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Vous pouvez toujours effacer, la NSA et Google ont une copie
Les détails du sondage font tout de même réfléchir, à la fois sur la connaissance de l'individu moyen sur ce que permettent ou pas les technologies modernes, mais aussi sur ses droits et la ligne rouge à ne pas franchir en matière de surveillance. Ainsi, pour 64% des personnes interrogées, nos conversations téléphoniques sont enregistrées, pour 74% il en va de même pour les SMS que nous envoyons ou recevons. Et ils ne sont pas moins de 80% à penser la même chose pour les courriers électroniques.
L'histoire démontre sans aucune ambiguïté que les pires atrocités ont toujours été commises par les Etats ou par des organisations officielles. Ainsi, une publication récente de Matthew White (2011) compile les meurtres de masse au travers des âges et on y trouve Genghis Khan, le sac de Rome par les barbares, la traite de noirs et la seconde guerre mondiale mais aucune action de nature terroriste, même à grande échelle.
Il est donc d'autant plus paradoxal que la majorité des sondés estiment que cette restriction des libertés individuelles consécutive à la surveillance d'Internet (y compris nos achats sur le Web) est nécessaire pour la lutte contre le terrorisme. Mettre de plus en plus d'informations personnelles sur la toile, et dans le même temps trouver normal « pour la lutte contre le terrorisme » d'être espionné. Alors que, dans le même temps, ces organisations terroristes utilisent justement des outils technologiques les mettant à l'abri de la surveillance, tout du moins pour les états qui ne disposent pas des moyens techniques adéquats (en gros, tout le monde sauf les USA).
L'histoire s'arrêterait là si les derniers développements du Big Data (l'étude statistique de grandes masses de données) ne donnaient pas à ses dérives sécuritaires un tour inattendu : certaines études ont démontré qu'en examinant les relevés de cartes bancaires de millions de clients, il est possible de lister les personnes qui vont divorcer, et pour certaines environ 12 mois avant qu'elles ne le sachent elles-mêmes. Dans « Minority Report », roman d'anticipation de Philippe K Dick, le personnage principal est membre d'une unité de la police qui arrête les criminels avant même que le délit ne soit commis. Tous les abus y sont décrits, à commencer par le mari trompé qui est accusé de meurtre avant même d'avoir levé le petit doigt.
Le monde que nous nous construisons va au-delà des cauchemars d'Orwell, et cela fait froid dans le dos.
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