Publicité en cours de chargement...
L’hypermnésie, une certaine vision de l’enfer numérique
L’Apssis vient de faire paraître une étude sur les rapports entre la génération Z et la cybersécurité[1]. Ce qui frappe dans les chiffres de cette étude, c’est que le caractère hypermnésique de l’Internet ne semble émouvoir personne. Or, qui peut dire ce qu’il fera dans 20 ou 30 ans, surtout à l’adolescence ? Qui peut dire si, dans quelques décennies, l’adolescent d’aujourd’hui qui poste des photos d’une fête arrosée sur son compte Facebook ne briguera pas un mandat électoral, la direction d’une grande entreprise du CAC 40 ou un poste à responsabilité dans un service marketing mondial ? Nul doute qu’alors les équipes du candidat concurrent fouilleront le Web à la recherche d’éléments compromettant la candidature du malheureux. Science-fiction dites-vous ? Que nenni : les études en sciences politiques démontrent que plus une démocratie est « avancée », plus, lors d’une campagne électorale, les candidats passent de temps à se dénigrer mutuellement plutôt que d’évoquer des questions de fond.
Le second point marquant de l’étude est la distorsion entre deux réponses : d’une part, 88 % des adolescents interrogés affirment être conscients que le Web n’oublie rien, mais, d’autre part, seuls 62 % d’entre eux admettent que cette hypermnésie est un souci. Il faudrait être en mesure de croiser les populations, mais il ne fait aucun doute que l’attitude de nombre de répondants est étrangement contradictoire.
La capacité d’oubli d’une société est l’une des conditions du lien social. N’est-ce pas Voltaire qui en son temps réclamait le droit de pouvoir se contredire ? Si une parole lancée peut vous être renvoyée au visage jusqu’à la fin des temps, plus le droit de changer d’avis, plus le droit de rien affirmer, plus de vie sociale. Dans le troisième épisode de la terrible série TV britannique Black Mirror (à voir absolument), chaque citoyen s’est fait implanter un enregistreur vidéo relié à sa rétine, et les personnages se repassent en boucle les meilleurs moments de leur vie. Le héros finit par abandonner toute vie sociale après avoir découvert les petits mensonges de ses collègues et relations.
C’est peut-être cela l’enfer.
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Le futur de l’IA : Big Crunch, Big Freeze ou TVA ?
12 mai 2026 - 06:50,
Tribune
-C’est un fait : nous finirons tous cramés comme des merguez ou gelés comme des ours polaires.

Cyber-résilience hospitalière : renforcer détection et réponse sans surcharger ses ressources
11 mai 2026 - 11:24,
Actualité
- Fabrice Deblock, DSIHLe secteur de la santé n’est plus une cible secondaire, mais un objectif récurrent pour le cybercrime organisé. Entre les exigences de NIS2 et l’interconnexion croissante des systèmes, la seule détection ne suffit plus à contenir les risques. Les établissements doivent désormais renforcer leur capac...
Centre hospitalier de Moulins-Yzeure : conserver une capacité de coordination lorsque la crise survient
05 mai 2026 - 07:15,
Actualité
- Fabrice Deblock, DSIHPlan Blanc, cyberattaque, intoxication… Les établissements de santé doivent piloter des crises impliquant SAMU, services, direction de garde et partenaires extérieurs. Au CH de Moulins-Yzeure, les solutions CrisiSoft structurent l’alerte, le suivi des ressources et la coordination territoriale.

Fuites de données en France : inquiétant, désabusé…ou espoir ?
28 avril 2026 - 08:10,
Tribune
-En 2025, la France a détenu le record du nombre de fuites de données personnelles (ramené à la population), tout pays de l’OCDE confondu.
