Quel SI pour répondre à la mobilité dans les hôpitaux ?
Le Dossier patient informatisé (DPI) du xxie siècle est amené à contenir de plus en plus d’informations digitales telles que les constantes de soins, les mesures des appareils implantés sur le patient, mais également les nouveaux contenus multimédias (photos en dermatologie, vidéos produites par des robots lors des interventions chirurgicales). Hélène Sol, DSI-CIO au CHU de Grenoble et expert à l’Anap, détaille les modalités de la mobilité dans les établissements de santé.
Un réseau wifi pour assurer la mobilité
Les établissements de santé doivent privilégier un réseau wifi d’un débit élevé qui va assurer a minima la couverture des sites de soins et des salles de staff-réunion. Au mieux, il couvrira l’intégralité de l’établissement. La norme est une borne wifi tous les 20 mètres. Cependant, une étude de la couverture sur le terrain (et non sur plan) avec des appareils de mesure s’avère indispensable sous peine de rencontrer de nombreuses zones d’ombre. En effet, les cloisons souvent constituées de fer ou plombées des services de radiologie engendrent des cages de Faraday rendant inopérants les réseaux wifi.
Les tablettes peu pratiques
Les tablettes, supposément pratiques pour la consultation des données en temps réel, présentent des limites ergonomiques importantes à l’hôpital : les dimensions de l’écran sont insuffisantes, surtout pour l’imagerie médicale ou la visualisation des résultats de laboratoire, et les logiciels ne sont pas encore conçus en version « mobile responsive ». La présentation verticale et descendante des informations est par ailleurs inappropriée et la manipulation des tablettes nécessite, enfin, la mobilisation des deux mains.
Les chariots informatiques plus adaptés
« Dans ces conditions, les chariots informatiques avec batterie longue durée constituent la solution qui recueille des avis unanimement positifs de la part des médecins et des infirmiers », analyse Hélène Sol. Ces chariots informatiques permettent, notamment, de consulter des informations en mobilité sur des écrans de haute résolution de taille confortable et de prescrire des médicaments et des examens de laboratoire, mais aussi de dicter les comptes rendus au fil de l’eau, les PC étant équipes de dictaphones.
Intégrer les BYOD sous peine d’être ringardisé
Les directeurs des systèmes d’information (DSI) doivent gérer les nouveaux besoins des générations Y (1) et Z (2) qui exigent de plus en plus des outils simples, rapides, fiables et optimisés. « Les DSI doivent absolument gérer ces nouveaux besoins sous peine d’être ringardisés ou de voir se constituer une informatique parallèle », prévient la DSI-CIO du CHU de Grenoble. Il est donc nécessaire d’ouvrir une partie du SI hospitalier sur les BYOD (Bring Your Own Device) et d’assurer leur sécurité. Concrètement, le réseau wifi doit être ouvert par le DSI sous forme de hotspots sécurisés, portés par les bornes wifi hospitalières, mais sur un réseau parallèle étanche et sécurisé, par exemple avec un serveur Radius, disposant d’un débit confortable et néanmoins maîtrisé afin de ne pas pénaliser le débit du réseau wifi hospitalier.
(1) Individus nés entre 1980 et 1995 et qui ont grandi avec Internet et les ordinateurs portables.
(2) Personnes nées après 1995, à l’ère des outils digitaux (écrans tactiles et Internet mobile).
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