Confidentialité des données de santé : enjeu majeur ou « problème secondaire » ?
Le médecin est loin de ces préoccupations qui finalement le concernent peu. Il y est sensible, certes, mais il est déjà tenu au respect du secret professionnel et médical. Il pense plutôt échange d’information, flux rapide et constant, dossier médical consultable partout (pourquoi pas sur son Smartphone ?), accès à l’historique médical du patient, aux prescriptions de ses confrères. Il veut une qualité optimale des images scanner, IRM ou modalités numériques et une totale fiabilité des données. Il priorise la disponibilité et la fiabilité, devant la confidentialité, qui dans sa psychologie, coule de source…
Le RSSI doit adapter la politique de sécurité à l’établissement hospitalier mais il ne doit pas pour autant alourdir la fluidité du système au risque de voir le personnel soignant se détourner du cadre et prendre des chemins toujours plus inventifs mais qui ne respecteraient pas la règlementation et qui pourraient s’avérer périlleux…
Sans remettre en cause la nécessité de protéger les données médicales, est-ce vraiment là le principal enjeu ? Le tout sécurisé est impossible. Il faut donc trouver un compromis. En tant que patient, quel est mon souhait : être assuré que mes données médicales sont en lieu sûr, bien à l’abri des regards, inviolables ou avoir l’assurance que mon dossier (historique médical, images, allergies, antécédents…) va me suivre virtuellement partout, que tous les établissements hospitaliers pourront y avoir accès pour optimiser mes soins le cas échéant ?
Le « Disponibilité Intégrité Confidentialité » (ou DIC), inoxydable triptyque de la Sécurité des SI, place la Disponibilité en première position. La Confidentialité n’étant reléguée qu’au 3ème plan.
A partir du moment où le système choisi par le DSI est ergonomique et que les Médecins et Personnels Soignants l’ont avalisé, en tant que non nuisible à leur exigence de fluidité et de rapidité, ils l’utiliseront. Le système de confidentialité (carte à puce, minimum de mots de passe et de codes divers à retenir, biométrie, procédures simples…) sera accepté.
L’intégrité, quant à elle, revêt une importance capitale dans la mesure où le praticien, s’appuyant sur ces supports pour les diagnostics et pour la prise de décision, doit être assuré de recevoir des données fiables. Une erreur humaine ou de source maligne peut avoir des conséquences directes et dramatiques. A ce stade et avec la pénétration de plus en plus intrusive des systèmes d’information dans les processus de soins, l’assurance que la donnée est fiable n’est pas négociable.
Enfin, et cela a été rappelé, la disponibilité des systèmes est la base de la pyramide.
Marie-Valentine BELLANGER
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Le futur de l’IA : Big Crunch, Big Freeze ou TVA ?
12 mai 2026 - 06:50,
Tribune
-C’est un fait : nous finirons tous cramés comme des merguez ou gelés comme des ours polaires.

Cyber-résilience hospitalière : renforcer détection et réponse sans surcharger ses ressources
11 mai 2026 - 11:24,
Actualité
- Fabrice Deblock, DSIHLe secteur de la santé n’est plus une cible secondaire, mais un objectif récurrent pour le cybercrime organisé. Entre les exigences de NIS2 et l’interconnexion croissante des systèmes, la seule détection ne suffit plus à contenir les risques. Les établissements doivent désormais renforcer leur capac...
Centre hospitalier de Moulins-Yzeure : conserver une capacité de coordination lorsque la crise survient
05 mai 2026 - 07:15,
Actualité
- Fabrice Deblock, DSIHPlan Blanc, cyberattaque, intoxication… Les établissements de santé doivent piloter des crises impliquant SAMU, services, direction de garde et partenaires extérieurs. Au CH de Moulins-Yzeure, les solutions CrisiSoft structurent l’alerte, le suivi des ressources et la coordination territoriale.

Fuites de données en France : inquiétant, désabusé…ou espoir ?
28 avril 2026 - 08:10,
Tribune
-En 2025, la France a détenu le record du nombre de fuites de données personnelles (ramené à la population), tout pays de l’OCDE confondu.
