« Les points forts de notre candidature reposent sur la simulation et l’évaluation »
DSIH : Qu’est-ce qui vous a motivée à présenter la candidature de Midi-Pyrénées dans le cadre de TSN ?
Monique Cavalier : Plusieurs chantiers étaient en cours dans la région pour avancer sur le sujet de la collaboration entre les professionnels de santé : des « expérimentations bassins de santé », d’initiative régionale, aux expérimentations PAERPA (1), d’initiative nationale. Nous avons pu observer que la coopération fonctionnait bien sur de nombreux territoires et que la question des systèmes d’information était en train de devenir prioritaire parmi les attentes des professionnels. A la lecture du cahier des charges de TSN, j’ai estimé qu’il nous permettrait de mettre tous nos projets en cohérence.
DSIH : Pour quelles raisons avez-vous retenu le Tarn ?
MC : Notre dossier couvre en effet les bassins de santé du Tarn Sud et du Tarn Ouest où les professionnels de tous horizons ont pris l’habitude de travailler ensemble, hôpitaux et libéraux, EHPAD, public ou privé. Ils étaient tous demandeurs que les travaux réalisés jusque-là se prolongent. Il faut ajouter deux atouts supplémentaires avec la présence du centre hospitalier intercommunal Castres – Mazamet et de l’école d’ingénieurs ISIS (2). Il s’agit en outre d’un territoire d’environ 200 000 habitants, caractéristique exigée par le cahier des charges. Nous avons en effet fait l’effort, en Midi-Pyrénées, de présenter un dossier de candidature totalement conforme aux critères de l’appel à projets.
DSIH : Quelle est l’originalité de votre candidature ?
MC : Les points forts de notre candidature reposent sur la simulation et sur l’évaluation. Notre dossier se démarque en effet par l’utilisation d’un « simulateur de parcours connecté », que nous appelons « la fabrique ». Il s’agit d’un projet de plate-forme réalisée par l’école ISIS, qui permet de tester l’interopérabilité en laboratoire, autrement dit sans que les professionnels n’aient à essuyer les plâtres lors du déploiement des services numériques de santé. Ce « Connected Health Lab », où l’on simulera l’environnement professionnel et le parcours des personnes (du domicile à l’hôpital, l’EHPAD ou au cabinet de ville…), intéresse vivement les industriels. Il présente en outre l’intérêt de faciliter les réplications du projet, au sein même de la région sur d’autres territoires, voire dans d’autres régions.
DSIH : Qu’avez-vous prévu pour le volet évaluation ?
MC : Nous constituerons, avec Tarn Santé Numérique, une cohorte ad hoc avec l’objectif d’évaluer les impacts des services numériques. Il s’agit pour nous d’un volet important et qui représente environ 10% du budget. Il sera conduit par le Pr Sandrine Andrieu, qui dirige une unité INSERM à l’Université de Toulouse, « Epidémiologie et analyses en santé publique ».
DSIH : Quel est le montant du projet ?
MC : Il est d’environ 22 millions d’euros et nous demandons un financement de quelque 20 millions.
DSIH : Que comptez-vous faire si le projet Tarn Santé Numérique n’est finalement pas soutenu par le financement Investissements d’avenir (3) ?
MC : Nous maintiendrons la dynamique d’innovation, mais sur des périmètres restreints. Il est sûr que nous ne pourrions pas, dans ces conditions, supporter la dimension industrielle du projet ni financer le volet évaluation.
Propos recueillis par Dominique Lehalle
(1) L’expérimentation PAERPA (Personnes Agées En Risque de Perte d’Autonomie) est engagée dans le prolongement des travaux du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie et décrite par l’article 48 de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2013.
(2) Informatique et systèmes d'information pour la santé.
(3) Le programme TSN s’inscrit dans l’axe e-santé, au sein de l’action « Usages, services et contenus numériques innovants », des Investissements d’avenir. Il est doté de 80 millions d’euros pour 3 à 5 projets.
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