données sont recueillies dans le cadre du processus de soins. Dans tous les cas, les données (qui peuvent d’ailleurs être anonymes, aucune importance à ce stade) sont la ruée vers l’or de la pratique médicale de la prochaine décennie : capacité de prédiction des pathologies en fonction du groupe d’appartenance ethnique, du mode de vie, du régime alimentaire, etc. Les prochains présidents de CME ne seront plus des urgentistes ou des chirurgiens : ce seront les généticiens.

Autre motivation, dans certains pays qui n’ont pas mis en place un système de santé pris en charge par l’État (par exemple, les États-Unis), le vol d’une donnée médicale (surtout administrative) permet à une personne ne disposant pas d’une couverture maladie de se faire passer pour un tiers. Évidemment c’est risqué, car la personne dont les données sont empruntées de la sorte n’a sûrement pas le même groupe sanguin, le même historique de santé, etc. Mais même en France, de tels comportements, certes marginaux, se développent, et les cellules d’identitovigilance rédigent des procédures internes pour détecter ces fraudes, surtout à cause du risque médical engendré.

De plus, compte tenu de l’obligation légale de conserver les données des patients de façon confidentielle, un hacker ayant réussi à copier la base patients d’un hôpital peut faire chanter ce dernier en le menaçant de divulguer ces données sur Google, par exemple : dans ce dernier cas, c’est la menace de divulgation qui est la motivation du hacker, pas forcément la donnée médicale en soi. Enfin, un pirate informatique peut vouloir bloquer l’accès aux données médicales, notamment par une attaque en cryptovirus, comme c’est de plus en plus courant ces derniers mois, non pour dérober les données, mais tout simplement pour bloquer le processus de soins, au même titre qu’il pourrait faire chanter une usine automobile en bloquant la chaîne de production des véhicules : là encore, les données de santé ne sont pas la cible pour ce qu’elles sont, mais pour ce qu’elles bloquent si elles sont inaccessibles.

Bref, autant de raisons de protéger nos DPI. Nous pouvons parier, sans trop de risques d’erreur, que les prochains cryptovirus sauront attaquer les systèmes de gestion de bases de données relationnelles (SGBDR) et donc les DPI : il est urgent à ce titre de commencer à verrouiller ces bases, en commençant par le basique : les comptes d’accès (comptes génériques, mots de passe par défaut, etc.).


[1]   Google, Amazon, Facebook, Apple.

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration HospiConnect au CH d’Arles : la fin des reconnexions à répétition

HospiConnect au CH d’Arles : la fin des reconnexions à répétition

05 mai 2026 - 07:59,

Actualité

- Pierre Derrouch, DSIH

Lauréat de la phase alpha du programme national HospiConnect, le Centre Hospitalier d'Arles a déployé une solution d'authentification unifiée par carte professionnelle sans contact dans ses services pilotes : chirurgie ambulatoire et urgences. Cadre de santé, aide-soignant, praticien hospitalier et ...

Illustration ZenIA, l’IA utile qui transforme les processus hospitaliers

ZenIA, l’IA utile qui transforme les processus hospitaliers

05 mai 2026 - 07:53,

Tribune

- Zenidoc

Dans la santé, l’enjeu n’est plus seulement d’accéder à des modèles performants, mais de les intégrer aux usages réels. Avec ZenIA, Zenidoc défend une IA concrète, souveraine et opérationnelle, capable d’agir sur les processus hospitaliers, de la préparation de l’information à sa diffusion dans le d...

Centre hospitalier de Moulins-Yzeure : conserver une capacité de coordination lorsque la crise survient

05 mai 2026 - 07:15,

Actualité

- Fabrice Deblock, DSIH

Plan Blanc, cyberattaque, intoxication… Les établissements de santé doivent piloter des crises impliquant SAMU, services, direction de garde et partenaires extérieurs. Au CH de Moulins-Yzeure, les solutions CrisiSoft structurent l’alerte, le suivi des ressources et la coordination territoriale.

Illustration David Sainati nommé délégué au numérique en santé par intérim

David Sainati nommé délégué au numérique en santé par intérim

04 mai 2026 - 22:31,

Actualité

- Rédaction, DSIH

Par un décret publié au Journal officiel du 16 avril 2026 (JORF n°0090, Légifrance), le gouvernement a officialisé la nomination de David Sainati comme délégué au numérique en santé par intérim.

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.